Eurosport - ven, 04 janv 15:00:00 2008
Les principales réactions suite à l'annulation du Dakar. Pour Bruno Saby, vainqueur en 1993, c'est un tournant dans l'histoire de l'épreuve.
Etienne Lavigne (directeur du Dakar): "C'est une terrible nouvelle. Le Dakar 2008 ne partira pas. Le Dakar est sonné mais le Dakar est debout. Je veux remercier tous les participants. Vous êtes la légende du Dakar. Vous en avez fait l'histoire. Et l'histoire n'est pas terminée".
Ruben Faria (POR/moto, vainqueur de la première spéciale du Dakar-2007 entre Lisbonne et Portimao): "Le travail de toute une année est tombé à l'eau. Les entraînements, la préparation des équipes et les coûts associés à l'épreuve reine des rallyes tout-terrain ont été vains (...) Les montants investis sont importants et, à présent, je ne sais pas quelle explication donner aux sponsors. Je n'ose même pas y penser."
Tiago Monteiro (POR/auto, 1re participation, ancien pilote de F1): "J'ai investi trois mois de ma vie. Pour moi, c'était un projet ponctuel, mais il y des milliers de gens qui en vivent et pour qui c'est le projet de toute une vie."
Miguel Barbosa (POR/auto, 3e participation, pilote officiel de BMW et trois fois champion portugais de tout-terrain): "Il faut accepter la décision. Nous regrettons tous ce qui s'est passé, mais maintenant il faut aller de l'avant. J'avais confiance pour l'épreuve. L'organisation nous a déjà donné quelques éléments d'explication et nous allons nous réunir avec l'équipe pour envisager les mesures à prendre. Nous ne pourrons même pas recueillir de données sur la voiture afin de l'améliorer pour la prochaine édition."
Carlos Sousa (POR/auto, 12e participation, 4e en 2003): "Les équipes n'ont pas été entendues lorsque l'annulation du rallye Dakar a été décidée. Nous sommes déçus par l'annulation de l'épreuve. J'estime que toutes les alternatives n'ont pas été explorées pour résoudre cette situation. L'épreuve devait au moins aller jusqu'au Maroc".
Carole Montillet (FRA/auto, 2e participation, au micro de France 2): "Je pense que tous les gens ici sont hyper déçus. Après, je pense qu'il y a pire que ça. Mais c'est vrai que pour tous les sportifs ici, c'était une super aventure. Les gens se préparent depuis un an. Financièrement, les équipes ont mis beaucoup d'énergie, beaucoup d'argent pour les préparations de voitures."
Christian Lavieille (FRA/auto, au micro de France 2): "Les teams ne pourront pas rembourser les clients ni les sponsors. Il y a eu trois mois de main d'oeuvre, les pièces... Je pense que ça va être très compliqué, qu'il y aura une très mauvaise ambiance. L'image du Dakar en prend un coup et on ne sait pas s'il y aura un autre Dakar derrière, surtout."
Bruno Saby (FRA/auto, vainqueur en 1993, au micro de France 2): "C'est un tournant au niveau de l'Afrique. Je ne pense pas qu'un organisateur, aujourd'hui, quel qu'il soit, prenne le risque de retourner organiser une épreuve sur ce continent. Ca, c'est dramatique, de savoir que l'Afrique est un continent abandonné et qu'il le sera de plus en plus, au point, maintenant, de ne même plus y aller faire du sport. Nous, on faisait du sport, en faisant de l'humanitaire en même temps."
Ari Vatanen (Finlande, quadruple vainqueur du Dakar): "C'est très dur pour le sport, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. On se rend compte (des effets) de la politique des pays occidentaux en Afrique depuis 50 ans. Les gens sont tellement désespérés qu'ils s'abandonnent au terrorisme et aujourd'hui le rallye est pris en otage par les voyous, les terroristes et les fanatiques. Les pays africains sont rongés par la corruption mais nous avons une responsabilité. La valeur du Dakar, c'est d'être une vitrine de l'Afrique. Les Africains ont été privés de tout, faut-il les priver aussi du Dakar? Le fait d'annuler le rallye doit nous réveiller: le destin des Africains, c'est le nôtre".
AFP