MARSEILLE (AFP) - La nomination mardi d'Antoine Veyrat à la direction générale de l'Olympique de Marseille (L1) confirme la volonté de son actionnaire principal Robert Louis-Dreyfus de retrouver une cohésion et un climat apaisé à la tête du club, toujours en vente.
L'information selon laquelle un haut dirigeant issu du sérail du groupe contrôlé par "RLD" allait être nommé directeur général de l'OM circulait depuis début janvier. Elle a été confirmée à l'issue d'une réunion du conseil de surveillance du club mardi après-midi à Paris, qui a entériné le choix d'Antoine Veyrat.
Celui-ci était jusqu'à présent directeur général de la société de télécommunications LD Collectivités, filiale de Neuf Cegetel, dont le groupe Louis Dreyfus détenait 30% jusqu'à un accord passé avec SFR en décembre pour le rachat de ses parts.
Antoine Veyrat, 44 ans, est le frère de Jacques Veyrat, directeur général du groupe LD et très proche de "RLD".
Veyrat remplace Thierry de La Brosse, qui avait présenté sa démission lors du dernier conseil de surveillance le 11 janvier et dont les prises de position récentes, notamment sur le dossier du FAP (Football avenir professionnel, association créée par le président de Lyon Jean-Michel Aulas pour défendre les intérêts de grands clubs) avaient passablement irrité l'actionnaire principal de l'OM.
Les rapports exécrables au sein du directoire entre De La Brosse et le président de l'OM Pape Diouf nuisaient également à la bonne conduite du club et produisait un désastreux effet d'image. Tout comme les mauvaises relations entre Diouf et l'ancien président du conseil de surveillance, Mehdi el Glaoui, proche de De La Brosse, sur fond de polémique médiatique.
Toujours à vendre
Le 11 janvier, "RLD" avait déjà rétabli un contrôle plus ferme sur le conseil de surveillance avec la nomination de l'un de ses proches, Vincent Labrune, en remplacement d'el Glaoui, démissionnaire. Il parachève mardi cette "volonté de cohésion", selon une source proche du conseil de surveillance avec la promotion de Veyrat.
Ces décisions interviennent alors que le club est toujours à vendre.
Un an après l'épisode rocambolesque de la reprise avortée par l'homme d'affaires canadien Jack Kachkar, qui fait l'objet aujourd'hui de poursuites judiciaires, la volonté de Louis-Dreyfus n'a pas changé sur le sujet. Mais "RLD" n'a semble-t-il à ce jour trouvé aucun acquéreur prêt à mettre sur la table les quelque 100 millions d'euros réclamés, pour un club dans lequel il a lui-même investi environ 200 millions d'euros depuis 1997.
Régulièrement évoqué comme partie prenante d'un projet de reprise, l'ex-président délégué du club, Jean-Michel Roussier, a d'ailleurs vivement rejeté mardi les rumeurs "totalement infondées" d'un prochain retour aux affaires.
En l'absence d'un repreneur, deux hypothèses s'offrent alors à "RLD". Soit un statu quo de fait, dans la continuité, mais avec un contrôle mieux établi suite à ces nominations. Soit une entrée en bourse à terme, avec mise sur le marché de tout ou partie du capital comme l'a fait Lyon en février 2007 en plaçant 30% de son capital auprès du public. "RLD" n'a jamais caché son intérêt pour une telle opération, désormais possible en France, mais qui s'avère cependant complexe à préparer et mener à bien.

AFP/Michel Gangneagrandir la photo
