Venus et Serena Williams s'affrontaient sur le court Arthur Ashe. En finale ? Non. En demies alors ? Non plus : en quarts. Et c'est peut-être le gros regret de ce tirage au sort. A la vue de leurs précédents matches et surtout de ce dernier qui s'est révélé éblouissant tant dans le scénario que dans les échanges joués à grande vitesse, la perdante du jour aurait certainement pu aller au bout. Mais avec des si...
Venus Williams a mené 6-4 dans le jeu décisif du premier set et 5-3 40-0 dans le deuxième set. Elle s'est donc imposée ? Non, elle s'est inclinée 7-6[6), 7-6[7] et a donc vu sa petite soeur Serena décrocher son billet pour les demi-finales. Pour achever le tableau de la désillusion de l'aînée des Williams, on peut ajouter qu'elle menait 5-3 dans la première manche et 5-2 dans la deuxième et qu'elle a même semé une autre balle de set en route à 6-5 dans la deuxième manche et quatre balles de set dans le dernier tie-break ! A chaque fois impeccable, Venus se montrait la plus offensive, appuyant de très grosses premières pour enchaîner le plus souvent par un coup droit gagnant. La quintuple vainqueur de Wimbledon se ruait également au filet à la moindre occasion et finissait le plus souvent par pousser Serena à la faute. La qualité de couverture de terrain de Venus, titrée ici en 2000 et 2001, faisait alors la différence face à une Serena qui ne parvenait pas à se régler.
Et c'est au moment de conclure qu'à chaque fois Venus a perdu ses moyens. Sur un excellent jeu de retour de Serena dans la première manche pour arriver au tie-break puis sur deux fautes pour laisser filer les deux balles de set. Idem dans le second set quand, servant à 5-3, 40-0, l'aînée des Williams allait tellement se crisper que plus un seul de ses coups n'allait finir dans le court. En face, la cadette a parfaitement joué le coup. Retrouvant comme par magie son service et sa régularité en fond de court pour mettre la pression, lâchant des retours hallucinants ou trouvant de superbes angles en revers. Certes, mais l'impression générale de cette rencontre restera la détresse de Venus Williams, se demandant comment elle avait pu laisser passer une rencontre qui lui tendait les bras. A l'image de la fin du match où elle mène 6-3 dans le jeu décisif puis 6-5 et envoie un smash tout fait mourir à quelques centimètres de la ligne ou encore ce coup droit le long de la ligne, tellement efficace aujourd'hui, mais qui vient s'écroler dans le couloir. Les yeux fermés ou la tête dans les mains selon le moment, Venus Williams a été noyée par ses émotions, comme rarement depuis longtemps. Serena, elle, a de nouveau prouvé quel mental exceptionnel elle possédait, ne doutant jamais de pouvoir revenir dans une rencontre, même dominée et même face à sa grande soeur. Elle s'est battue sur chaque frappe de balle sur des défenses de haut vol. Elle a ainsi pris sa revanche de la finale perdue de Wimbledon et garde une chance de remporter un troisième US Open après les titres décrochés en 1999 et 2002.
Safina en roue libre
Elle retrouvera désormais sur sa route la Russe Dinara Safina (n°6), qui n'a pas raté sa chance contre l'Italienne Flavia Pennetta (n°16). Face à une joueuse qu'elle avait déjà dominée quatre fois sur quatre, la seule interrogation résidait dans l'état physique de la Russe, qui avait avoué être épuisée en huitièmes de finale. Manifestement, ce coup de moins bien logique pour une joueuse qui a enchaîné un titre à Los Angeles, un autre à Montréal et une finale aux Jeux de Pékin, a été résorbé avec une bonne journée de repos. Offensive d'entrée, elle a rapidement pris l'avantage (3-0) tant sa puissance de feu et sa cadence en fond de court sont supérieures aux capacités de l'Italienne, qui disputait son premier quart en Grand Chelem. Le service en place, le coup droit lifté très lourd comme à ses belles heures de finaliste de Roland-Garros, Safina était en total contrôle. Très sereine, elle a, en revanche, parfois joué avec le feu en tentant une tactique de ruée à la volée dont elle n'a pas l'habitude. Très bonne joueuse de double, il était risqué de changer ses habitudes en simple pour un quart en Grand Chelem. La volonté de s'économiser a sans doute pesé.
Safina n'aura connu qu'une frayeur lors de ce match en perdant son service à 1-1 dans le deuxième set. La concentration envolée a été récupérée dans la foulée (5-3). La petite soeur de Marat est ainsi en demi-finales, pour la première fois ici, et se rapproche un peu plus de la place de n°1 mondiale. Pour ça, elle devra déjà passer en finale et donc battre Serena Williams. Elle devra aussi espérer que sa compatriote Elena Dementieva batte Jelena Jankovic en demies, puisque si la Serbe s'impose c'est elle qui serait la nouvelle reine du circuit. « C'est génial, je me rapproche de ce que mon frère a fait ici (Marat avait été titré en 2000) alors j'espère bien qu'un jour je pourrais gagner les mêmes titres que lui .



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