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US OPEN - HOMMES - QUARTS DE FINALE -

jeu 04 sep, 08h33


Rafael Nadal , comme en huitièmes de finale, s'est fait peur mais est passé quand même. Pas forcément en jouant son meilleur tennis, mais en se battant sur chaque point contre Mardy Fish (3-6, 6-1, 6-4, 6-2). Ce dernier, pendant un set, a juste été injouable pour un n°1 mondial cueilli à froid et incapable de s'organiser. Pris par surprise par une pluie d'aces ou de services gagnants ou encore de missiles de coup droit et, si ça ne suffisait pas, de volées très bien touchées. Seulement l'état de grâce n'a pas duré. Tout d'abord parce que la machine à servir s'est grippée tout autant que sa main au filet et que c'est tout le jeu de Fish qui s'est alors effondré, soudain transpercé par les passings d'un Nadal enfin entré dans le match. Il y est véritablement entré en enchaînant, pour le break de 2-0, un lob gagnant et un passing ponctués des premiers Vamos. Regard noir et poing serré, le Rafa des grands jours était prête à rugir de nouveau tant l'orgueil en avait pris un coup et réclamait vengeance (6-1). La tâche aurait peut-être été plus simple s'il avait abandonné plus tôt cette stratégie étrange de jouer plein champ sur le coup droit de Fish, son meilleur coup. Certes, l'Américain a raté de ce côté là mais il a bien plus martyriser la défense de l'Espagnol que commis de fautes alors...

Un petit manque de lucidité qui avait déjà failli lui coûter très cher contre Sam Querrey. Sur ces deux matches, force est de constater que Nadal a, logiquement, bien plus de mal avec les gros serveurs capables de suivre à la volée que contre tous les grands cogneurs de fond de court qu'il finit de toute manière par user. Et encore une fois, il a su sortir ses meilleurs coups dos au mur, comme ces passings qui ont retrouvé leur précision sur les balles de break, et surtout retrouver une longueur de balle salvatrice (6-4). Il a aussi pu compter sur les fusibles de Mardy Fish qui ont complètement grillé après la perte du troisième set. L'Américain, une fois sa raquette brisée, a même entrepris de se taper la tête avec son poing, écoeuré qu'il était de toutes ces fautes qui encombraient soudain son jeu et surtout de ce diable de Nadal qui était en train de lui jouer un tour dont il a le secret. Le public du Arthur Ashe pouvait bien pousser derrière l'enfant du pays, le Majorquin, lui, regardait droit devant lui ou vers son clan, parfaitement concentré vers cette première demi-finale à l'US Open. Encore une fois, le n°1 mondial n'est peut-être pas à son meilleur mais il est bien décidé à vendre chèrement sa peau et si son tennis connaît quelques pannes, sa rage de vaincre reste intacte. Andy Murray , qui sera le prochain sur sa route, est prévenu.

Murray gagne son combat

Ce dernier a, lui, dû livrer une lutte terrible pour se qualifier. Opposé à Juan Martin Del Potro, il a de nouveau laissé des forces dans la bataille, ce qui pourrait lui coûter cher face à Nadal. On avait en effet promis aux spectateursun match spectaculaire entre l'Ecossais de 21 ans et l'Argentin de 19 ans, qui, en plus, n'avaient pas caché qu'ils n'étaient pas les meilleurs amis du monde depuis une vive altercation à Rome cette saison. Tout était donc réuni pour un match sous haute tension. Et ce fut le cas avec en prime un scénario palpitant entre deux joueurs au style de jeu opposé, entre le cogneur argentin et le stratège écossais. Del Potro, 23 victoire d'affilée au compteur et quatre titres, sans oublier quelques matches marathon ici contre Canas ou Simon, a accusé le coup physiquement mais il a fallu toute la science du jeu de Murray pour contrer ce monstre de volonté et de puissance.

Del Potro a souffert sous le slice de revers intelligemment distribué par Murray, qui avait appliqué la tactique gagnante dès le début : ne pas donner de rythme au mitrailleur en attendant l'occasion pour placer une accélération ou une montée au filet. Impeccable, Murray s'est détaché (4-1) avant de subir un passage à vide au service et le retour de Del Potro (4-4). L'Argentin a étalé jusqu'au tie-break ce qui fait qu'il est devenu une des terreurs du circuit : un service aussi surpruissant que le coup droit, un revers tout autant efficace et le sens du jeu vers l'avant. Saoulé de coups, étouffé, Murray a bien failli y perdre ses nerfs. Malheureusement pour Del Potro, le flegme de l'Ecossais est revenu dans le jeu décisif (7-6[2]). Le scénario de la première manche allait se répéter dans la suivante. Seule variante : un triple appel au kiné pour Del Potro touché au genou gauche. Mais, bien que moins vif sur ses appuis, il restait tout de même au contact de Murray. Ce joueur au style atypique qui semble caresser la balle pour la faire avancer sans effort tout en en faisant exactement ce qu'il veut (7-6[1]). Un break (6-5) perdu dans la foulée n'allait pas empêcher Murray de parfaitement négocier un deuxième jeu décisif. Un Murray qui semblait s'envoler (3-1) dans le troisième set. Mais le combat ne faisait en fait que commencer...

Revenant d'on ne sait où, Del Potro a jeté ses dernières forces dans la bataille, jouant le tout pour le tout. Ce dernier a alors été rattrapé par la fatigue et la frustration (4-6, 0-2). Enervé, gesticulant vers son camp, l'Ecossais est tout de même parvenu à se reprendre une première fois (2-2), puis une deuxième en refaisant un second break de retard (4-4). Les deux joueurs ne tiennent quasiment plus debout. Del Potro grimace, tandis que Murray, bien pâle, a le jeu de jambes qui démissionne. C'est pourtant lui, le vainqueur de Cincinnati, qui a serré les dents pour arracher (7-5) le dernier jeu. Sur la deuxième balle de match, une dernière frappe dans le couloir de Del Potro envoie Murray au paradis et à la 4e place mondiale. Sous une ovation, les deux joueurs se sont par ailleurs réconciliés dans une franche accolade. Un match aussi fort ne pouvait pas se terminer par de l'indifférence. Même s'il est toujours risqué de se prononcer sur l'avenir des joueurs, on peut tout de même envisager que ces deux garçons sont destinés à jouer désormais très souvent les premiers rôles. Après un spectacle pareil, ils ne seront pas nombreux à s'en plaindre.

 

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