Euro 2007 - Toujours bon à prendre

Eurosport - mar, 04 sept 07:49:00 2007

Pour son premier match de l'Euro 2007, la France n'a pas convaincu contre la Pologne (66-74). Les Bleus, approximatifs en attaque et toujours aussi peu solides en défense, ont longtemps souffert pour se débarrasser d'une équipe polonaise pourtant faible. Pas très rassurant avant de défier l'Italie..

BASKETBALL 2007 France Joseph Gomis - 0

La Pologne a déjà remporté le match des supporters.... Et c'est déjà pas mal en perspective de l'Euro 2009, qui se déroulera chez eux. Dans toutes les rues d'Alicante, les maillots rouge et blanc fleurissaient avant le match. Les supporters polonais voulaient répéter leurs gammes. Ils ont réussi leur pari. On ne voyait presque qu'eux. Mais sur le parquet, c'est une autre histoire. Malgré l'appui de leurs fans, qui n'ont cessé de se faire entendre dans une salle qui sonnait creux, les Polonais ont subi la loi des Français. En toute logique... Car même si cette rencontre avait tout du match piège selon Claude Bergeaud, les Bleus, qui visent haut dans cette compétition (podium), n'avaient pas le droit à l'erreur contre une équipe polonaise délaissée par toutes ses jeunes starlettes (Marcin Gortat, Maciej Lampe). En s'imposant, ils ont rempli leur mission.

Mais même si l'essentiel est là au final, ce premier match laisse pourtant un goût amer. Et c'est un moindre mot. Pour son entrée en matière en Espagne, la France n'a pas séduit. Loin de là ! Les protégés de Claude Bergeaud n'ont pas montré un visage très convaincant. "On a essayé de les bloquer à trois points mais on ne pensait pas qu'ils nous domineraient autant sur les pénétrations et en un contre un", avança le sélectionneur. Sur certains points, les questions vont même s'accumuler durant 24 heures. Approximatifs en défense depuis le début de la préparation, les Bleus ont cette fois-ci péché en attaque. Face à une défense pourtant peu réputée, ils n'ont jamais réussi à prendre le match à leur compte.

Pendant les 20 premières minutes, ils se sont même cassé les dents sur la défense polonaise qui s'est pourtant seulement contentée de fermer la raquette pour stopper Tony Parker. Conclusion, le mal semble profond. Les Français n'y arrivent pas collectivement. Incapables de se démarquer, d'ouvrir des brèches, de trouver des solutions collectives, ils se contentent de réciter les systèmes. Enchainant les écrans, les passes en périphéries en oubliant d'attaquer le cercle.... Et ce n'est pas la défense qui rassure. Adam Wojcik, le pivot vétéran polonais peut en témoigner. A 37 ans, il a longtemps martyrisé la défense française. Faisant la loi dans la peinture (2m09) pour permettre à son équipe de rester un long moment dans la partie (50-54, 28e).

Yak sort de sa boite

Mais voilà, les Bleus ont désormais un bel atout dans leur manche. Paradoxalement, ils se retrouvent à vivre par les tirs primés (10 sur 23 soit 43%). Un secteur qui était leur gros point faible ses dernières années et notamment au Mondial. Dans le cinq majeur en l'absence de Florent Pietrus (ménagé en raison de douleur à la cuisse), Tariq Kirkay a donné le ton avec un premier tir derrière l'arc (3-0). Joseph Gomis, Boris Diaw, Yakhouba Diawara et même Sacha Giffa l'ont suivi. Avant que Tony Parker, muet jusqu'à la 6e minute, ne se réveille avec neuf points de suite en trois minutes pour permettre à la France de creuser l'écart (18-22, 10e). Après, la Pologne a profité des largesses défensives tricolores pour rester à distance (32-35, 20e puis 55-60, 32e). S'offrant même quelques actions spectaculaires comme un contre de Szewcyk sur Parker (29e) pour enflammer la salle.

Heureusement pour les Bleus, Adam Wojcik a baissé de rythme. Usé par l'effort, l'intérieur vétéran n'a pas tenu la distance. Les Français se sont alors mis à l'abri. Profitant de quelques contre-attaques, ils ont pris le large. Un petit peu.... Yakhouba Diawara, au début du quatrième quart temps alors que Diaw et Parker sont sur le banc, a pris ses responsabilités pour redonner un peu de marge aux Bleus (57-65, 36e). Ensuite, les Tricolores ont géré leur avance en fermant la raquette. Sans toutefois convaincre, toujours aussi empêtrés dans la défense polonaise...

Au moins, les Bleus auront entamé, pour la première fois sous l'ère-Bergeaud, une campagne officielle sur une victoire. Mais, les supporters français, qui voulaient être séduits par le jeu tricolore, n'ont pas été gâtés. Il n'y a plus qu'à espérer que la montée en puissance tant attendue par le staff des Bleus arrive vite. Car l'Italie se profile. Une rencontre décisive pour la première place du groupe D. Et donc pour la suite de la compétition. Un match qui promet déjà un beau duel de shooteurs...

FRANCE - POLOGNE 74-66

(22-18, 13-14, 25-21, 14-13)

France: 27 paniers (dont 11 sur 26 à trois points) sur 65 tirs (42%) - 9 LF sur 14 tentés - 32 rebonds (Diaw, Kirksay, Diawara, Parker et Gomis 4) - 14 passes décisives (Gomis et Parker 4) - 7 balles perdues - 18 fautes personnelles - Joueur sorti: Turiaf (39e)

Marqueurs: Gomis (9), P. Badiane (2), Giffa (3), Sangare (0), Diawara (10), Parker (16), Ferchaud (3), Kirksay (12), Diaw (10), Turiaf (7), Weis (2)

Pologne: 26 paniers (dont 4 sur 19 à trois points) sur 55 tirs (47%) - 10 LF sur 17 tentés - 36 rebonds (Dylewicz 8) - 9 passes décisives (Dylewicz 4) - 15 balles perdues - 19 fautes personnelles

Marqueurs: Woloszyn (3), Pluta (6), Skibniewski (0), Witka (0), Dylewicz (8), Wojcik (19), Szewczyk (12), Kitzinger (7), Frasunkiewicz (6), Koszarek (5)

De notre envoyé spécial à Alicante, Glenn CEILLIER (Photo BE