Eurosport - mar, 03 mars 15:51:00 2009
Nous avons rencontré Cyril Després (KTM Red Bull) en Autriche et évoqué avec lui le Dakar. Avec le recul, il estime qu'il n'avait plus aucune chance de remporter l'épreuve après trois jours de compétition. Mais il s'avoue satisfait d'avoir réussi quelques jolis coups.
Vous avez perdu ce Dakar sans avoir livré bataille...
Cyril Després : Le pire qui puisse m'arriver est d'aller à une compétition sans qu'il y ait de compétition. C'est frustrant parce qu'on n'est pas là pour faire de la balade. Entre les jours où j'ai eu des problèmes de mousses, d'autres où les spéciales étaient raccourcies, j'ai roulé à bloc deux jours.
Les ennuis de pneumatiques, avec ou sans chambre à air (étapes 1 et 3), vous ont de suite mis hors jeu
C.D. : On savait qu'on allait avoir des soucis, mais pas si vite, pas comme ça, pas juste pour moi. Le premier jour, on a été quatre à partir avec des chambres à air, ce qui était la bonne solution. Résultat, seul Marc [Coma, sur KTM Repsol] s'en est sorti, les autres Espagnols et moi non. Après, on se demande forcément pourquoi. La première journée, c'était "faute à pas de chance" : j'ai tapé un morceau de fer, coupé le pneu et crevé. Si je crève, je peux réparer. Mais là, il y avait une coupure dans le pneu et il n'y avait rien à faire.
Le deuxième jour, vous prenez un gadin, ce qui est inhabituel chez vous...
C.D. : Après quatre-cinq kilomètres, je sens que la réaction de la moto est bizarre. Je m'arrête, je vois que l'amortisseur fuit un peu. Et dans un hors-piste, je me fais catapulter dans le premier trou où je passe.
Le troisième jour, vous avez aussi rencontré des problèmes de pneus, ce qui vous a rejeté à plus d'une heure et demie de Coma. A peu de choses près votre retard à l'arrivée.
C.D. : Oui. Et après ça, j'ai voulu donner le maximum pour ne pas avoir de regret. Autrement, comment partir chaque matin pour 600 km tout en restant concentré ? Aujourd'hui, je n'en ai pas. Sur la fin, j'ai quand même vu que Marc n'était très fier car il avait la pression. En 2007, je m'étais accroché, je lui avais mis la pression dessus et ça avait marché.
Sur quelles spéciales avez-vous senti que vous étiez au meilleur de votre forme, tant au niveau pilotage que physique ?
C.D. : A Copiapo. Ce n'est pas grand-chose, mais à cinq kilomètres de l'arrivée, je suis arrivé à leur fausser compagnie sans qu'ils (Coma, Viladoms) me voient. Deux minutes au final, ce n'est pas grand-chose, je le répète, mais c'est le fait d'avoir été plus malin qui m'importe. On se satisfait de petits plaisirs comme ça, pas visibles pas tout le monde. L'essentiel est de saisir chaque opportunité sachant qu'à partir de la mi-course, les ordres ont fait qu'ils m'attendaient systématiquement pour rouler avec moi. Mais ça a eu des avantages inattendus : le jour où j'ai essayé de le perdre (Coma), David Frétigné est venu avec nous (étape 12). Le temps que David comprenne qu'on jouait, il n'avait pas assez d'essence pour rallier l'arrivée. Il est tombé en panne, et c'est en partie comme ça que je suis remonté de la 6e à la 2e place ce jour-là.
L'altitude vous préoccupait beaucoup. A-t-elle eu les effets redoutés ?
C.D. : Ce n'est pas l'altitude mais la chaleur étouffante que je craignais le plus. Il m'est arrivé un truc qui est passé sur le site web d'Europort qui m'a mis sur le cul : le jour où on est monté au lac, super haut, un cameraman était là et m'a posé deux questions. En revoyant la vidéo de mes réponses sur eurosportr.fr, j'ai pensé qu'il y avait eu un problème au montage : je parlais à deux à l'heure Je me suis rendu compte que l'altitude avait agi sur moi à un niveau vraiment incroyable. Le plus drôle est que sur sa question de savoir si l'altitude avait des effets sur moi, j'ai répondu au cameraman : "Ah, non, pas, du, tout ; vous, sa, vez, je, vis, à, mille, cinq, cent, mètres Un truc carrément flippant ! La raison était simple : j'avais pris une pastille de Diamox pour m'empêcher d'avoir mal à la tête comme lors d'un trekking que j'avais fait au Kilimandjaro.
Coma a gagné sans opposition. Comment qualifiez-vous sa victoire ?
C.D. : C'est sûr que la manière n'était pas la plus fun, mais ça reste une victoire. Coma a fait un bon rallye, pas de doute, mais il pilote surtout dans un team très soudé et managé par Jordi Arcarons, qui n'a jamais gagné un Dakar motos. Arcarons a piloté contre Peterhansel, Magnaldi, Sainct, etc..., soit autant de Français qui lui ont fait tous les coups pendables. Aujourd'hui, je suis le Français de service qui lutte contre ses pilotes. Alors forcément, il connaît tous nos trucs et je ne bénéficie pas de l'effet de surprise quand je roule contre ses gars.
Street a occupé pendant un moment la 2e place. Peut-il un jour remporter l'épreuve ?
C.D. : Je ne pense pas. C'est un pilote qui a de l'expérience mais qui est aussi usé au niveau des poignets, des épaules. Je ne suis même pas persuadé qu'il fasse le Dakar l'an prochain.
Avez-vous remarqué un jeune capable d'incarner la relève ?
C.D. : Pas vraiment, à part "Chaleco" (Francisco Lopez). Il a de la vitesse, du potentiel, mais il est encore jeune. Il faut voir comment il va évoluer.
Le Dakar se courra encore en Argentine et au Chili en 2010...
C.D. : C'est une deuxième chance. Le pays me plait, je parle espagnol. Je suis super content de retourner là-bas.
Commentaires 1 - 3 de 3
moi j e dis que le vrai dakar c est plus ca du tout dabort le fric et les grosses usines mais le dakar cest avant tout les poireaux les amateurs ce qui on construit l aventure il faut savoir quand meme le prix exorbitant pour pouvoir y participé sans aucune chance de gagné quoi que ce soit alors qu au depart on ramené notre casse croute avec nous il falait etre demmerde je voudrai bien les voir tout ces pilotes usine ils font pas un podium sans leur mecano et leurs portable......ect!!!!!!!
j fais le dakar en solex personne mais personne n'en parle !
c
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