Eurosport - mar, 04 sept 17:37:00 2007
Yakhouba Diawara, qui a su relever la tête après une première période difficile contre la Pologne, se réjouit de retrouver l'Italie. L'ailier des Denver Nuggets espère briller contre ses anciens partenaires de Bologne. Mais surtout, il se prépare à museler Marco Belinelli, le shooteur transalpin.
Sa première période dans un champion d'Europe a été difficile. Presque laborieuse. A la mi-temps, Yakhouba Diawara, qui découvre les grandes compétions en équipe nationale, affichait un terrible zéro pointé (0 sur 2 pour dix minutes de jeu) contre la Pologne. Une performance bien loin de ses prestations en préparation. Mais ensuite, il est sorti de sa boite. Dans les premières minutes du dernier quart temps, l'allier de Denver a retrouvé son jeu. Tout son tranchant pour aider ses coéquipiers. Une interception, une contre-attaque, un trois points (avec la planche s'il vous plait) et un autre panier plus tard, la France était relancée par les sept points en quatre minutes du Yak.
A la fin du match, Yakhouba Diawara s'offrait finalement une belle feuille de statistiques. Beaucoup plus digne de son été en Bleu (10 pts à 75%, 4 rebonds et 2 interceptions). Car depuis plus d'un mois, l'ancien joueur de Dijon, cantonné à un rôle défensif chez les Denver Nuggets, confirme toute l'étendue de son potentiel avec l'équipe de France. Il défend, shoote, prend des rebonds. Et démontre un culot étonnant. "L'équipe a besoin de moi en attaque, explique-t-il. Mon rôle offensif est beaucoup plus important qu'à Denver. Je sais ce qu'on attend de moi. Concl usion, en seconde période, j'ai mis le turbo pour aider l'équipe et ça a marché".
"Maintenant, l'Italie"
Malgré son rôle décisif contre la Pologne, Diawara a toutefois déjà l'esprit ailleurs quelques minutes après le match. Pour lui, cette première rencontre est déjà à conjuguer au passé. Son esprit est tourné vers le futur et un certain match... "C'était le premier match. Les premiers matches sont toujours difficiles. L'essentiel était de gagner le match. C'est fait, maintenant on se penche sur l'Italie", salive déjà le champion d'Europe juniors 2000. Car cette deuxième rencontre a une odeur particulière pour lui.
Après avoir fait ses gammes en NCAA et à Dijon, le numéro 8 des Bleus s'est en effet fait un nom en Italie. Son passage à la Fortitudo Bologne lui a permis de lancer sa carrière. Ses 11,3 points à 54,8%, 2,8 rebonds en 22 minutes de jeu puis ses performances en playoffs avaient tapé dans l'oeil de plus d'un scout US. On connait la suite (Summer League réussie puis contrat avec Denver). Malgré le peu de temps passé de l'autre côté des Alpes, Yak a donc des bons souvenirs en Italie. Une patrie qui restera toujours à part pour lui. "J'ai des anciens coéquipiers (ndrl: Stefano Mancinelli et Marco Belinelli) qui jouent en équipe d'Italie, avoue-t-il. Ils chambrent un petit peu. On va tenter de mettre la pression d'entrée pour leur montrer qu'on est bien là".
Une mission : Bloquer Belinelli
Et surtout qu'il est bien là. Car Diawara va encore avoir un rôle primordial dans cette rencontre. Claude Bergeaud compte sur lui pour stopper les shooteurs adverses. Et un certain Marco Belinelli. Son ancien partenaire s'est imposé comme l'arme numéro 1 des Italiens. Au Mondial, le shooteur transalpin avait terminé meilleur marqueur de la Squadra avec 12.8 pts du haut de ses 20 ans. Depuis, il en est devenu le patron et peut faire pencher le sort d'un match à lui tout seul. "C'est un shooteur exceptionnel, concède Diawara. J'ai joué avec lui pendant quatre mois et demi et j'ai retenu une chose sur lui: quand il est confiance, il est inarrêtable. Il vaut mieux faire faute ou défendre très dur pour l'empêcher d'avoir le ballon. Il a un talent fou. Il l'a prouvé déjà en Summer League. Ses 37 points ont mis tout le monde d'accord sur ses capacités. S'il continue à bosser, il va devenir très fort".
Après son match raté contre la Slovénie (7 pts à 0 sur 3 à trois points), Belinelli aura sûrement soif de revanche. Diawara risque d'avoir du boulot. Il devra le stopper. Ou moins le limiter. Un job à la hauteur du talent du Yak, habitué aux stars en NBA. "Un shooteur, c'est toujours difficile à arrêter, prévient-il. Il n'y a pas de recette particulière mais il faut jouer physique et il faut jouer sur lui. Mais attention, lui aussi doit défendre de l'autre côté du terrain". Une belle manière d'annoncer la couleur. Si on l'attend en défense, le Frenchie de Denver compte aussi apporter sa pierre à l'édifice en attaque. Histoire de montrer à ses anciens partenaires qu'il n'a rien perdu de son shoot...
De notre envoyé spécial à Alicante, Glenn CEILLIER (Photo BE