LesDessousduSport.fr

Hockey : La violence est-elle légitime ?

mer, 06 mai 19:00:03 2009

Blessé à la nuque à la suite dune violente attaque lors du match face aux États-Unis lundi soir, le Suisse Julien Sprunger a dû être opéré des vertèbres. Si tout se termine bien pour le joueur, laccident relance le débat sur la violence de ce sport.

Une fois encore, les hockeyeurs défrayent la chronique par la virilité de leurs contacts. Lundi soir, en match de qualification pour les quarts de finale du championnat du monde, c’est le Suisse Julien Sprunger qui en a fait les frais. Encore en déséquilibre, le joueur est violemment projeté contre la bande par David Backes. L’Américain des St-Louis Blues est exclu du match tandis que les soigneurs évacuent Sprunger sur une civière. Blessé à la nuque, il ne sent plus ses pieds, ni ses mains. Heureusement, les radiographies confirment l'absence de lésions osseuses. Mais le Suisse passera quand même sur la table d’opération afin de stabiliser la 4e et la 5e vertèbre. "L'opération s'est bien déroulée. Les douleurs aux bras, encore présentes avant l'intervention, ont disparu. Le pronostic est favorable", a par la suite expliqué le médecin de l'équipe de Suisse, Anton Sebesta.

Si tout se termine bien pour Sprunger, cet accident relance le débat sur la brutalité des contacts. Car de son côté, l'Américain à l’origine de cette attaque estime qu’il a tout simplement "fait son travail". "Je n'ai pas de regret", explique-t-il dans une interview accordée au site 20 minutes.ch. "Il est tombé et au moment où il s'est relevé, j'ai fini ma charge pour qu'il n'ait pas l'opportunité de marquer. Malheureusement cela ne s'est pas bien terminé pour lui. J'espère qu'il ira rapidement mieux mais sur cette action, j'ai simplement fait mon travail. Jouer physique. Vous savez, le hockey sur glace est avant tout un sport de contacts. En pénétrant sur la glace, personne ne souhaite blesser un adversaire. Malheureusement ce sont des choses qui arrivent".

Et c’est peut-être ça le problème. Faut-il continuer à légitimer cette violence ? Les instances dirigeantes doivent-elles réglementer les contacts ? Pour certains, c’est une évidence. Notamment pour les responsables québécois. En mars 2008, après une agression dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, la ministre du Sport, Michelle Courchesne, charge un comité consultatif de se pencher sur la question. Cinq mois plus tard, ce comité dépose un rapport énumérant 31 mesures éducatives et coercitives destinées à enrayer la violence gratuite au hockey. Saisis de ce rapport, les gouverneurs et directeurs-gérants des 18 équipes de la Ligue adoptent de nouveaux règlements en vue de prévenir les bagarres, sans toutefois les interdire.

En février dernier, un comité d’experts de la discipline, réuni lors du Sommet 2009 de London (Ontario), recommande la fin des bagarres afin de limiter les commotions cérébrales. Parmi ces experts se trouvaient notamment quatre anciens hockeyeurs, dont trois qui ont vu leur carrière dans la LNH prendre fin à la suite de commotions cérébrales : Eric Lindros, Jeff Beukeboom et Alyn McCauley. La question est maintenant de savoir si les joueurs, notamment américains, sont prêts à faire évoluer les mentalités?

La vidéo de la charge

À lire également :

Vers la fin des bagarres au hockey ?

Hockey: Débats sur le port du casque en LNAH

Autres articles :
Base-ball : les billets de Bernard Madoff vendus aux enchères
Japon: la malédiction du "poulet frit" touche à sa fin
Quand DC Comics attaque la NBA
 

Pas encore utilisateur Yahoo! ? maintenant pour ouvrir un compte gratuitement