Mondiaux Osaka - Keita : "J'ai fait une connerie"

Eurosport - mer, 05 sept 19:08:00 2007

Le coureur de 400 mètres haies français, Naman Keita, contrôlé positif à la testostérone lors des Mondiaux d'Osaka, admet avoir "fait une grosse connerie". La prise d'un complément alimentaire serait à l'origine de ce contrôle positif.

ATHLETICS KEITA NAMAN GOTEBORG - 0

Comment expliquez-vous ce contrôle positif?

Naman Keita : "J'ai eu un mois de juillet catastrophique en termes de performances et après les Championnats de France, je me suis fait un peu mal aux abdos. On m'a conseillé un complément alimentaire pour aider à régénérer le muscle et je l'ai commandé sur internet. La première chose que j'ai faite, c'est de lire la notice, mais pour moi, il n'y avait rien d'interdit. Aujourd'hui, je suis allé voir mon entraîneur qui est médecin et il m'a dit "pourquoi tu ne me l'as pas montré"? Lui m'a dit que le problème c'est que ce qu'il voit, lui, moi je ne peux pas le voir car je ne suis pas médecin. Ce n'est pas écrit dessus, testostérone, mais il y avait sûrement un de ses précurseurs qui a perturbé tout mon organisme. Comme déjà, à la base, j'ai un taux de testostérone élevé, ça n'a pas dû arranger les choses non plus."

Qui vous l'a recommandé?

N. M. : "Ni mon entraîneur, ni mon agent, ni quelqu'un de la Fédération (française, FFA). La connerie, je l'ai faite moi-même. Ce n'est personne d'autre. C'est un athlète souvent blessé qui me disait qu'il prenait ce produit et que ça l'aidait à récupérer plus vite. C'est la première fois que je fais ça."

Pourquoi n'avez-vous pas demandé l'avis de votre entraîneur, Hervé Stéphan, ou d'un médecin?

N. M. : "A cette période-là, je me suis assez renfermé sur moi-même. J'étais un peu perdu. Je ne savais pas si j'allais faire les Mondiaux ou pas. Je ne voulais parler à personne. J'étais en plein doute. J'ai fait les choses à l'envers."

Avez-vous demandé une contre-expertise?

N. M. : "C'est la première chose que j'ai demandée, tout en disant que je tenais à disposition tous mes suivis (longitudinaux) depuis 2003, qui montrent que mon taux de testostérone est plus élevé que la moyenne et que bien sûr je me mettais à la disposition de la Fédération française (FFA) et de l'IAAF (Fédération internationale). Je vais coopérer car ça peut arriver à n'importe qui. Je tiens à m'excuser auprès de l'équipe de France et de la Fédération, avec tout le travail qu'elle fait contre le dopage."

Pensez-vous que l'analyse de l'échantillon B puisse infirmer celle de l'échantillon A?

N. M. : "Je ne crois pas au Père Noël. Je fais confiance aux gens qui font ce travail, mais je fais la contre-expertise car on ne sait jamais."

Allez-vous prendre un avocat pour plaider votre cause devant la commission de discipline de la FFA?

N. M. : "Je ne vois pas pourquoi je prendrais un avocat. Cela voudrait dire que j'ai quelque chose à me reprocher. Je sais que j'ai fait une grosse connerie, mais ce dont je suis sûr à 200%, c'est que je ne me dope pas et que j'ai la conscience tranquille."

Vous risquez une suspension de deux ans si votre contrôle positif est confirmé. A votre âge, 29 ans, cela signifierait-il la fin de votre carrière?

N. M. : "Je ne peux pas répondre. Si je prends deux ou trois ans, je ne peux pas dire comment je serai dans ma tête dans deux ou trois ans. Mais c'est clair et net aujourd'hui que je ne peux pas arrêter le sport."

Cinq jours après l'annonce de ces résultats, dans quel état d'esprit êtes-vous?

N. M. : "Le pire est passé. Je peux parler, ça va mieux, mais les deux-trois premiers jours ont été horribles. Si je n'avais pas eu mes deux enfants, j'aurais pu faire une grosse connerie à Osaka".

AFP