Roland-Garros - Wilander: "Jouer son propre jeu"

Eurosport - dim, 04 mai 11:59:00 2008

Mats Wilander répond à une première batterie de questions d'ordre général. Le sujet : la saison sur terre, ses pièges, ses stars et ses spécificités. Selon le consultant d'Eurosport, triple vainqueur à Roland-Garros, Federer doit continuer à être agressif pour défier Nadal sur son terrain.

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MATS WILANDER REPOND A VOS QUESTIONS

Comment se déroule le passage de la saison sur dur à la saison sur terre ?

M. W. : "La plupart des joueurs sont contents, car la surface est moins douloureuse pour le corps. C'est bien de venir en Europe pour préparer Roland-Garros et Wimbledon. C'est un passage assez facile."

Quels sont les aspects techniques importants pour réussir sur terre ?

M. W. : "Je pense que le mouvement et l'équilibre doivent être gérés différemment. Cela dépend des joueurs. Physiquement, il faut être un petit peu plus costaud. Il faut passer par la case gym un peu plus souvent, et courir plus souvent plutôt que de soulever des poids et faire de la musculation. Sur terre, la puissance n'est pas le facteur le plus important. Premièrement, il faut des jambes, ensuite il faut la puissance. En général, les joueurs jouent de la même façon et les changements de la surface sont moins importants que dans les années 80."

Quelle est l'erreur à éviter ?

M. W. : "Certains joueurs veulent trop en faire et jouer absolument avec un jeu de "terrien". Le grand Pete Sampras en a souffert. Il a essayé de faire ce que les autres font sur terre et, il a joué avec moins d'agressivité. Mais il n'était pas assez fort en fond de court. Je pense qu'il faut jouer son propre style, c'est comme ça que l'on plus de chances de réussir quelle que soit la surface."

Est-ce que l'on trouve plus facilement son rythme en jouant la saison sud-américaine ?

M. W. : "Tout dépend de l'origine du joueur. Pour ceux qui ont été élevés en Europe ou en Amérique du Sud, sur terre, cela ne représente aucun problème. Pour moi, cela toujours été un plaisir de jouer sur terre."

Roger Federer a ajouté un tournoi à son calendrier (Estoril), cela peut-il avoir une influence sur son jeu ?

M. W. : "Je pense que oui. Le seul danger c'est de s'habituer à la terre et de jouer avec moins d'agressivité. Plus de tournois on joue, plus on a de chances de perdre contre des spécialistes. C'est risqué mais, c'est vrai, on est mieux préparé."

En 2006 et 2007 Federer n'a perdu que face à Nadal et Volandri sur terre battue. Est-il le N.2 sur la surface ?

M. W. : "Tout à fait, sans aucun doute. L'année dernière, il se rapprochait même de Nadal."

Federer gagne plus souvent à Hambourg, qu'est-ce qui fait la différence là-bas ?

M. W. : "La terre est très lourde, les courts et les balles sont plus lourdes et ses "slices" (balles coupées, ndlr) sont plus efficaces. Le lift de ses adversaires est aussi moins fort."

Roland-Garros est-il aujourd'hui son plus grand défi ?

M. W. : "Je l'espère. J'espère que tout le brassage autour du record du nombre de Grand Chelem n'est pas aussi important pour lui. J'aurais moi-même bien échangé quelques tournois du Grand Chelem contre un Wimbledon."

Quelles sont les forces et les faiblesses de Novak Djokovic ?

M. W. : "Nous ne sommes pas encore sûrs de ses capacités physiques. Il est le joueur le plus dangereux sur toutes les surfaces. Il joue très bas, près du sol ce qui l'avantage pour Wimbledon. Sa victoire à Melbourne va le "booster" à Roland-Garros. Et il va gagner d'autres "majeurs" c'est certain, mais est-il déjà assez fort pour s'imposer à Paris ?"

Rafael Nadal est-il le joueur parfait sur terre ?

M. W. : "Tout près de la perfection. Le fait qu'il soit gaucher est un grand atout. Les autres joueurs trouvent difficile de le surprendre avec leur revers. Il est aussi compliqué de l'empêcher de jouer de nombreux coups droits."

Nadal a remporté trois titres de suite à Paris. Seul Bjorn Borg a pu réussir cela depuis 1980 (et même mieux, quatre ndlr), est-ce le record le plus important sur terre ?

M. W. : "Pas aussi important que de remporter plus de 80 matches d'affilée sur la surface en s'inclinant juste face à Federer à Hambourg l'année dernière. Être invaincu sur terre, cela a toujours été difficile. Thomas Muster, qui a dominé le circuit sur terre dans les années 90, arrivait fatigué à Roland-Garros. De jeunes joueurs, comme Michael Chang, ont pu en profiter. Souvent parce que les autres étaient fatigués."

Qui représente le plus grand danger pour Nadal ?

M. W. : "Nadal et Federer perdent plus de jeux cette saison. Mais le danger principal reste la blessure. C'est vrai, Djokovic sait qu'il peut le faire. Cela devient délicat de dominer le circuit."

Quel match retiendriez-vous, parmi ceux joués par Nadal à Paris ?

M. W. : "Ses trois victoires sur Federer. La demi-finale de 2005 était peut-être trop facile. Federer n'avait pas bien joué, mais les deux autres... Il était favori et il n'a jamais flanché. Il ne s'inquiète pas du tableau d'affichage, ni du point qui vient d'être joué. Il se préoccupe seulement d'être le meilleur lors des temps forts de chaque partie. Qui plus est, il sait qu'il peut revenir au score à n'importe quel moment et de n'importe quel score..."

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