Coupe de France - Boli libère Paris

Eurosport - mer, 07 mai 01:09:00 2008

Malmené par Amiens, le PSG a finalement eu raison de la formation picarde (0-1) et se qualifie pour la finale de la Coupe de France grâce à un but salvateur de Boli et à Jérôme Alonzo, décisif dans le temps additionnel. Pas assuré de son maintien en L1, Paris peut encore rêver d'un doublé en coupes.

FOOTBALL - PSG - BOLI- 2008 - 0

AMIENS-PSG : 0-1

But : Boli (78e)

Et de dix pour Paris ! L'équipe de la capitale s'est qualifiée pour la dixième finale de la Coupe de France de sa jeune histoire. Le ratio est impressionnant, le chiffre est symbolique et pourtant, pas sûr que Paris ait la tête à fêter cet évènement. Confrontés à des difficultés que l'on ne présente plus en championnat, les hommes de Paul Le Guen devront certainement savourer ce succès avec la retenue qui s'impose. D'autant que l'étroitesse du score, tout comme la physionomie du match légèrement à l'avantage de vaillants Amiénois, n'incitent pas non plus à l'euphorie.

Les Parisiens sont les premiers à refroidir les ardeurs des bouillants supporters amiénois qui remplissent le Stade de la Licorne. Une frappe surpuissante de Souza frôle ainsi la lucarne de Benvegnu d'entrée (2e). Il faudra pourtant attendre vingt longues minutes pour assister à la deuxième occasion parisienne. Toujours sur coup-franc. Toujours Souza. Cette fois, le Brésilien enroule mais le résultat est le même. En face, Amiens fait valoir son enthousiasme et sa spontanéité. C'est insuffisant pour ouvrir le score mais largement assez pour commencer à faire douter les pensionnaires de Ligue 1, qui reculent dangereusement.

Un Boli d'air frais

Finalement, le fait de match de cette première période est malheureusement constitué par l'interruption de la partie, provoquée par des jets de gaz lacrymogènes qui obligent les joueurs à se réfugier dans les vestiaires. Il semblerait que ce soient les policiers qui aient dû employer ces moyens afin de repousser des supporters parisiens sans billets qui tentaient d'entrer en force dans le stade. Consternant.

Dans l'optique de sa lutte pour le maintien, et compte-tenu de la présence de nombreux titulaires potentiels au sein de l'équipe alignée par Paul le Guen, Paris avait tout intérêt à éviter les prolongations. Le début de la seconde période ne laisse pourtant pas imaginer la conscience de cet impératif. Amiens s'y montre en effet beaucoup plus volontaire, à l'image de cette lourde frappe du remuant Buron (62e), et Paris continue de reculer. Et l'on se demande encore comment ce PSG fébrile va s'en sortir quand Yannick Boli s'empare du ballon la ligne de touche à gauche.

Le neveu des frères Boli (Basile et Roger) passe un premier dribble, cherche et trouve un appui à l'entrée de la surface, récupère la balle et effectue un nouveau crochet intérieur qui prend à contre-pied deux défenseurs. Arrivé seul devant Benvegnu, le jeune Parisien garde toute sa lucidité pour le tromper d'un plat du pied de vieux briscard (0-1, 78e) et libérer son équipe d'un poids que l'on pensait trop lourd. Pas loin d'avoir réalisé ce qu'on appelle un hold-up, les Parisiens braquent ensuite leurs efforts en défense. Ils y parviennent non sans mal jusque dans dans les arrêts de jeu où un dernier tir de Fabrice Fiorèse, posté à l'entrée de la surface, oblige Alonzo à une parade exceptionnelle (94e) ! Le gardien réalise là un véritable exploit et rejoint Boli au rang des héros du jour. L'expérience de l'un et le culot de l'autre permettent à Paris d'arracher sa deuxième finale de coupe cette année. Quoiqu'il advienne pour le PSG en championnat, il faut reconnaître que ses finales sont plus que des lots de consolation !

LA DÉCLA : Paul Le Guen (entraîneur du Paris SG)

"On a fait une bonne première demi-heure. Après l'interruption (de la partie, ndlr), on est sorti du match, on a eu du mal à y revenir, mais on a su marquer au bon moment sur un super mouvement collectif. Je suis très content pour Yannick (Boli, ndlr), dont la saison a été perturbée par les blessures. C'est vrai que cette réussite en Coupe alors qu'on peine autant en championnat est assez irrationnelle, mais c'est comme ça. Il va falloir voir clair avant samedi. Il reste beaucoup d'efforts pour y arriver (au maintien, ndlr), je ne suis pas un doux rêveur, j'ai les pieds bien sur terre. Il faut surtout bien se reconcentrer pour le match de samedi, c'est ça qui compte."

Julien LAMOTTE / Eurosport