Eurosport - ven, 04 janv 08:40:00 2008
Aucune décision concernant le passage ou non du Dakar en Mauritanie n'a encore été prise après la mise en garde du gouvernement français. L'incertitude règne actuellement à Lisbonne. On devrait cependant en savoir plus dans la journée de vendredi.
Par où le Dakar-2008 va-t-il passer ? Et aura-t-il même lieu ? Les 2500 personnes présentes sur le rallye se sont couchées jeudi avec ces questions en tête après la mise en garde du gouvernement français déconseillant "fortement" à ses ressortissants, y compris "ceux du Dakar", de se rendre en Mauritanie, plat principal de l'épreuve. "Le Dakar sans la Mauritanie, ce n'est plus le Dakar", résumait à Lisbonne le motard David Casteu, 2e du général l'année dernière de l'épreuve qui doit s'ébranler samedi en direction du sud.
Dans le même temps, les organisateurs Amaury Sport Organisation (ASO) ont annoncé jeudi soir qu'ils ne prendraient officiellement pas de décision avant vendredi matin. La Mauritanie promettait d'être à la fois le plat de résistance et le juge de paix de l'épreuve. Huit des quinze étapes du rallye empruntent en effet la Mauritanie et une journée de repos devait se tenir à Nouakchott. Le désert de dunes du pays était le sommet sportif de l'épreuve qui devait pénétrer en Mauritanie le 11 janvier pour n'en sortir que le 19, veille de l'arrivée.
Seulement après l'assassinat de quatre touristes français le 24 décembre en Mauritanie lors d'une attaque attribuée par les autorités mauritaniennes à l'islamisme radical, le porte-parole du gouvernement français Laurent Wauquiez a déclaré, après le Conseil des ministres, que le ministère des Affaires étrangères déconseillait "fortement à tous les Français de se rendre en Mauritanie jusqu'à nouvel ordre". "Ca vaut pour tous les Français, comme pour l'organisation du rallye Lisbonne-Dakar", avait-il dit. Trois soldats mauritaniens ont également été tués le surlendemain de la mort des Français, sans que cet événement ne soit encore éclairci.
Pris par surprise
"Les organisateurs du rallye ont été informés de l'évaluation des risques, et le gouvernement français ne peut que rappeler, avec la plus grande fermeté, les conseils adressés aux voyageurs", a ajouté le porte-parole. Ces déclarations ont pris les organisateurs complètement par surprise. Juste après l'attaque contre les touristes français, Etienne Lavigne, le directeur de la course, s'était rendu en Mauritanie pour s'entretenir en toute urgence avec les autorités mauritaniennes. Mercredi soir, fort du soutien d'un communiqué du gouvernement mauritanien ("toutes les mesures de sécurité ont été prises pour que le passage se déroule en toute quiétude"), M. Lavigne estimait que "toutes les conditions de sécurité étaient réunies" avec notamment le déploiement de 4000 hommes et une "surveillance aérienne accrue".
Le directeur de course rappelait également : "On parle (...) avec des diplomates français à Nouakchott et les services intéressés sur les questions de sécurité. On parle avec le Quai d'Orsay de manière quotidienne". Jeudi, le communiqué d'ASO démontrait le désarroi vis à vis du gouvernement français et s'interrogeait sur "les éléments nouveaux qui ont pu motiver cette communication, malgré les assurances réitérées par le gouvernement mauritanien".
En 2007, des menaces du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC algérien) avaient contraint les organisateurs à annuler deux étapes alors qu'en 2006 et 2000 les organisateurs avaient mis en place des ponts aériens pour éviter le nord du Mali et le Niger. Les participants se raccrochent à la décision d'ASO. Dans leur grande majorité, professionnels comme amateurs promettaient aller en Mauritanie si ASO décide de braver la mise en garde gouvernementale ou si le gouvernement revient sur son annonce. "Je n'ai pas peur d'aller en Mauritanie. J'ai confiance dans les organisateurs. Ca ne me passe pas par la tête que la course soit annulée", affirmait Marc Coma, vainqueur en 2006.
Dominique Serieys, le chef de l'écurie de Mitsubishi pour qui les enjeux sont importants, estime lui: "On vit ça comme une situation dite préoccupante. Le ministère des Affaires étrangères ne donne pas un avis sans argument, sans valeur précise. Nous, on fait une confiance totale à ASO. Par le passé, ils ont démontré qu'ils avaient su prendre les bonnes décisions quelles qu'elles soient. Dont acte. Il faut les laisser travailler et leur laisser le temps de prendre leur décision".
AFP / Eurosport