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Allemagne: le plus dur commence pour le Bayern Munich

lun 05 mai, 10h30


BERLIN (AFP) - Si le Bayern Munich a réalisé une saison parfaite en remportant ses trois compétitions nationales, le géant bavarois entre dans la phase la plus délicate de son opération "reconstruction", celle qui doit lui permettre, avec un entraîneur inexpérimenté, de redevenir un grand d'Europe.

La Coupe de la Ligue en juillet, la Coupe d'Allemagne en avril et, depuis dimanche, le titre de champion, les Bavarois n'ont laissé aucune miette à la concurrence sur le plan national.

Malgré la déroute jeudi à Saint-Pétersbourg (4-0) en demi-finale de la Coupe de l'UEFA, les dirigeants du club le plus titré du football allemand, croient même avoir frappé les esprits au-delà des frontières allemandes.

"Avec notre politique de transferts, on a suscité beaucoup d'attention et maintenant on peut revenir sur le devant de la scène la tête haute", trompette Karl-Heinz Rummenigge, le président du Bayern.

Accordé, le Bayern a fait oublier son piteux exercice 2006-07 où il n'avait remporté aucun trophée et s'était classé 4e de son championnat, son plus mauvais résultat depuis 1995, synonyme de non-qualification pour la Ligue des champions.

Accordé, le Bayern a montré sa puissance financière avec 70 millions d'euros dépensés l'été dernier.

Accordé, les dirigeants bavarois ont eu le nez creux en recrutant Franck Ribéry, coqueluche du public bavarois, et Luca Toni (36 buts en 44 matches cette saison).

Mais après une saison où il a pu se reconstruire relativement tranquillement, avec le concours de Brême, Schalke 04 et Hambourg qui lui ont laissé le champ libre en championnat, le "Rekordmeister" va être attendu au tournant.

Et ce, dès l'entrée en fonction de Jürgen Klinsmann début juillet. Lorsqu'il était joueur notamment au Bayern entre 1995 et 1997, puis sélectionneur de l'équipe d'Allemagne (2004-06), "Klinsi" n'a jamais laissé personne indifférent et a souvent dérangé.

Aucune raison qu'il change à la tête du club le plus puissant et le plus observé de Bundesliga. La presse fourbit déjà ses armes avant l'arrivée du "moins allemand des Allemands" qui n'a aucune expérience d'entraîneur de club et qui arrive avec "ses" hommes, dont un adjoint mexicain et un superviseur américain, et "ses" idées.

"Jürgen est un modernisateur, un innovateur et c'est précisément ce nous attendons de lui", balaye Rummenigge, avec appétit.

Avec Klinsmann, le Bayern veut retrouver le standing européen qu'il avait jusqu'en 2001, date de sa victoire en Ligue des champions, et qu'il a perdu au détriment des Chelsea, Manchester United, Liverpool et autre Barcelone.

Le nouvel entraîneur ne devrait pas chambouler son effectif et se contentera de l'arrivée d'un gardien de but expérimenté, doublure du jeune Michael Rensing, d'un milieu en plus de l'international allemand Tim Borowski, en provenance de Brême, et d'un attaquant, mais aucun transfert du calibre (et du coût) d'un Ribéry.

En revanche, il veut changer avec son style façonné aux Etats-Unis les habitudes de l'ogre bavarois, au risque de s'aliéner les supporteurs déjà inquiets de voir partir à la retraite deux garants de l'identité de leur club, l'emblématique gardien Oliver Kahn et l'entraîneur des portiers Sepp Maier.

Ottmar Hitzfeld, fatigué de la pression permanente autour du club bavarois, lui laisse un cadeau empoisonné avec trois titres à défendre et des aspirations européennes non-satisfaites.

"Il ne faudrait pas croire qu'on va redevenir tout de suite un prétendant à la victoire en Ligue des champions", commence déjà à prévenir Rummenigge.