Comme l'an dernier, Paris et Poitiers se disputent le titre de champion de France. Comme l'an dernier, le club de la capitale s'est imposé chez les Pictaves par la plus petite des marges lors du premier match (3-2). Et, comme l'an dernier (3-1), Paris va-t-il confirmer son ascendant dès le match 2, samedi à domicile, afin de soulever à nouveau le trophée ?
Le scénario est digne d'un thriller américain, mélangé à « Un Jour sans fin ». Le premier épisode de cette finale 2008 a donné lieu samedi dernier à un suspense intense, qui a fait craquer au tie-break Poitiers, en passe de vivre "une finale sans fin". Comprenez, d'être condamné à s'incliner face à Paris une deuxième année d'affilée. Un épilogue qui semble s'écrire après la victoire du club de la capitale à Lawson-Body, la salle poitevine, une semaine auparavant (3-2). Mais une issue à laquelle les Pictaves ne veulent pas croire. Mauricio Paes, non plus. L'entraîneur parisien, pas entièrement convaincu par le jeu de son équipe malgré la victoire, se méfie encore de l'issue de ce remake : « Si on joue comme au troisième et quatrième sets à Poitiers, tout ce qu'on a fait ce soir (au match aller) ne servira à rien », avait lâché Paes après la rencontre, samedi dernier. « La pression est sur les Poitevins mais le pire serait de se mettre encore à déjouer ».
Ne pas tomber dans l'excès de confiance
D'autant que les troupes d'Olivier Lecat n'ont pas abdiqué. « Il ne faut pas croire que la finale est perdue », confiait l'entraîneur poitevin à Centre Presse . « On est tout proche. On peut aller gagner deux fois à Paris, renverser la situation. J'y crois. Au match aller, on a raté notre entame. Cela arrive ». Cela arrive un peu trop souvent à Poitiers, qui avait aussi perdu le premier set lors de ses deux demi-finales face à Cannes. Si le club était parvenu à inverser la tendance pour s'imposer deux fois (3-2, 3-1) face aux Azuréens, la donne pourrait ne pas être la même face à Paris. Contre Cannes, l'expérience et les nerfs étaient du côté poitevin. Contre les Parisiens, ce sera l'inverse, comme l'a déjà mis en évidence le déroulement du tie-break au premier match. Dominateur au contre (18 à 8), Poitiers laissa passer son unique balle de match sur un smash de Jiri Novak. S'ensuivit une mauvaise appréciation de Jose Luis Lobato sur un service de Romain Bonon, qui a illustré une autre différence entre les deux équipes : la jeune classe parisienne a su garder la tête froide.
Paes avait donc vu juste, à quelques encablures de ce premier match, quand il nous confiait la sérénité des "cadets" de son groupe. « Ils sont bien entourés par les aînés, comme Jiri Novak, et par le cadre du club , expliquait-il. L'équipe gère la pression de manière positive ». Pour positiver davantage, Paris peut regarder son historique récent face à Poitiers dans la salle Charpy, en saison régulière : quatre victoires en autant de rencontres, dont trois sur le score de 3-0. Comme lors de la 20e journée, à la mi-mars, lorsque les Parisiens avaient vite plié le match. Un souvenir qui reste encore en travers de la gorge d'Oliver Kieffer, qui ne digérait pas d'avoir été « battu 3-0 en une cinquantaine de minutes, sans respecter les consignes. Par rapport à ça, on a envie de montrer autre chose ». Le central poitevin et ses équipiers n'ont désormais plus le choix. Mais l'avantage, c'est qu'ils ont désormais beaucoup moins de pression. Poitiers n'a plus rien à perdre. Comme l'an dernier, certes. Reste que certaines remakes ne sont pas toujours fidèles au film d'origine. - J.Te.


