Eurosport - jeu, 01 mai 08:14:00 2008
Malgré l'arrivée de Shaquille O'Neal, Phoenix a calé pour la quatrième fois en six ans contre les Spurs en playoffs. Et aujourd'hui, l'heure du bilan a sonné. Entre l'échec du pari Shaq et l'incapacité à franchir un cap en playoffs, le constat n'est pas terrible. Et D'Antoni est sur la sellette.
PAS D'EFFET SHAQ
Shaquille O'Neal devait leur permettre de franchir un palier. De faire un pas de plus vers le titre tant espéré ces dernières saisons. Avec ses 2m16 et ses 150 kilos, Big Shaq était le sauveur annoncé. Grâce à son impact, il devait métamorphoser à lui tout seul les Suns. Avec lui dans la peinture, la franchise de l'Arizona prenait une direction radicalement opposée à celle pratiquée depuis quatre saisons. Habituée à flamber avec son jeu offensif alléchant, elle voulait s'armer pour jouer plus lentement et avoir enfin "un vrai jeu de playoffs". Mais voilà, la sauce n'a pas pris. Et les Spurs ont su profiter à merveille de ses faiblesses.
Si Gregg Popovich n'a pas hésité à faire du Hack-A-Shaq pour envoyer le massif pivot sur la ligne des lancers, Tony Parker s'est lui chargé de mettre en lumière les problèmes du Shaq à défendre sur les pick-and-roll. Des situations qui ont permis aux Spurs de passer le premier tour et de laisser les Suns avec leurs doutes... Et notamment au sujet de leur pari sur O'Neal...
TOUT SAUF UNE EQUIPE DE PLAYOFFS
Depuis le dernier échec en playoffs la saison passée, Steve Kerr n'avait qu'un mot à la bouche : la défense. Le manager des Suns voulait construire une équipe pour aller enfin au bout en playoffs. Le Shaq est venu pour cela. C'est raté. Comme souvent, la défense des Suns a manqué de tranchant lors des cinq matches contre des Spurs. Des passages à vides cruels, un manque d'agressivité évident et une incapacité à stopper les Spurs sur pick-and-roll auront mis les Texans sur la voie royale.
Aujourd'hui, un constat s'impose : cette formation ne semble pas assez pointue pour jouer les playoffs. Lors des matches couperets, les détails font toute la différence. Et là, le bas blesse. Steve Nash et sa troupe ont ainsi manqué 17 lancers sur le dernier match. Tout en commettant quatre turnovers sur les six dernières possessions. Beaucoup trop pour battre une équipe reine dès le mois de mai. "Nous avons le meilleur effectif de la Ligue, regrette Raja Bell. Mais nous ratons les petites choses qui permettre de passer un stade". "Sur le papier, nous avons plus de talent mais leur expérience, leur engagement et leur collectif les rend meilleurs que nous", renchérit Steve Nash.
DIAW, UN REVEIL TARDIF
Auteur d'une saison régulière médiocre, Boris Diaw a élevé le ton en playoffs. On a même retrouvé le Bobo d'il y a deux ans où il avait tourné à 24.2 points et 8.5 rebonds en finale de Conférence Ouest en 2006. Mais voilà, le Français, malgré ses 14.6 points, 5.6 rebonds et 4.6 passes de moyenne sur la série, s'est réveillé un peu tard. Après les trois défaites concédées d'entrée et un Babac timide, Mike D'Antoni a décidé de changer la donne en l'alignant dans le cinq.
Un choix payant puisque 3D a offert deux prestations de haute volée en profitant de son avantage de taille en attaque pour devenir une arme redoutable pour les Suns (20 pts, 10 rbds et 8 pds au match 4 et 22 pts, 8 rbds, 8 pds au match 5). Tout en défendant sur Tony Parker comme à leurs belles années à l'INSEP. "Boris a été énorme, avoue Steve Nash. Il a fait très mal aux Spurs. Vous ne pouvez même pas imaginer le nombre de shoots qu'ils nous donnent sur un plateau." Seul regret : on aurait bien voulu le voir évoluer à ce niveau durant les trois premiers matches. Et surtout toute la saison...
D'ANTONI SUR LA SELLETTE
Le revers de trop ? Malgré ses 58 matches remportés de moyenne en saison régulière sur les quatre dernières années, Mike D'Antoni pourrait bien prendre la porte. Son incapacité à faire des Suns une équipe apte à jouer le titre risque de lui coûter cher. Aujourd'hui, rien n'est fait mais selon certaines sources, Steve Kerr mettrait des conditions pour qu'il reste. Selon SportsIllustrated, le manager des Suns demanderait à ce que D'Antoni travaille plus la défense aux entraînements et notamment les pick-and-roll. Mais il voudrait aussi que son entraîneur donne plus de temps de jeu aux joueurs du banc. Des points qui devraient être négociés âprement et qui pourraient décider du sort du coach de l'année 2004-2005.
Glenn CEILLIER / Eurosport