Eurosport - ven., 02 nov. 15:19:00 2007
Sébastien Puygrenier, défenseur central de l'AS Nancy-Lorraine, revient sur son excellent début de saison. Ambitieux, l'ancien pensionnaire de la CFA à Rennes espère retrouver le plus rapidement possible la Coupe d'Europe. Pour l'heure, un choc face Bordeaux attend les Lorrains, 2e de L1, samedi.
SEBASTIEN PUYGRENIER, êtes-vous étonné par le très bon début de saison de Nancy ?
S.P. : C'est vrai qu'on ne pensait pas démarrer aussi fort. Au niveau défensif notamment, on frise la perfection. Nous n'avons encaissé qu'un seul but en onze rencontres. Notre bilan peut surprendre effectivement mais nous avons toujours cru en nous.
D'un point de vue personnel également, vos prestations impressionnent...
S.P. : Je suis très satisfait de mon début de saison. Ce qui change par rapport aux années précédentes, c'est ma régularité. J'ai toujours eu du mal à démarrer mais cette année, j'ai tout de suite été performant. Avec toutes nos victoires, on a tous accumulé énormément de confiance. Pour autant, il me reste à progresser dans beaucoup de secteurs.
Aujourd'hui, Nancy est deuxième de Ligue 1. Le maintien est-il toujours l'objectif premier du club ?
S.P. : Oui, toujours. Après l'appétit vient en mangeant. Si on arrive à très vite obtenir les 42 points essentiels à notre maintien, on pourra alors viser plus haut. Si on reste sur une bonne dynamique, si les blessures nous épargnent, alors on pourra peut-être réaliser un bon coup et goûter de nouveau à la Coupe d'Europe. Mais bon, on ne se monte pas la tête non plus. Il ne faut pas se croire plus beau que ce que l'on est ou on risque de vite redescendre sur terre.
Un homme est à la base de ce succès : votre entraîneur Pablo Correa...
S.P. : C'est vrai. Aujourd'hui, si nous en sommes là, c'est en grande partie grâce à lui. C'est un entraîneur très proche de ses joueurs, humainement c'est vraiment quelqu'un de bien. Il a arrêté sa carrière depuis peu, on sent qu'il est encore très proche du terrain. Ces derniers temps, avec nos bons résultats, il a pris beaucoup d'ampleur mais a su rester très humble.
Nancy souffre malgré tout d'un manque d'un manque de reconnaissance. Avez-vous l'impression de ne pas être considéré à votre juste valeur ?
S.P. : Les choses ont évolué. Cette année, les médias commencent enfin à s'intéresser à nous. Quand à ceux qui ne nous prennent pas encore au sérieux, on ne s'en soucie pas. Un sondage en début de saison plaçait l'ASNL parmi les trois relégués. Je peux vous dire que ça nous a boostés. Beaucoup de spécialistes nous prédisaient une saison galère parce que nous n'avions pas recruté. Nous avions à coeur de démontrer qu'avec ce collectif nous pouvions nous en sortir.
Deux joueurs sortent du lot : Kim et vous-même. Comment vivez-vous cette soudaine notoriété ?
S.P. : Je n'aime pas trop parler de moi même si tous ces compliments font forcément plaisir. Mon objectif initial était de réaliser la même saison que l'an dernier. Malgré le départ de Pape Diakhaté, la défense tient toujours la route même si nous n'avons joué qu'une dizaine de match. L'an dernier, j'évoluais dans l'ombre de Pape et c'est pourquoi cette saison je suis plus sous les feux de la rampe.
Jusqu'à prétendre à une sélection en Bleu ?
S.P. : C'est encore trop tôt, je ne dispute que ma troisième saison en Ligue 1. Ca reste un rêve évidemment comme pour tout joueur pro. Aujourd'hui, je dois avant tout acquérir de l'expérience notamment en coupe d'Europe pour pouvoir prétendre à l'équipe de France.
En 2003, vous jouiez encore en CFA avec la réserve rennaise. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?
S.P. : Tout a été très vite. Je ne jouais pas à Rennes, je suis venu en Lorraine pour gagner du temps de jeu. Je voulais montrer que je méritais d'avoir ma chance. Venir à Nancy m'a permis de quitter mon confort et de me remettre en question. Une décision bénéfique qui m'a permis de percer.
Vous devez aiguiser l'appétit de nombreux recruteurs...
S.P. : Mon agent a reçu des propositions de plusieurs clubs mais je ne préfère pas savoir lesquels. Enfin, jusqu'en juin...
Samedi, Nancy affronte Bordeaux et un certain David Bellion, attaquant en forme en ce début de saison.
S.P. : Ce sera un match difficile face à des Girondins très performants cette saison. David Bellion est excellent depuis août. Mais je crains surtout Chamakh. C'est un joueur très "chiant" à jouer avec une bonne protection de balle, un très bon jeu de tête. Il faudra être vigilant.
Propos recueillis par Martin MOSNIER / Eurosport