Pro Tour - Vinokourov dit stop

Eurosport - ven, 01 févr 22:56:00 2008

Le Kazakh Alexandre Vinokourov, suspendu pour dopage par sa fédération, a annoncé qu'il arrêtait sa carrière lors d'une conférence de presse à Almaty. Le vainqueur du Tour d'Espagne en 2006 s'estime floué et déclare qu'il veut continuer à se battre pour "laver son honneur".

CYCLING 2007 Astana Vinokourov - 0

"J'arrête la compétition (...) C'est une décision définitive. " Alexandre Vinokourov met un terme à sa carrière. Convaincu de dopage par transfusion sanguine lors du Tour de France, il avait peu avant bénéficié de la clémence de sa fédération qui ne lui avait infligé jeudi qu'un an de suspension. Mais, touché dans sa dignité, le coureur de 34 ans ne se voyait pas poursuivre. "C'est triste que ma carrière se termine comme cela mais je veux laver mon honneur (...) Je vais prouver que je ne suis pas coupable et briser les résultats de ce test", a-t-il poursuivi.

La décision de la fédération kazakhe lui permettait pourtant de revenir sur les routes dès le mois de juillet prochain tout en le reconnaissant officiellement coupable. "Les documents et preuves présentés par Vinokourov et ses avocats n'étaient pas convaincants, nous avons décidé de le disqualifier pour un an ", a d'ailleurs indiqué Nikolaï Proskourine, vice-président de la Fédération kazakhe de cyclisme. Avant d'ajouter :"Je considère que Vinokourov pourra, s'il le veut, participer aux jeux Olympiques de Pékin." Pas suffisant pour le vainqueur du Tour d'Espagne 2006, sa culpabilité mise à jour, il n'a pas pu le supporter: "Je n'ai plus envie de ce sport (..) Je claque la porte et je pars."

La thèse du complot

Le coureur s'en est ensuite pris à l'UCI. Il accuse l'instance internationale d'avoir exercé des "pressions" qui ont pu influencer la décision de la fédération kazakhe. "Je pense que la Fédération voulait croire en mes preuves mais il y a eu des pressions d'en haut, de l'UCI", a-t-il affirmé. Le troisième du Tour 2003 va même plus loin en n'excluant pas la thèse du complot, un recours maintes fois utilisé dans pareil cas : " Pourquoi pas ? Quand on a construit l'équipe Astana, des gens se sont mis à travailler dans notre dos, demandaient d'où venaient ces Kazakhs et on nous disait qu'on ne voulait pas de nous en Europe ".

S'il raccroche, Vinokourov n'en a pas pour autant terminé et n'exclut pas de faire appel : "Je vais parler à mes avocats la semaine prochaine pour voir si je fais appel. S'il y a une chance, je l'utiliserai, sinon je ne vais pas dépenser de l'argent pour rien". Reste que sa brillante carrière sera marquée, quoiqu'il en soit, par la suspicion.

M.M. / Eurosport