A l'issue de la défaite face à Perpignan samedi, Patrice Lagisquet a évoqué son possible départ. L'entraîneur de Biarritz, visiblement usé, devrait rencontrer ses dirigeants dans la semaine. La fin d'une époque.
Une page va se tourner à Biarritz. A l’issue de la défaite contre Perpignan à Aimé-Giral (16-3) samedi, Patrice Lagisquet s’est présenté devant la presse. Seul. Et visiblement éreinté. Après dix années passées sur la Côte basque, ponctuées de trois titres de champion de France (2002, 2005, 2006), l’homme fort du BO a, pour la première fois, évoqué son départ. Sans langue de bois. « Autant ce n'est pas la fin d'un groupe où il y a une régénération, autant mon rôle dans le club auprès de cette équipe sent la fin de cycle, souligne le manager marqué par une saison galère. Après le match contre Toulouse (ndlr : défaite à Aguiléra 18-6 le 24 novembre 2007), je voulais déjà arrêter. Je me sens impuissant. Depuis un an j'ai l'impression de ramer. Cela fait dix ans que je suis au club. Je me sens usé, vraiment fatigué depuis un petit moment. La fatigue est physique et psychologique. Si un entraîneur a du mal à entraîner… » Lassé par des résultats décevants et une ambiance forcément pesante, l’ancien international est à un tournant.
Son départ semble acquis. Mais quand ? Avant même la fin de la saison ? A seulement six journées de la fin, tout est possible. « On va en discuter cette semaine avec les dirigeants, dit-il. Cela va se décider dans les jours qui viennent, mais je ne me sens plus les capacités à apporter ce que j'ai pu apporter pendant des années à l'équipe. C'est un constat. Ce que je ressens, je le ressentais avant, ce n'est pas nouveau et ce n'est pas lié à la défaite d'aujourd'hui (Ndlr : samedi). Le club a besoin d'évoluer, de grandir. J'ai vécu de belles choses pendant dix ans mais je suis un peu usé. » L’arrivée de Jack Isaac dans le staff au côté de Jacques Delmas n’a pas suffi à relancer Biarritz ces derniers mois. Ni même à redonner de l’allant à une équipe qui se cherche. Et des entraîneurs qui doutent. La sortie est proche. Si sa passion est intacte, Lagisquet n’a plus la force de continuer l’aventure avec le BO. Son avenir intrigue.
« Je suis toujours passionné par le rugby, j'aurais du mal à couper complètement, reprend, plus timidement, le vice-champion du monde 1987. Mais j'ai aussi une âme d'éducateur, je forme déjà des entraîneurs en Espagne où je me rends une fois par mois. Il y a plein de choses à faire qui ne sont pas liées au haut niveau. » La fin d’une époque est proche. D’ici là, Biarritz va tenter de sauver ce qui peut l’être. Cinquième avec huit points de retard sur le quatrième (ndlr : Perpignan) et avec seulement deux longueurs d’avance sur son poursuivant (ndlr : Castres qui compte un match en moins), la mission peut sembler impossible. « Il faut aider les joueurs à rebondir car on les a sentis malheureux et frustrés. Quand on voit notre incapacité à conclure contre l'USAP, cela va être très compliqué d'aller chercher tous les points. On ne va pas se voiler la face mais cela va inciter les joueurs à bien finir la saison, se libérer, se lâcher. On ne peut pas rester comme ça avec une chape de plomb sur les épaules. » Il y a seulement trois ans on ne parlait que de bout de bois. Les temps changent.
Jean-François PATURAUD

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