Dakar 2008 - Et maintenant?

Eurosport - ven, 04 janv 21:03:00 2008

Après l'annulation pure et simple du Dakar 2008 pour causes de menaces terroristes, les participants se retrouvent désormais fort dépourvus. Des mois, voire des années d'efforts réduits à néant.

2008 Dakar Polish Team - 0

Que ce soit pour les pilotes professionnels ou amateurs, la déception est grande. Néanmoins, au delà du fait que l'on supprime "21 jours de rigolade" comme le souligne Claude Brasseur, ancien vainqueur du Dakar, ce sont surtout les conséquences financières qui risquent de plomber le moral des futurs ex-participants. Lorsque l'on connait les efforts consentis par la majorité pour arriver à réunir les fonds nécessaires pour s'engager sur cette course, la pilule n'en est que plus dure à avaler. Alors quel avenir pour tous ces pilotes?

Aujourd'hui, les concurrents, conscients du danger qui pesait sur la course, sont tous à la recherche d'explications. Certains ne comprennent pas pourquoi l'intégralité de la course a été annulée. C'est le cas d'Hubert Auriol, ancien vainqueur et ancien patron du rallye-raid de 1995 à 2004. "Je ne comprends pas (...) Visiblement, il y a quelque chose qui a coincé ou qui n'a pas été prévu. Je suis surpris qu'il n'y ait pas de plan B avec une modification de l'itinéraire. Il ne faut pas non plus, du jour au lendemain, dire que la Mauritanie est un pays où on ne peut pas aller. Faut pas exagérer."

"On est très déçu"

Du coté des motards, il y a la frustration de ne pas prendre le départ après de gros efforts physiques et financiers. "On est très déçu. Evidemment. Ce sont des mois et des mois de travail qui s'en vont en fumée... Des mois de travail sportivement et dans la recherche de partenaires." témoigne David Frétigné, un des postulants à la victoire finale. Alors à l'aube de ce trentième Dakar qui ne verra pas le jour, du moins cette année, comment vont se relever les "petits", ceux qui consentent de gros efforts pour la recherche de sponsors et qui s'endettent même pour certains? "Les teams ne pourront pas rembourser les clients ni les sponsors. Il y a eu trois mois de main d'&oeliguvre, les pièces..." assure Christian Lavieille, pilote auto.

Comment sera-t-il possible de convaincre les sponsors lors des prochaines courses? David Frétigné reste sceptique sur l'avenir de ce type de course: "Si j'étais partenaire, on vient me voir, je réponds: vous êtes gentils, vous n'allez pas partir. Il va peut-être falloir mettre des nouveaux outils en place. Il faut qu'on ait des arguments concrets pour pouvoir expliquer ce qui s'est passé et surtout parler d'avenir et de sécurité." Aujourd'hui le Dakar est dans une impasse; gageons que ce ne soit que temporaire.

Hadrien HIAULT / Eurosport