Euro 2008 - Les défis bleus

Eurosport - ven, 04 janv 11:40:00 2008

L'Euro, c'est déjà demain. A six mois du coup d'envoi de la compétition majeure de l'année 2008, l'équipe de France est déjà dans les starting blocks. Et Raymond Domenech va avoir quelques cas à régler et certains choix à faire d'ici le départ pour la Suisse et l'Autriche.

FOOTBALL France 2007 Domenech Vieira - 0

QUID DE TREZEGUET ?

Ira, ira pas ? Bien malin celui qui peut dire avec certitude que David Trezeguet sera ou ne sera pas de la fête austro-helvète l'été prochain. Meilleur buteur de Serie A avec 13 réalisations au compteur, le Turinois n'a plus joué en équipe de France depuis la défaite concédée au Parc des Princes face à l'Ecosse (0-1). Ses relations avec Raymond Domenech ne sont pas au beau fixe et le système de jeu des Bleus ne lui convient guère. Ses derniers buts sous le maillot tricolore remontent à octobre 2006. Face aux Iles Féroé, il avait signé un doublé (5-0). Ajoutez à cela que la concurrence et la jeunesse poussent. Résultat, David Trezeguet pourrait manquer sa première compétition internationale depuis son arrivée chez les Bleus et vivre un mois de juin relativement calme. Comme Eric Cantona en 1996 ou Ludovic Giuly lors de la dernière Coupe du monde.

L'ENIGME THURAM

Lors du dernier Euro, Jacques Santini avait dû gérer le problème Marcel Desailly (35 ans). Le capitaine de l'équipe de France, alors recordman des sélections, commençait à accuser le poids des ans. Mais s'accrochait toujours à son poste et à son brassard. Retenu parmi les 23 pour disputer l'Euro, il n'avait finalement disputé qu'une rencontre. Quatre ans plus tard, Marcel Desailly est évidemment à la retraite. Lilian Thuram est, en quelque sorte, à sa place. A 36 ans, le Barcelonais (136 sélections) est titulaire en défense centrale. Mais, à la différence de Desailly, il ne jouera pas l'Euro à tout prix. S'il a envie d'aller en Suisse et en Autriche, l'ancien Monégasque espère être au niveau l'été prochain. "Je joue très peu à Barcelone, donc ce sera très difficile de garder un très bon niveau", expliquait-il récemment. Raymond Domenech pourra-t-il lui faire confiance jusqu'au bout ?

LA DEFENSE EN QUESTIONS ?

Le cas Lilian Thuram est évidemment au centre des interrogations concernant la défense bleue. D'autant plus que des hommes comme Philippe Mexès (Roma) toquent à la porte. Mais le Barcelonais n'est pas le seul à laisser songeur. En effet, Willy Sagnol, incontournable avant sa période d'inactivité de sept mois (genou), est aujourd'hui une énigme. Le latéral droit du Bayern Munich, qui restera finalement en Bavière, n'a repris la compétition qu'en toute fin d'année et aura six mois pour retrouver son niveau. Cela devrait suffire. A gauche, Eric Abidal (FC Barcelone) n'a pas de souci mais voit la côte de Patrice Evra (Manchester United) monter en flèche. Enfin, William Gallas (Arsenal) reste incontournable. S'il n'a aucun pépin physique d'ici là.

OÙ EN EST VIEIRA ?

Le capitaine des Bleus traverse une saison quasiment blanche. Depuis août, Patrick Vieira est perturbé par les blessures. La dernière en date, une élongation au mollet droit, l'a privé des deux derniers mois de compétition et de la fin des éliminatoires pour l'Euro 2008. Sur le retour, "le Long" devrait retrouver les terrains à la mi-janvier et aura ainsi un peu moins de six mois pour préparer l'Euro. Avant le Mondial 2006, le milieu de terrain défensif avait également connu une saison jonchée de pépins physiques. Préparé au mieux par Robert Duverne, cela ne l'avait pas empêché de réussir une grande Coupe du monde.

STATU QUO CHEZ LES GARDIENS ?

Il y a peu, la France se targuait d'avoir les meilleurs gardiens du monde. Depuis peu, le poncif a disparu des colonnes des quotidiens ou autres magazines. Il faut dire que les portiers des Bleus ont été quelque peu malmenés ces derniers temps. Que ce soit avec le PSG ou l'équipe de France, Mickaël Landreau n'est plus aussi impérial. Sébastien Frey s'est toilé pour sa première sélection, en Ukraine (2-2). Reste Grégory Coupet qui, lui, n'a rien à se reprocher. Et pour cause, le gardien lyonnais s'est blessé en juillet dernier et n'a pas encore joué de match officiel avec l'OL. Il pourrait remédier à cela dimanche à Créteil, en 32e de finale de la Coupe de France. Coupet aura ensuite une demi-saison pour revenir à son meilleur niveau. Pour le moment, Raymond Domenech n'est pas inquiet : "La hiérarchie est toujours la même, je ne la bouscule pas aujourd'hui. C'est toujours Greg (Coupet) qui est numéro 1, puis il y a Mickaël (Landreau) et puis "Seb" (Sébastien Frey)." Steve Mandanda (Marseille), Hugo Lloris (Nice) et compagnie vont cependant tout tenter pour que les certitudes du sélectionneur volent en éclats.

UNE PREPARATION À ADAPTER

L'Euro n'a rien à voir avec la Coupe du monde. Lors d'un Mondial, les grosses équipes bénéficient souvent d'un round d'observation qui dure le temps du premier tour. On l'a vu en 2006. Les Tricolores, souvent inquiétants, avaient tout de même franchi l'obstacle avant de monter en puissance et d'aller jusqu'où l'on sait. En juin, la France n'aura pas les mêmes largesses. Et pour cause, le premier tour d'un Championnat d'Europe est toujours, sauf exception, plus relevé que celui d'un Mondial. Surtout lorsqu'on partage le même groupe que l'Italie, les Pays-Bas et la Roumanie. Le staff tricolore devra donc faire en sorte que les Bleus soient au top d'entrée et tiennent jusqu'au bout. Une mission délicate mais loin d'être impossible car l'Euro s'étend sur une durée moins longue que la Coupe du monde.

Maxime DUPUIS / Eurosport