GP de Bahreïn - Apéri Kub

Eurosport - dim, 06 avr 10:52:00 2008

Robert Kubica a offert à la Pologne ainsi qu'à BMW leur première pole position en Formule 1, samedi à Sakhir, près de Manama. En hors d'oeuvre avant la première victoire ?

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Robert Kubica (BMW) restera comme le premier pilote d'Europe de l'Est auteur d'une pole position en Formule 1, et comme celui qui aura offert ce privilège à BMW. L'équipe de Mario Theissen, implantée pour partie en Suisse, est aussi la première écurie allemande à se couvrir de cet honneur depuis Mercedes-Benz, en 1955. Samedi, le jovial Polonais a été imbattable dans les minutes décisives de la dernière partie de qualification, en réalisant un tour quasi parfait, en 1:33.096.

"J'ai plutôt bien commencé mon tour rapide mais au virage N.9, j'ai bloqué les roues avant et j'ai malheureusement j'ai fait un plat sur les pneus", a exposé "Kub", qui avait raté la pole de peu à Melbourne. "Ce fût alors difficile avec les grosses vibrations que ça a engendré. Les trois derniers virages, à droite, ont été durs mais je n'ai commis aucune faute. La voiture tirait d'un côté sur les freinages mais ce fût suffisant pour garder la pole".

Cependant, le survivant à un terrible accident à Montréal en 2007, a levé le voile sur les raisons de sa performance, en expliquant qu'il avait travaillé sur lui pour gagner du poids cet hiver, six kilos en tout. Mais la combinaison homme-machine est soumise à un minimum réglementaire et l'effet est marginal. En revanche, on peut soupçonner son équipe d'avoir enlevé de l'essence dans la F1.08. Elle est coutumière des options différenciées, comme l'avait montré Nick Heidfeld en faisant un premier relais court à Melbourne. Et puis, l'Allemand, 6e temps, reste reste très confiant... Sachant que Felipe Massa, vainqueur sur une stratégie à deux arrêts en 2007, avait stoppé au tour 21, il serait donc étonnant que Robert Kubica dépasse les 15 ou 18 tours...

Hamilton prêt à tirer les marrons du feu

Felipe Massa, en pole en 2007, était plutôt bougon après la séance. Normal, il n'a fait que des mauvaises affaires. Se faire battre de 0.027 sec a quelque chose d'agaçant, surtout quand on n'a pas pu lâcher les chevaux. "J'ai fait des tours incroyables durant tout le week-end, la voiture était tout le temps parfaite" , a souligné le pilote Ferrari. "Mais en Q3, j'ai tout le temps été derrière des voitures. Lors de ma première tentative, plutôt bonne, j'ai été tout au long du tour derrière Nico [Rosberg]. C'est dommage ; j'ai freiné pour le laisser passer et j'ai fait tout le tour derrière lui. Cela aurait peut-être déjà été suffisant pour faire la pole. Dans la deuxième tentative, j'ai été bloqué dans le trafic. Mais ce n'était pas un tour parfait".

Le Pauliste, sous pression après un début de saison parsemé d'erreurs, vivra l'ultime conséquence de sa frustration à l'heure -exceptionnelle- du départ dimanche (13h30) en immobilisant sa F2008 sur le côté sale de la piste. Samedi, le vent a soufflé jusqu'à 5,6 m/s, soit deux ou trois fois plus que ce que ces machines ultra sensibles que sont les Formule 1 modernes sont habituées à supporter. Eole aura donc charrié du sable sur l'aire pour le départ. Il faut s'attendre à ce que certains s'en plaigne à l'arrivée, même si des pilotes ont relevé l'excellent travail des organisateurs pour nettoyer la piste depuis vendredi.

Bref, dans tout ça c'est Lewis Hamilton qui se frotte les mains. Si l'Anglais n'a jamais existé dans la course à la pole position, il a quand même loué la 3e place sur la grille, ce qui est presque mieux que la 2e, située huit mètres seulement devant. Et s'il part en pneus "tendre" et Massa en "medium", il aura largement de quoi glisser sa MP4 devant la "rossa", et parader en leader après l'arrêt de Robert Kubica.

Mais sa chevauchée ne semble pas avoir plus d'avenir que la BMW tant la McLaren souffre sur les longs relais. "Ferrari semble avoir un rythme étonnant pour le moment. Je suis 3e et très très content" , a-t-il soufflé. Il est aussi juste devant Kimi Räikkönen, son rival en rouge dans la course au titre. Un autre motif de satisfaction, à l'apprioche de cette course qui devrait faire souffrir les Gris autant qu'à Sepang.

Stéphane VRIGNAUD / Eurosport