Eurosport - ven, 03 juil 21:31:00 2009
Titillé par Danilo Di Luca et par les rumeurs le rattachant à l'affaire Humanplasma, Denis Menchov vit une troisième semaine de Giro agitée. Et le plus fort de la tempête reste à venir. Vendredi, sur les pentes du Vésuve, le Russe doit s'attendre à être attaqué de toutes parts.
Un Giro, ça se mérite. Il faut être capable de tout supporter, de tout endurer. Sur et en dehors de la route. Denis Menchov est en train de le mesurer. Plus on se rapproche du dénouement romain, plus le Russe se trouve au centre d'une véritable guerre des nerfs. Physiquement, le double vainqueur de la Vuelta montré qu'il avait du répondant. Mais on finit par se demander si, à l'usure, il ne va pas finir par céder. Mercredi, sur les pentes du Blockhaus, la carapace s'est fissurée pour la première fois. Une fêlure presque imperceptible. Cinq secondes sur la ligne, concédées au moment où Danilo Di Luca a lancé le sprint. Depuis, la caravane du Tour d'Italie du centenaire s'interroge: était-ce le signe annonciateur d'une défaillance plus grave pour Menchov, ou un simple épiphénomène?
La réponse, à l'évidence, surviendra vendredi après-midi sur le Vésuve, où Di Luca, Pellizotti et Basso, ses trois poursuivants transalpins au général, ont promis de tout donner pour dépouiller le Russe de sa tunique rose. Là, il ne sera plus temps de parler ou de bluffer. D'ici là, les mots ont encore le dessus sur les actes. Ils ne sont pas anodins, contribuant à cette subtile guerre des nerfs. A ce petit jeu, Menchov se défend. Il le jure, il n'a connu aucune sorte de difficulté au Blockhaus. S'il a coincé, c'est en raison d'un "problème de changement de rapports". "Ah bon, il a dit ça?", a souri Di Luca en guise de réponse. Info ou intox? Seul Menchov connaît la réponse pour le moment. "Je suis très tranquille. Je me sens fort", jure le Russe. Mais son mini coup de buis de mercredi a dopé les espoirs de la concurrence.
Humanplasma? Menchov est serein
Même Franco Pellizotti, pourtant à deux minutes du maillot rose, n'a pas renoncé. Après sa victoire au Blockhaus, l'un des deux hommes forts de la Liguigas est prêt à remettre ça. " Menchov est fort, il a fait un pas vers la victoire, mais personne n'est à l'abri d'un mauvais jour. Regardez Sastre mercredi Je me sens en grande condition et je vais tout donner vendredi au Vésuve ", a-t-il promis. Di Luca ne dit pas autre chose. A chaque étape de montagne, haute ou moyenne, le Killer a tenté sa chance, malgré la maîtrise affichée par Menchov. On peut être certain qu'il harcèlera à nouveau son adversaire sur le célèbre volcan de la baie napolitaine. Di Luca a intégré de longue date le comportement défensif de Menchov: "Il a raison, c'est à moi de récupérer du temps. Il faudrait prendre une minute ."
Si l'Italie croit encore à un revirement de situation, c'est que le Vésuve peut poser des problèmes au maillot rose. Il est d'ailleurs le premier à le reconnaître. "J'ai déjà reconnu la montée du Vésuve. C'est une montée plus dure que celle du Blockhaus. Je pense qu'elle me convient un peu moins." L'ascension du Volcan est plus courte (13km) mais aussi plus pentue que le Blockhaus (8% de moyenne avec des passages à 12%). La ligne sera installée à la limite du cratère, sensiblement plus haut que lors de la dernière arrivée en 1990, quand l'Italien Gianni Bugno avait distancé ses rivaux dans une étape gagnée par l'Espagnol Eduardo Chozas. C'est au bout de la route, au-dessus de l'Observatoire, à l'altitude de 1000 mètres, que le probable vainqueur du Giro sera désigné à deux jours de l'arrivée. "Je serai plus tranquille une fois le Vésuve passé", confesse Menchov.
Tranquille, celui qui reste jusqu'à preuve du contraire le patron de la course fait tout pour le paraître. Même face aux rumeurs de dopage qui sont ressortis ces derniers jours. L'équipe Rabobank a confirmé en effet mercredi un contact avec la police autrichienne dans l'enquête sur le laboratoire viennois Humanplasma, soupçonné d'être au coeur d'un système de dopage sanguin. Le nom de Menchov avait été évoqué dès début 2008 dans cette affaire avec celui d'autres coureurs (Rasmussen, Boogerd, Totschnig). Tous quatre avaient démenti. Là encore, comme face aux assauts sportifs, Menchov reste impassible alors que, mercredi et jeudi, les journalistes italiens ont remis le sujet sur le tapis lors du point presse: "Je suis très serein. Ce n'est pas nouveau. On en a parlé l'an dernier et je me suis expliqué là-dessus. Je n'ai rien à voir avec ça ." Mais on peut imaginer qu'il se serait passé de ça dans cette infernale troisième semaine. Toujours stoïque, le Russe pourra-t-il garder son flegme si le Giro entre en ébullition vendredi au Vésuve?
Commentaires 1 - 7 de 7
Probablement l'un des meilleurs coureurs sur ce tour 2009 , son équipe aura t'elle la capacité de contenir la Astana ???
OUI..............;;;La presse et les Italiens ( Sans racisme ni rancune ) Font avec Menchov, ce qu'ils ont fait avec Valverde, En 2010 CONTADOR OU UN AUTRE ETRANGER SI 1er ...............
Dommage que SASTRE n'a pas une equipe valable, il aurait pu jouer la 1ere place au Giro ..Il a fait le Giro, seul, donc mise à part gagner des etapes en montagne, et pas aidé , donc degats minimes pour les adversaires ..
Le dopage comme la drogue se doivent d'etre combattus ce sont des fleaux qui auront raison de tout que chacun balaie d'abord devant sa porte les travers et la croix nous tous la portons joyeux centenaire pour le GIRO qui est unique cette saison bon vent et que le meilleur gagne mais sans l'apport de l'EPO ni quoi que ce soit.
On en reparle parce que Kohl a dû faire des révélations sur le sujet. C'est du pain béni pour la presse italienne, surtout à 3 jours de l'arrivée du giro...
francois m : tu n'es pas le premier à faire allusion à cette liste, mais apparemment, elle n'est jamais sorti. J'espère que l'UCI ne retombe pas dans ses travers; avec le cas Valverde, je commence à en douter sérieusement.
menchov est cité dans une affaire de dopage et je suis certain qu'il s'est dopé!
L'étape de Mardi est révélatrice ... ce qui s'est passé dans le final n'existe pas ou ne fait pas partie des capacités humaines (y compris entrainé et meme pour soi-disant quelqu'un de hors du commun) : Menchov, Di Luca, Garzelli, Pellizotti ... ont réalisé des peformances assistées par des des sources biochimique ... ce qui est finalement le plus navrant dans l'histoire c'est l'incapacité (l'envie?) de la détection ... Au fait, L'UCI ne devait pas communiquer une liste de noms de sportifs, avant le Giro, avec un passeport douteux ?
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