Solitaire du Figaro - Eliès heureux solitaire

Eurosport - dim, 02 août 15:27:00 2009

Yann Eliès (Generali) a exorcisé son terrible accident du Vendée Globe en remportant l'étape 1 de la Solitaire du Figaro, arrivée samedi à La Corogne.

2009 Solitaire du Figaro Elies - 0

Le 18 décembre dernier, Yann Eliès gisait à moitié mourant sur son 60' Generali, à 800 milles au sud des côtes large australiennes, le fémur gauche brisé. Sorti de ce cauchemar, il n'était pas sûr de pouvoir remonter un jour sur un bateau pour s'adonner à autre chose que de la navigation de loisir. Samedi, le Briochin a franchi triomphalement à 17 heures 59 minutes et 15 secondes la ligne d'arrivée de la Ria de La Corogne, terme de la première étape de la 40e Solitaire du Figaro, partie jeudi 28 juillet de Lorient.

A 35 ans, il venait de se retrouver tel qu'il s'était toujours connu, heureux à bord, heureux au grand large. Trente ans après le titre de son père, Patrick Eliès, dans la dernière course de l'Aurore, devenue Solitaire du Figaro l'année suivante. "Après le prologue (mardi), sur le petit parcours, j'étais un peu inquiet", a-t-il avoué. "Mais jeudi, au départ de l'étape, j'ai senti quelque chose, que j'avais retrouvé les sensations des régates d'avant. Tout ce que je faisais, ça marchait. Je me suis dit : 'Il faut rester dans ce timing, dans ce feeling et ça va bien se passer'. De fait, j'étais aux avant-postes tout le temps".

"J'ai pas mal dormi le premier jour et la nuit dernière au près, car le bateau avançait tout seul", a-t-il repris. "Je me suis offert ces petits luxes de bien dormir mais je ne le regrette pas parce que je suis quand même bien cassé à l'arrivée. D'un point de vue physique, tout va bien. J'ai fait attention quand j'allais à l'avant parce qu'il y avait quand même pas mal de mer. Je n'ai plus l'équilibre que j'avais avant, je suis un peu plus pataud mais j'y arrive quand même. Il suffit de faire les choses simplement".

"Ce n'est qu'une étape et je ne compte pas m'arrêter là, il faut la savourer, mais j'ai aussi de la suite dans les idées. J'ai envie d'aller au bout, d'aller chercher une victoire. Parce qu'il faut que je la gagne un jour cette Solitaire. C'est ma 5e victoire d'étape, mais il ne faut pas que je m'arrête là !", a-t-il lancé. Il avait accumulé quatre succès d'étape, de 2002 à 2004.

Une victoire comme une thérapie pour son image aussi, qui ne se résumera pas au cliché d'un drame de tour-du-mondiste. "Cette victoire, j'espère que ça va me permettre aussi de passer à autre chose. Il y a eu l'épisode du Vendée Globe, mais j'ai aussi une valeur sportive que j'avais avant et que j'ai retrouvée et ça fait du bien aussi de ce côté-là", avoue-t-il.

Nicolas Lunven a coupé la ligne d'arrivée en 2e position, avec un retard de 16 min 05 sec. "Pas facile cette étape ! Fatiguante du début à la fin", a jugé le skipper de CGPI. "Que ce soit les conditions, avec la pétole ou les 25 nuds au près et le final au largue serré. Il fallait rester vigilant. Yann [Eliès] était déjà dans les premiers à Lorient, et moi plutôt dans les derniers. Lui est resté en tête tout au long de la course alors que moi j'ai grappillé les places les unes après les autres. Il a toujours gardé suffisamment d'avance ()Je n'ai pas toutes les explications sur cette étape. Même en étant sur l'eau, c'est pas simple. Ça s'est joué à peu de chose. Hier soir, c'était le groupe de Charles Caudrelier Benac qui était en tête, plutôt au nord, moi, je préférais rester à l'intérieur de la route. C'est ce qui a payé. Savoir exactement pourquoi et comment, où se sont fait les écarts, ce n'est pas simple. Je pense aussi que j'allais vite. a permet de se sortir de situations délicates par rapport aux petits camarades. C'est pour ça que j'ai réussi à revenir dans le match. C'est mon premier podium d'étape. Devant moi Yann Eliès, derrière moi Armel Le Cléac'h. J'en viendrais à me demander ce que je fais entre les deux mais je suis content d'y être ! C'est vrai que je me sens à l'aise sur le bateau, dans mes choix, dans mes décisions, dans la vitesse, j'ai progressé dans tous les paramètres du jeu. C'est une satisfaction. On va essayer de continuer sur la même lancée".

Armel Le Cléac'h (Brit Air) a complété le podium galicien, 3e à 26 min 53 sec. "Je suis très content de finir 3e surtout que pendant cette première étape, je n'ai jamais vraiment été aux avant-postes" , a commente le "Chacal". "J'ai fait ma course et tout s'est fait cette nuit dans le passage du front. J'ai bien navigué car j'ai réussi à doubler les petits camarades avec qui j'étais et à rattraper ceux qui étaient devant. Je me suis un peu décalé dans l'ouest et j'ai fini sous spi avec du vent fort et ça a payé. Je suis aussi content de finir avec peu d'écart avec Yann. C'était mon objectif en partant de Lorient car je savais que l'étape était piégeuse. Finir troisième, ça fait un podium. La dernière fois que j'ai fait un podium c'était à St Gilles Croix de Vie en 2006, mais à l'époque, les deux premiers avaient 7 heures d'avance ! Là, c'est plus sympa. J'étais en phase avec le bateau. C'est de bon augure pour la suite. Les écarts sont très faibles avec les poursuivants donc on va dire qu'on remet tout à zéro et qu'on repart mardi prochain pour une nouvelle bagarre".

Stéphane VRIGNAUD / Eurosport

Commentaires 1 - 1 de 1

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  1. Pour moi c'est incroyable !!!
    Le gouvernement a­ prêté de l'argent à la Banque Populaire pour la­ sauver et maintenant cette Banque fait joujou avec un­ bateau à battre un record dont personne (excepté­ quelques spécialistes) n'en a rien à faire!!!
    Et­ tout cela avec notre argent!!
    COMBIEN A COUTE AUX­ FRANCAIS CE RECORD INUTILE???

    De BOB, le dim 2 août 23h 18
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