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Dakar 2008 Les réactions

ven 04 jan, 15h24


Ari Vatanen (Finlandais, vainqueur en 1987, 1989, 1990, 1991, député européen UMP) : «C'est très dur pour le sport, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. On se rend compte (des effets) de la politique des pays occidentaux en Afrique depuis cinquante ans. Les gens sont tellement désespérés qu'ils s'abandonnent au terrorisme et aujourd'hui le rallye est pris en otage par les voyous, les terroristes et les fanatiques. Les pays africains sont rongés par la corruption mais nous avons une responsabilité. La valeur du Dakar, c'est d'être une vitrine de l'Afrique. Les Africains ont été privés de tout, faut-il les priver aussi du Dakar ? Le fait d'annuler le rallye doit nous réveiller : le destin des Africains, c'est le nôtre». (Photo L'Equipe)

Bernard Laporte (Secrétaire d'Etat aux Sports) : «Ce n'est que partie remise, l'épreuve recommencera l'année prochaine. (...) c'est une décision qui appartient aux organisateurs. Je les trouve très courageux, ce n'est pas facile à deux jours du démarrage de l'épreuve de tout annuler. C'est vrai que le Paris-Dakar fait partie du patrimoine français et du patrimoine africain aussi. La sécurité a prédominé, il y a des conséquences économiques désastreuses mais il faut faire face à ce qui s'est passé depuis quinze jours».

Bruno Saby (vainqueur en 1993) : «C'est un tournant au niveau de l'Afrique. Je ne pense pas qu'un organisateur, aujourd'hui, quel qu'il soit, prenne le risque de retourner organiser une épreuve sur ce continent. Ca, c'est dramatique, de savoir que l'Afrique est un continent abandonné et qu'il le sera de plus en plus, au point, maintenant, de ne même plus y aller faire du sport. Nous, on faisait du sport, en faisant de l'humanitaire en même temps.»

Ruben Faria (Portugais, vainqueur de la première spéciale du Dakar 2007) : «Le travail de toute une année est tombé à l'eau. Les entraînements, la préparation des équipes et les coûts associés à l'épreuve reine des rallyes tout-terrain ont été vains (...) Les montants investis sont importants et, à présent, je ne sais pas quelle explication donner aux sponsors. Je n'ose même pas y penser.» (AFP)

Hubert Auriol (vainqueur en 1981, 1983, 1992, directeur de l'épreuve de 1995 à 2004) : «L'intégralité de la course, ou en tout cas ses moments forts, devait se dérouler en Mauritanie. Je ne comprends pas... Vu les enjeux, j'aurais supposé qu'il y avait une coopération entre l'organisateur et le pays qui l'accueille pour assurer le bon déroulement de la course. Et visiblement, il y a quelque chose qui a coincé ou qui n'a pas été prévu. Je suis surpris qu'il n'y ait pas de plan B avec une modification de l'itinéraire. Il ne faut pas non plus, du jour au lendemain, dire que la Mauritanie est un pays où on ne peut pas aller. Faut pas exagérer». (RTL)