Rien n'est fait. A force de lâcher des points un peu partout depuis quelques semaines, Lyon fait au moins un heureux : le spectateur. Et Bordeaux. Une victoire des Girondins à Marseille, ce soir (20h55) les replacerait deux petits points derrière l'OL, à deux journées de la fin. Autant dire que la course au titre serait plus que jamais relancée. Certes, gagner au Vélodrome n'a a priori rien d'une sinécure. Surtout que l'OM, en pleine bagarre avec Nancy pour la troisième place, reste sur quatre victoires en cinq matches. Mais Lille, en allant donner la leçon aux Olympiens dans leur antre, il y a quinze jours (3-1), a prouvé qu'il n'y avait rien d'impossible. Bordeaux, qui a également remporté quatre de ses cinq derniers matches, dont ses deux derniers déplacements, devra forcément s'en inspirer.
Les étoiles de la Ligue des champions sont alors devenues un peu moins brillantes pour un OM, qui a difficilement vécu le début de match. Le Vélodrome a plusieurs fois grondé devant un jeu long sans effet, une incroyable série de déchets techniques et une incapacité à tenir le ballon. Bordeaux n'en a pas profité pour autant et il a fallu attendre la demi-heure de jeu pour qu'une occasion fleurisse enfin. La première étincelle est venue de Niang, dont la tête a échoué sur le poteau (34e). Ramé a soufflé avant de s'effondrer : trois secondes avant la pause, le portier girondin s'est troué en beauté sur une ouverture de Nasri, ce qui a permis au Sénégalais de marquer dans le but vide son « goal » le plus facile de la saison. Soirée décidément cauchemardesque pour Ramé, sorti sur blessure à la 55e minute deux minutes avant une énorme occasion gâchée de Niang, qui au final coûta cher à l'OM. Bordeaux avait déjà perdu Micoud un peu plus tôt et l'entrée de Cavenaghi s'imposait à la reprise. Mais le magicien argentin, malgré un gros abattage, n'a pas été le sauveur bordelais. Il a laissé le premier rôle Wendel, une nouvelle fois décisif sur coup franc (80e), puis au jeune Ducasse (91e). Le remplaçant de Micoud a pris sa chance de 25 mètres d'une frappe fracassante victorieuse. Un boulet de canon qui a anéanti Marseille, qui rêvait évidemment d'un meilleur scénario.
Il y a encore quelques semaines, il fallait beaucoup d'imagination pour scénariser une partie à enjeu européen entre Saint-Etienne et Lille. Les revenants au classement, meilleures équipes des sept dernières journées au coup d'envoi, ont livré dimanche un spectacle digne de leur rang retrouvé dans un chaudron écrasé de chaleur. Sans se départager malgré de nombreuses occasions, surtout stéphanoises (0-0) : le suspense reste entier pour l'obtention de la fameuse cinquième place, peut-être synonyme de ticket pour la C3*. Les Lillois auraient pu rafraîchir Geoffroy-Guichard si Mirallas n'avait pas manqué un lob sur une ouverture impeccable de Mavuba (10e). C'est ensuite Bafé Gomis qui affolait la défense nordiste mais pas Tony Silva, le gardien sénégalais repoussant des poings (17e) et d'une ferme main droite (39e) deux frappes cadrées du meilleur buteur vert. Gants bien chauds, le portier du LOSC avait aussi de la réussite sur une tentative lointaine de Payet qui frolait son poteau droit (37e) et un tir de Feindouno qui en effleurait la base extérieure (48e). Obraniak se procurait la dernière occasion franche, la reprise de volée aérienne du milieu lillois s'envolant dans la touffeur (74e). Un coup pour rien : les Verts gardent la cinquième place et le LOSC, globalement dominé, reste dans sa roue, à un point.
* La cinquième place sera qualificative pour la Coupe de l'UEFA si le PSG, vainqueur de la Coupe de la Ligue, s'impose en Coupe de France face à Sedan ou y affronte Lyon.

36e journée - BORDEAUX, JUSQU'AU BOUTagrandir la photo
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