PARIS (AFP) - Toulouse (16e) et le Paris SG (18e), au même nombre de points (38), s'affrontent samedi lors de la 36e journée lors d'un match crucial pour le maintien, auquel les deux entraîneurs Elie Baup et Paul Le Guen avaient peu été confrontés auparavant, ayant plutôt tutoyé les sommets.
C'est côté TFC que le contraste est le plus saisissant, entre l'actuelle saison passée dans les bas-fonds du classement et la 3e place arrachée l'année dernière lors de l'ultime journée, garantissant à Toulouse un retour en coupe d'Europe vingt ans après l'avoir délaissée.
Baup entraîneur présente d'ailleurs un certain palmarès, un titre de champion (1999) et une Coupe de la Ligue (2002) avec Bordeaux. Ses deux passages à Saint-Etienne sont davantage contrastés, entre la relégation en 1996, une belle 6e place synonyme d'Intertoto en 2005 alors que l'ASSE est tout juste promue et un modeste 13e rang la saison suivante.
Très proche de ses joueurs, Baup use d'une méthode paternaliste assurant un lien affectif avec son effectif. Il garde d'ailleurs de nombreux contacts avec des joueurs qui sont passés sous ses ordres, comme Sylvain Wiltord ou Bafétimbi Gomis.
Meneur d'hommes, il joue sur le moindre ressort psychologique et n'hésite pas à s'appuyer sur des cadres leaders, Nicolas Douchez et Nicolas Dieuze cette saison, pour éviter d'être omniprésent dans la vie d'un groupe.
L'homme à l'éternelle casquette vissée sur le crâne se montre également toujours prêt à monter au front médiatique, pour protéger au maximum son groupe en période de gros temps.
Mais Baup a été touché par une hécatombe permanente de joueurs, avec dès le début de saison une défense entière sur le flanc, entre Mathieu, Congré, Arribagé et Ebondo, et Paulo Cesar par intermittence. La CAN ensuite a pris son tribut (Emana, Mansaré, Santos). "Huit absents en permanence, c'est conséquent", déplore l'entraîneur.
Lequel ne s'est pas privé de critiquer entre les lignes la stratégie de recrutement du club au mercato hivernal, tandis que les rivaux se renforçaient. "Seize professionnels dont trois gardiens de buts, décompte-t-il avant de recevoir Nice fin janvier. Comprenne qui pourra..."
Et quand le latéral brésilien Ratinho arrive, Baup lâche, pour faire comprendre qu'il n'a pas la main sur le recrutement: "Je vais le découvrir".
A Paris, la répartition des tâches entre Le Guen et le directeur de la politique sportive Alain Roche pour le recrutement n'a jamais été très claire, mais les arrivées de Jérémy Clément, Grégory Bourillon ou Didier Digard sont estampillées PLG. Celles des Brésiliens Souza et Everton le sont-elles?
La saison dernière, Le Guen a fait figure de sauveur du PSG, qu'il avait repris en janvier 2007 fragilisé par les dissensions entre Guy Lacombe et les joueurs, et traumatisé par la mort d'un supporteur en novembre 2006. Une fin de saison en trombe sur les deux derniers mois (6 victoires, deux nuls et une défaite), ponctuée par une 15e place, ont conforté l'entraîneur breton dans ses fonctions.
Mais l'ancien joueur qui a tout gagné ou presque (Coupe des Coupes 1996, champion de France 1994, trois Coupes de France et deux Coupes de la Ligue) et l'entraîneur auréolé des trois titres de champion de Lyon (2002, 2003, 2004) allait poursuivre son chemin de croix.
Le PSG connaît une nouvelle saison noire, et les qualités de calme et d'apparent détachement de son entraîneur se retournent en défaut de communication et manque de flair.
La lutte pour le maintien est inédite chez le technicien: ses trois saisons à Rennes sont honorables (5e, 13e, 6e), avant le triplé lyonnais. Et si son expérience aux Glasgow Rangers tourne court, sept mois après son arrivée, c'est faute d'avoir pris la première place au grand rival du Celtic. A Paris, il n'est même plus question de rivalité avec Marseille...

AFP/Franck Fifeagrandir la photo
