Coupe de France - Metz peut enfin sourire

Eurosport - sam, 02 févr 15:25:00 2008

Metz s'est offert une éclaircie dans une saison noire en s'imposant nettement à Strasbourg (0-3) en 16e de finale de la Coupe de France. Face à des Strasbourgeois entreprenants, les Messins ont su faire preuve d'opportunisme et de réalisme, deux valeurs trop souvent absentes du jeu grenat en L1.

FOOTBALL 2007-2008 Metz - Aguirre et Agouazzi - 0

STRASBOURG - METZ : 0-3

Buts : Aguirre (46e, 63e) et Pjanic (90e)

Il y a donc véritablement un effet Pouliquen. A relativiser certes mais à ne pas négliger tout de même. A chaque fois que cet homme a pris les commandes d'un club condamné à la Ligue 2, il l'a emmené au plus haut des tribunes du Stade de France, avec la Coupe de France à la main. Strasbourg (2001) et Lorient (2002) ont pu juger sur pièce. Alors certes, Metz, déjà promis à l'étage inférieur et désormais qualifié pour les 8e de finale de l'épreuve, est encore loin de s'adjuger le trophée. Mais des prestations comme celles fournies sur la pelouse de la Meinau (0-3), vendredi, devraient les y aider.

Un score net et sans bavure, donc, une belle solidité défensive et enfin un certain réalisme offensif, foi de Messin, on n'avait pas vu toutes ces qualités réunies dans le jeu grenat cette saison. Pourtant, indéniablement, il y a du mieux ces dernières semaines dans le visage présenté par les hommes d'Yvon Pouliquen. Et lorsque que ce mieux se traduit en qualification, qui plus est lors d'un derby, cela ne peut que redonner le sourire à un club privé de joie et à des supporters régulièrement déçus. D'autant que cette joie a bien failli ne pas voir le jour. En vingt minutes, Metz perd deux éléments de sa défense (Bassong, 17e et Corrales, 34e) et voit ses ambitions de jeu fondre comme neige au soleil.

La maestria de Pjanic

Avec une arrière-garde à remanier et des Strasbourgeois entreprenants en face, le groupe grenat n'a pas d'autre choix que de faire le dos rond et attendre. Attendre quoi finalement ? Hormis une banderille de Dos Santos (14e), les Lorrains ne sont pas véritablement mis au supplice. Mieux, quelques sursauts de génie transpirent du camp grenat. Pjanic, 17 ans et plein de culot, ne se prive pas de faire étalage de sa technique, obligeant Puydebois à une parade réflexe (30e). Le jeune Luxembourgeois ne le sait pas encore mais la grande star de la soirée, c'est lui. Patience, patience.

Avant cela, avant de briller et d'offrir aux supporters messins une raie de bonheur, Pjanic se dépense aux quatre coins du terrain. Son abattage ne passe pas inaperçu et son envie est communicative. C'est elle qui guide le pressing d'Aguirre devant Bellaïd, un pressing décisif puisque ce dernier contre directement le dégagement de l'international Espoir... dans le but alsacien (46e, 0-1). C'est encore cet enthousiasme qui pousse le même Aguirre à faire l'effort sur un contre en faveur des siens, une longue course en solo ponctuée d'une magnifique frappe enroulée dans la surface (60e, 0-2).

Entreprenant pourtant, Strasbourg pose un pied à terre, la faute à un manque de lucidité et de prise de risques dans les vingt derniers mètres adverses. Et ce, malgré les entrées en jeu de Gameiro (74e) et de Mouloungui (62e) en seconde période, tous deux pourtant réputés pour leur percussion et leur insouciance ballon au pied. Têtu, trop attiré dans l'axe dans une partie qui l'opposait à un bloc bien regroupé dans ce secteur, le Racing n'est jamais parvenu à innover, à s'adapter comme l'aurait souhaité son guide Jean-Marc Furlan. Pis, à force de jouer à l'envers, Strasbourg s'est mis en danger tout seul, concédant même un penalty en toute fin de partie. Mais Agouazi, distrait, perd son duel devant Puydebois (85e)... laissant à un surdoué de 17 ans l'honneur de finir le travail.

Alix DULAC / Eurosport