« Le Dakar est sonné mais le Dakar est debout », a affirmé vendredi Etienne Lavigne (Photo L'Equipe) , le patron de l'épreuve, après l'annonce de l'annulation de l'édition 2008, des propos qui complètent ceux du communiqué officiel qu'il venait de lire aux concurrents et qui affirmaient que « rien ne peut détruire les symboles ». « C'est une terrible nouvelle. Je veux remercier tous les les participants. Vous êtes la légende du Dakar. Vous en avez fait l'histoire. Et l'histoire n'est pas terminée », a-t-il poursuivi. Pour justifier cette annulation, Etienne Lavigne a mis en avant « la raison d'Etat, raison invoquée par l'Etat français. La Raison d'Etat ça ne s'explique pas et ça ne se commente pas. Malheureusement, je n'en sais pas plus. Le climat créé par le double événement (assassinat de Français et de militaires mauritaniens) a créé toutes les conditions qui ont sans doute laissé penser au gouvernement français qu'il est impossible d'aller en Mauritanie ou ailleurs d'ailleurs ».
Le son de cloche est différent du côté du Secrétaire d'Etat aux sports, Bernard Laporte : « c'est une décision qui appartient aux organisateurs. Je les trouve très courageux, ce n'est pas facile à deux jours du démarrage de l'épreuve de tout annuler .» Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner , est sur la même longueur d'ondes : «je crois que les organisateurs ont fait le choix de la sécurité et je salue leur courage. Je sais que prendre une telle décision n'était pas facile» , a déclaré le chef de la diplomatie française sur France Info . Bernard Kouchner a assuré que les autorités françaises, qui avaient mis en garde publiquement contre les menaces pesant sur le rallye, n'avaient pas «imposé» l'annulation du Dakar 2008. «Nous n'avons rien imposé et ils (les organisateurs) ont été assez sages pour prendre cette décision» , a souligné le ministre.
Une annulation mal perçue
Si la France se félicite plutôt de la décision d'annuler le Dakar, la Mauritanie a fait savoir son mécontentement, par la voix de son ministre du tourisme et de l'artisanat, Ba Madine . «Quand il y a une menace terroriste, le meilleur moyen de faire face au terrorisme, c'est effectivement d'y faire face. Faire face, c'est la meilleure manière de ne pas tolérer le terrorisme. Mon pays avait décidé de faire face en mettant un oeuvre un dispositif exceptionnel» , a assuré le ministre lors d'une conférence de presse à Lisbonne. «Nous exprimons de la déception, beaucoup de tristesse mais aussi beaucoup d'incompréhension (...). Le gouvernement mauritanien avait déployé des moyens exceptionnels pour assurer la sécurité» , a indiqué Ba Madine, évoquant un dispositif de «2000 militaires et 2000 hommes en civil (...) mais aussi des hélicoptères et des avions» .
Outre ces déclarations, Etienne Lavigne doit également composer avec les commentaires de son prédécesseur à la tête de l'épreuve, Hubert Auriol , qui a réagi immédiatement à cette décision en faisant part de sa « surprise qu'ils annulent de but en blanc sans chercher une solution, quitte à alléger le parcours. Un certain nombre d'étapes pouvait avoir lieu (...) Je suis surpris qu'il n'y ait pas de plan B avec une modification de l'itinéraire ». Rejoignant les propos d'Etienne Lavigne, Joao Lagos , responsable de la partie portugaise de l'organisation, a indiqué que les menaces portaient sur l'ensemble de l'épreuve et pas seulement sur les huit étapes mauritaniennes. «Nous avons appris hier soir (jeudi) que les menaces ne se limitaient pas seulement à la Mauritanie, mais concernaient le rallye dans son ensemble. A partir de ce moment-là, toute alternative (à l'annulation) était devenue impossible» , a indiqué Lagos. (Avec AFP)

