Eurosport - lun, 05 mai 13:18:00 2008
Mené à la pause, Bordeaux s'est imposé à Marseille (1-2) au prix d'une superbe seconde période. Grâce à deux réalisations magnifiques de Wendel et Pierre Ducasse, les Girondins reviennent à deux points de Lyon à deux journées de la fin. Marseille perd la troisième place.
MARSEILLE - BORDEAUX : 1-2
Buts : Niang (45+1) pour Marseille - Wendel (81e) et Ducasse (90e) pour Bordeaux.
Qui a dit qu'il n'y avait que la course pour le maintien qui était passionnante dans ce championnat 2007/2008 ? Qui a dit également que le titre de champion de France, malgré la ténacité de Bordeaux, serait finalement promis à Lyon ? Celui ou celle, voire ceux, tous ceux qui ont partagé ces différents points de vue, forts justifiables en cours d'exercice, peuvent désormais revoir leur copie. Surtout depuis un certain 4 mai 2008. Aux alentours de 22h50. L'heure et le moment choisi par Bordeaux pour renverser la vapeur en Ligue 1. Victorieux sur la pelouse de l'OM (1-2), les Girondins n'ont pas seulement bousculé la loterie des places européennes. Ils ont surtout rappelé aux Lyonnais que c'est, finalement, à force de se cacher qu'on avance le plus sereinement possible.
Désormais, deux points séparent l'OL de Bordeaux. Deux points à deux journées de la fin, autant dire qu'il ne faudra pas être cardiaque lors des deux prochaines semaines. D'ailleurs, au vu du scénario proposé par les vingt-deux acteurs engagés sur le pré du Vélodrome dimanche soir, il ne fallait déjà pas avoir de faiblesse à ce niveau-là pour profiter du spectacle proposé. Longtemps discret, ce dernier, passé la première demi-heure de la partie, n'a pas tardé à éclabousser le match de clôture de cette 36e journée de Ligue 1. Niang, l'homme fort de l'OM, voit le poteau repousser une de ses banderilles dans la surface. Ramé, battu, peut souffler (34e) et souffle peut-être même trop d'ailleurs. Irréprochable jusque-là, le portier girondin se troue complètement sur une ouverture en profondeur convoitée et transformée avec sérénité par Niang (45+1, 1-0).
L'OM craque au finish
Premier coup de théâtre dans cette partie, paradoxalement dominée balle au pied par les Girondins, mieux négociée offensivement par les Marseillais, bien plus vifs et généreux dans l'effort dans les vingt derniers mètres adverses. Mais le contre, clairement privilégié par les hommes d'Eric Gerets, a vite trouvé ses limites. Surtout après un coaching intelligent de Laurent Blanc, conscient de ses mauvais choix initiaux et obligé de repenser son milieu de terrain après la blessure de Micoud (35e). Cavenaghi quitte logiquement le banc de touche, Obertan, aux dépens d'Alonso, retrouve son flanc droit (46e). Dès lors, il n'est pas infâmant ni exagéré de dire que le match bascule dans une toute autre phase. Marseille, conscient de ses lacunes dans le jeu, ne parvient plus à accélérer et à porter le danger dans le camp adverse. Taiwo, impressionnant durant moins d'une heure de jeu, peine à voir le vent du boulet souffler dans son dos. Une aubaine pour Obertan, remis à sa (vraie) place et enfin libre de tout mouvement.
La frappe de Niang en tout début de seconde période n'aura donc été qu'un leurre (47e). Le tir surpuissant de Taiwo (51e) un simple rappel à l'ordre des possibilités phocéennes. Mais pas un exemple de leur mise en application. Alors que les deux formations se rendent coup pour coup dans le money-time, c'est Bordeaux qui se détache nettement. Plus d'impact physique. Plus d'envie et de hargne peut-être. Plus de métier assurément. En effet, c'est ce dernier élément qui permet à Wendel de ne pas trembler sur coup franc, une des rares opportunités pour le gaucher brésilien de se mettre en évidence (81e, 1-1). L'OM, pourtant prévenu au préalable par Cavenaghi (62e, 66e), ne parvient plus à répondre. Henrique manque même de mettre définitivement le camp phocéen sous l'éteignoir (82e)... Mais non.
Le Brésilien laisse cet honneur au jeune Ducasse, trois buts désormais dans sa carrière en Ligue 1 et auteur d'une frappe majestueuse au sortir d'une action collective menée de main de maître par les Bordelais (90e, 1-2). Aux dépens de Givet, coupable sur le deuxième but adverse et qui voit la troisième place filer vers la Lorraine et les crampons nancéiens. Au grand soulagement de Ramé, honteux et vite remplacé en cours de partie. Le portier bordelais peut se rassurer. Sa cagade, tout comme la sortie prématurée de Micoud, n'a pas coupé l'élan d'une formation de plus en plus proche du sommet. Mais chut... Laurent Blanc et ses petits protégés ne veulent pas entendre parler du titre. Comme quoi, on ne le dira jamais assez : pour vivre heureux, vivons cachés.
LA DÉCLA : Laurent Blanc (entraîneur de Bordeaux)
"Marseille a été moins bon que prévu. Nous, on a manqué d'efficacité avec des erreurs techniques en première mi-temps. En deuxième, c'était mieux. Comme j'ai expliqué aux attaquants, ils étaient parfois plus préoccupés par le replacement défensif, que par leur tâche d'attaquants. Je leur ai dit de se lâcher un peu plus. On avait pris un but casquette en première mi-temps. Mais tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir."
Alix DULAC / Eurosport