Eurosport - dim, 05 juil 07:20:00 2009
Fabian Cancellara (Saxo Bank) est le Superman du chrono. Sans rival, le Suisse a survolé le contre-la-montre inaugural du Tour de France 2009. Sur les 15,5 kilomètres du tracé monégasque, il s'est imposé avec 18 secondes d'avance sur un excellent Alberto Contador (Astana), l'autre vainqueur du jour.
Dès lors qu'il s'agit de rouler seul contre le temps, Fabian Cancellara est un extra-terrestre. On le dit suisse, mais il doit venir d'une autre planète. La planète Chrono. Pour la troisième fois de sa carrière, après 2004 (à Liège) et 2007 (à Londres), il s'est offert le premier maillot jaune du Tour de France. Favori du contre-la-montre monégasque, le protégé de Bjarne Riis n'a pas déçu. Dans la foulée de sa probante victoire le mois dernier, chez lui, sur le Tour de Suisse, Cancellara a cassé la baraque en Principauté, reléguant son dauphin au classement, Alberto Contador, à 18 secondes. Voilà donc la confirmation que le début de saison difficile du Bernois, alors miné par des soucis physiques et personnels, est bien derrière lui.
Le parcours princier n'était pourtant pas rectiligne pour le pur rouleur qu'est Fabian Cancellara, la première moitié du profil étant accidenté, jusqu'en haut de la côte de Beausoleil, répertoriée en 4e catégorie. En haut de celle-ci, il pointait déjà au troisième rang. Seuls Alberto Contador et l'Allemand Tony Martin (Columbia) le devançaient d'une poignée de secondes. Autant dire que le plus dur était fait avant la descente et le plat final. Là, sur son territoire, Cancellara a lâché les chevaux pour déployer l'invraisemblable puissance qui est la sienne dans pareilles circonstances. Personne ne pouvait dès lors le priver du maillot jaune. Personne, pas même Contador.
Menchov prend un bouillon
Pourtant, le Madrilène fait presque office de vainqueur lui aussi. Pour l'étape, on l'a vu, Cancellara était hors-concours. Mais Contador a dominé l'autre match, celui qui mettait aux prises tous les candidats à la victoire finale dans ce Tour de France. Le message est clair pour ses rivaux. Tous ses rivaux. Dans son équipe comme en dehors. Le patron, jusqu'à preuve du contraire, c'est lui. Meilleur temps au sommet de la côte, il n'a certes pas pu rivaliser avec la bombe humaine de Saxo Bank pour le gain de l'étape. Mais tous les autres sont derrière. Le voilà déjà nanti d'un matelas sur la concurrence. Une marge parfois ténue, certes, comme sur Cadel Evans (5 secondes), Levi Leipheimer (12), Roman Kreuziger (14) ou Lance Armstrong (22), aussi convaincant que décontracté pour son grand retour. Toujours ça de pris, cependant. Il n'y a jamais de petit profit sur le Tour de France.
Sur d'autres, en revanche, Contador a creusé un véritable gouffre. Le débours est encore acceptable pour Andy Schleck, qui concède 42 secondes au Castillan. Carlos Sastre, le tenant du titre, est à la limite. 21e du chrono à 1'06" de Cancellara, Sastre doit être satisfait de sa place. Il l'est sans doute moins des 48 secondes qui le séparent déjà de son prédécesseur au palmarès. Même si ce Tour s'annonce très long avec sa terrible troisième semaine, et si Sastre est habitué à démarrer façon diesel, c'est déjà beaucoup. Mais que dire de Denis Menchov? Le Russe a pris un véritable éclat. Largué dès les premiers hectomètres, il termine à une 53e place indigne de son double statut de vainqueur du Giro et de prétendant au maillot jaune. Relégué à 1'13" de Contador, il a déjà compromis une partie de ses chances. Parmi les candidats au classement général, seul Frank Schleck (67e à 1'36" de Cancellara et 1'18" de Contador) et Luis Leon Sanchez (89e !) ont fait pire.
En dehors de ces quelques couacs majeurs, ce premier rendez-vous a finalement été conforme aux attentes. Cancellara premier maillot jaune et Contador plus que jamais installé dans la peau du favori, rien d'étonnant. Tout aussi logique est la performance d'ensemble des coureurs français. Un peu courts pour jouer les premiers rôles, ils réussissent un tri groupé intéressant en seconde rideau. Jérôme Coppel, le meilleur d'entre eux, apparait en 15e position, juste devant Sylvain Chavanel, dont on attendait un poil mieux, et Rémi Pauriol (20e). On a également eu la confirmation de la force de frappe de l'équipe Astana, qui place quatre de ses hommes (Contador, Kloeden, Leipheimer et Armstrong). Plus encore qu'à une armée mexicaine, cette équipe s'apparente à l'armée... monégasque. Que des officiers, pas de fantassins. Pour ce chrono en Principauté, c'est de circonstance. Toutefois, samedi, il n'était pas question d'unité, mais de tout donner chacun dans son coin. Le contexte idéal pour permettre aux multiples individualités ciel et jaune de briller. Ce fut le cas. Ce qui n'empêche pas de douter de la faculté de ces messieurs à la jouer collectif le moment venu.
Commentaires 1 - 3 de 43
Cancellara me fait penser aux veaux aux hormones! Enfin bref bravo et en avant les chaudières!
Excellent papier !! Merci
Faut remettre le maillot jaune tout de suite au ricain comme cela on sera tranquille.
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