Eurosport - lun, 02 juil 20:00:00 2007
C'est pesant, usant, fatigant. Mais c'est comme ça. Le dopage est aujourd'hui la principale source d'actualité dans le cyclisme. On ne parle pas que de ça, mais pas loin. Un an après le coup de balai donné la veille du départ par les organisateurs du Tour de France, les secousses de l'affaire Puerto se font encore sentir. Jan Ullrich, confondu par son ADN, est à la retraite. Ivan Basso est suspendu. La suspicion entoure les deux principaux candidats à la victoire cette année, Alexandre Vinokourov, qui vient de confesser sa collaboration avec le Docteur Ferrari, et Alejandro Valverde, suspecté d'avoir confié son sang au frigo d'un autre célèbre médecin, Eufemiano Fuentes.
Le Tour, plus que jamais hanté par le spectre du dopage, va d'ailleurs s'élancer sans son vainqueur sortant, Floyd Landis, qui s'apprête sans doute à être déchu de son titre. Une grande première qui fait désordre, même si Patrick Lefevere s'en accommode. "
2007 est également parti sur de bonnes bases. Avec une variante notable, cependant. Jamais les coureurs n'ont autant parlé que ces derniers mois. Il y a eu les demi-aveux de Basso. Les confessions des anciens de Telekom, Zabel, Riis, Aldag ou Bolts. Le grand déballage de Jaksche. Bien sûr, tous ces "repentis" vident leur sac parce qu'ils se retrouvent acculés. Bien sûr, ils minimisent leur propre responsabilité. Mais ce qu'ils révèlent suffit à ébranler au moins partiellement un système pourri jusqu'à l'os. C'est toujours ça de pris.
On est toutefois encore loin de la nécessaire révolution. Le ménage n'a pas été fait. Il y a fort à parier qu'une bonne partie du peloton de 198 coureurs qui s'élancera de Londres samedi ne roule pas à l'eau claire. Plus d'un an après le début de l'affaire Puerto, peu de tricheurs ont finalement été identifiés de manière formelle. "
Contrairement à ce qu'espérait Christian Prudhomme, les "Puertistes" n'ont pas tous été éradiqués et la charte UCI pour un cyclisme propre, que plus de 200 coureurs ont déjà signé, a tout d'un grotesque alibi. Certains, comme Marc Madiot, veulent tout de même croire que tous les tricheurs finiront par payer un jour ou l'autre. "
Derrière cette détermination, on sent pourtant une certaine réserve. Carlos Sastre aimerait ainsi qu'on lui parle d'autre chose. "
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