Eurosport - mar, 04 mars 20:47:00 2008
Largement battu à Bordeaux (3-0), le PSG s'enfonce un peu plus vers la zone rouge. Le club de la capitale, incapable de rivaliser avec les Girondins dans le jeu, carbure à une cadence de relégable depuis quelques semaines. Sans donner l'impression de se révolter.
Le soleil avait beau briller sur le Camp des Loges, les mines restaient fermées sur les visages des Parisiens au lendemain de la déroute du PSG à Bordeaux. Les hommes de Paul Le Guen, peu loquaces cette saison, n'ont pas dérogé à leurs habitudes. Au moment d'évoquer la débâcle girondine, ils ont préféré garder le silence. Certains d'entre eux ont même carrément esquivé la presse à l'image de Sylvain Armand, pourtant capitaine du PSG en l'absence de Pauleta lors du déplacement à Chaban-Delmas. "Je préfère ne pas parler. La situation est difficile en ce moment", a simplement déclaré Grégory Bourillon à l'issue du décrassage. Des paroles qui résument la situation d'un club qui coule doucement, sans bruit. Mais sûrement.
A Bordeaux, le PSG a d'abord perdu pied. Après un début de match moyen, les hommes de Paul Le Guen ne se sont jamais remis du premier but girondin de Wendel, après une grosse demi-heure de jeu. Comme d'habitude, puisqu'ils n'ont jamais réussi à remporter un match après avoir été menés au score cette saison. Ils ont même carrément sombré dès le début de la deuxième période, encaissant deux buts coup sur coup pour repartir des bords de la Garonne avec une défaite lourde. Et méritée.
Une cadence de relégable
Les espoirs nés de la belle victoire en demi-finale de la Coupe de la Ligue face à Auxerre (3-2) n'ont donc été que de courte durée. Paris avait pourtant montré de bonnes choses contre les Bourguignons: de l'engagement, des enchaînements offensifs, du réalisme... Mais le club de la capitale n'a retrouvé aucune de ces qualités en Gironde. "Nous étions émoussés par cette semaine" , avançait Landreau au coup de sifflet final. Après avoir bénéficié de cinq jours de récupération entre le match d'Auxerre et celui de Bordeaux, l'excuse est difficilement crédible. Encore moins deux semaines après la défaite à Marseille (2-1), qui avait pourtant joué contre le Spartak Moscou en Coupe de l'UEFA trois jours plus tôt...
Paris n'a pas vraiment d'excuse à chercher en fait. A Bordeaux, il a juste affiché ses limites contre un candidat au titre. Le club est au plus mal en ce moment et carbure à la cadence d'un relégable depuis quatre journées: matches nuls à domicile (Le Mans, 0-0, et Monaco, 1-1) et défaites à l'extérieur (Marseille, 2-1, et Bordeaux, 3-0). Il est passé de la 12e à la 17e place au classement et ne compte plus que deux points d'avance sur le premier relégable, Toulouse. Le spectre de la Ligue 2 est bien présent.
Paul Le Guen le sait, et il ne s'est pas privé de le rappeler à l'issue de la rencontre. "Notre situation était précaire en championnat, elle l'est encore plus. Il faut en avoir pleinement conscience", insistait l'entraîneur parisien dans un discours qu'il a déjà tenu à maintes reprises cette saison. Et qui évoque clairement une situation que le club a déjà connue l'an passé. A l'époque, le PSG avait attendu la 30e journée et une victoire à Lens (1-2) pour se relancer et réaliser un bon sprint final (six victoires, deux nuls et une défaite). Inconsistant dans le jeu, il avait fait preuve d'une solidarité de tous les instants pour s'en sortir. Aujourd'hui, Paris est embarqué dans la même galère. A une différence près: au lieu de sonner la révolte, il garde désespérément le silence.
Vincent BREGEVIN / Eurosport