Eurosport - dim, 06 juil 21:49:00 2008
Absent la veille à Plumelec, où l'arrivée était trop dure pour lui, Thor Hushovd a remis les pendules à l'heure, dimanche, en s'imposant à Saint-Brieuc. Tous les clignotants sont donc déjà au vert chez Crédit Agricole. Peut-être comme le maillot que portera bientôt le Norvégien...
En quelques secondes, Thor Hushovd a poussé deux gueulantes. La première en coupant la ligne d'arrivée, sous la forme d'un hurlement libérateur, entre joie et rage d'une intensité égale. Le second, quelques instants plus tard, tout au fond de la zone d'arrivée. Assailli par les journalistes et les photographes, le Norvégien a failli tomber. Il a fallu l'intervention énergique de Christian Prudhomme, le patron du Tour, pour lui permettre de se sortir de la nasse média. "Un peu de respect pour les coureurs quand même" , a pesté l'ancien journaliste.
Respect, donc, pour Thor Hushovd. Il le mérite amplement. Sacré client que le sprinter du Crédit Agricole, qui vient d'enlever à Saint-Brieuc, mine de rien, sa 6e victoire d'étape sur la Grande Boucle. Un palmarès qui enfle année après année, puisqu'il en a toujours claqué au moins une lors des cinq dernières années. Le Nordique n'est pas du genre à décevoir son employeur au mois de juillet. Il ne lui aura fallu que deux jours pour confirmer ses bonnes habitudes.
Legeay: "Pas une revanche"
Pourtant, samedi, à Brest, il était passé complètement à côté de son premier rendez-vous, au sommet de la côte de Cadoudal. Son équipe avait beaucoup roulé derrière l'échappée, mais Hushovd n'avait pas pu concrétiser. "Ce n'était pas une erreur de faire bosser l'équipe. C'était même normal", estimait Roger Legeay dimanche matin. Mais quelques heures plus tard, après le succès de son poulain, le manager du Crédit Agricole avouait que ce premier sprint n'était pas pour Hushovd. "C'était beaucoup trop dur pour lui."
A Saint-Brieuc, en revanche, le Norvégien a trouvé un terrain à sa mesure, un peu comme Valverde la veille à Cadoudal. "Plumelec était fait pour des puncheurs-grimpeurs comme Valverde, poursuit Legeay. Là, c'était davantage une affaire de puissance, et Thor correspond exactement à ça. Cette victoire n'est donc pas une revanche pour lui, car il ne pouvait pas gagner samedi. Il a répondu présent dès son premier rendez-vous." Filippo Pozzato, qui a tenté sa chance dans le final, ne s'y était pas trompé au départ, à Auray. "Moi, je sens bien Hushovd sur une arrivée comme ça", nous avait soufflé l'Italien.
Sérénité et ambition
Fort de cette victoire, Thor Hushovd et son équipe peuvent respirer, d'autant que les occasions de gagner pour les sprinters sont réduites dans cette première semaine. "C'était vraiment important pour moi comme pour les gars de profiter d'une de ces premières étapes pour signer une victoire. C'est vraiment super", sourit le vainqueur du jour. Roger Legeay acquiesce: "Quand on rame pendant une semaine, il y a une forme de doute et de découragement qui peut s'installer. Là, on va pouvoir travailler beaucoup plus sereinement. On va viser d'autres étapes, et pas seulement avec Thor Hushovd."
Sous-entendu, les hommes de l'ombre, qui ont si bien oeuvré ce week-end, auront l'occasion de se montrer davantage à l'avenir, maintenant que l'équipe a déjà atteint son objectif. "L'équipe a fait un super boulot", salue Hushovd en bon leader. Quand Cancellara a attaqué, personne ne s'est affolé. Mark Renshaw et Jimmy Engoulvent ont pris les choses en main et m'ont parfaitement lancé." Parfaitement lancé vers la victoire et dans ce Tour 2008. Une étape, et maintenant le maillot vert? "Bien sûr que c'est un objectif. Mais chaque chose en son temps", tempère Legeay. Hushovd n'a en tout cas pas perdu le sien dimanche.
Commentaires 1 - 1 de 1
J'espere que tout le monde sera au vert cette annee... pas de scandale de drogue. Hardi!
Christian Loriau
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