Open de Espana - Lawrie anéantit Garrido

Eurosport - lun, 05 mai 01:53:00 2008

Parti avec cinq coups de retard sur Ignacio Garrido au matin du dernier tour, Paul Lawrie a d'abord remonté son handicap avant de battre le Madrilène devant son public, en play-off de l'Open d'Espagne. C'est la troisième victoire irlandaise consécutive sur le circuit européen.

GOLF Peter Lawrie Spanish Open winner 2008 - 0

Cela devait être le grand jour de la famille Garrido, 36 ans après la victoire d'Antonio Garrido dans l'Open d'Espagne. Dimanche, son fils Ignacio avait l'occasion de prendre le flambeau dans "le tournoi en dehors des majeurs que tout Espagnol rêve de gagner." Après le troisième tour, le Madrilène disait jouer "le meilleur golf de sa vie." Mais tout joueur, quel qu'il soit, doit faire face à une ennemie redoutable le dernier jour : la pression. Des quinze premiers au classement final de l'Open d'Espagne, Garrido est celui qui a rendu la moins bonne carte dominicale (72, Par). Cinq bogeys à l'aller : il pouvait difficilement craindre pire.

Son challenger du jour : Paul Lawrie. L'Irlandais démarrait sa partie bien avant le leader du moment et jusqu'au trou N.12, avec une carte de -1 lors du dernier tour, il ne représentait aucun danger. Mais quatre birdies sur les six trous suivants vont changer la donne. Si bien qu'au moment d'aborder le dernier trou, Ignacio Garrido a un coup de retard sur le natif de Dublin. L'Espagnol se retrouve même avec un putt de dix mètres à rentrer pour sauver le play-off. "Je croyais déjà avoir gagné le tournoi car je ne pensais pas qu'Ignacio rentrerait ce putt" témoigne Lawrie. Les deux hommes rebroussent donc chemin pour la première fois vers le départ du N.18.

Un green, trois coups de théâtre

Garrido est le premier à driver sur ce par 4 de 395 mètres dont le green est protégé par un grand obstacle d'eau. Sa balle atterrit idéalement sur le fairway, juste devant l'étang. En revanche, Lawrie se met en difficulté dans un bunker, sur la droite du fairway. Les deux joueurs trouvent néanmoins le green mais l'Irlandais est à dix mètres du drapeau tandis que son adversaire a un putt pour birdie assuré. Et comme Garrido sur ce même green, un quart d'heure auparavant, Lawrie réalise l'exploit, sa balle tombant au millimètre dans le trou. "C'est l'un des plus beaux putts de ma vie. J'avais une chance sur cent et c'est rentré. J'imagine que, de nos jours, pour gagner un tournoi de golf, vous devez avoir les louanges des greens" confie le vainqueur.

Pour la troisième fois de la journée, ils attaquent le N.18, devant un public passionné et entièrement acquis à la cause du héros local. Après un premier coup réussi pour les deux finalistes, Lawrie pitche le milieu du green. C'est au tour de Garrido. Le Madrilène frappe sa balle qui elle aussi trouve le bord du green mais un effet rétro la ramène... dans l'eau. Au grand dam des supporters massés le long du fairway. Le 243e joueur mondial n'a plus qu'à conclure en deux putts, félicité par son adversaire, très digne malgré la déception. "Je savais que si je jouais bien aujourd'hui (dimanche) j'aurais de bonnes chances de gagner. J'ai très bien joué sur la fin sans vraiment être récompensé donc peut être était-ce simplement mon tour aujourd'hui" analyse Lawrie.

Ce dernier est également satisfait de poursuivre la belle série irlandaise sur le circuit européen au cours des dernières semaines : "C'est bien d'ajouter un trophée au contingent irlandais. Damien (McGrane), mon voisin de chambre sur le circuit, a commencé en Chine, puis Darren (Clarke) a enchaîné le week-end dernier. Je suis content de poursuivre cette série après que les Français aient eu la leur récemment." Pour les Bleus, cet Open d'Espagne est à oublier rapidement. François Delamontagne (286, -2), le meilleur d'entre eux, n'est que 52e à treize coups du vainqueur. Et preuve que ce week-end est décidément à mettre sous le signe du trèfle, Michael Hoey, un autre Irlandais, s'est imposé sur le Challenge Tour (juniors) au Maroc.

Damien SIMONART / Eurosport