BIARRITZ (AFP) - Une production très encourageante contre Montpellier (46-3) a remis Biarritz sur les rails en Top 14 et rendu la confiance à un groupe avide de confirmer en Coupe d'Europe, épreuve qui fit tant pour son standing mais illustra aussi sa rentrée dans le rang.
Le doute qui hantait Aguilera après le non-match à Dax (18-30) et la correction à Clermont (6-32) a été en partie levé samedi au terme d'une deuxième période aboutie, en termes de jeu, de réalisme, d'agressivité. Confiance revenue, mais prudence bienvenue à une semaine du défi chez les Anglais de Gloucester.
"D'un côté je suis rassuré, de l'autre ce n'est que la première marche. Il ne faut pas faire +un pas en avant, deux en arrière+, rappelle le flanker Imanol Harinordoquy. On était tous conscients des performances à Dax, Clermont; on n'avait même pas rendu le minimum syndical".
"Pour les têtes c'est bien, mais restons humbles, car la Coupe d'Europe va être un autre contexte", acquiesce l'entraîneur Jacques Delmas.
La Coupe d'Europe. Souvenirs de quelques succès épiques en Angleterre, en Irlande, de grisantes après-midis au stade voisin d'Anoeta (Saint-Sébastien, ESP), et de la finale 2006 (face au Munster, 19-23), qui, beaucoup le pensent encore, n'aurait sans doute jamais dû échapper au BO.
L'occasion passa, le lustre européen aussi. Un coup d'arrêt en 2007 (piégé par Northampton en quart, 6-7), un coup de massue en 2008 (élimination en poule). Au lieu de revanche, Biarritz devait se contenter d'une rentrée dans le rang. Continental et français. Il y a deux ans encore, on évoquait des titres. Cette saison, on parle de se qualifier.
Après le chaud et le froid de ce début de Top 14, le beau 46-3 contre Montpellier est-il le déclic idéal ? "Oui et non, hésite l'arrière Nicolas Brusque. C'était idéal pour se replacer au classement, pas pour préparer Gloucester, où on va se rapprocher au niveau intensité des matches internationaux. Il faut en être conscient".
Harinordoquy, royal dans les airs samedi, estime d'ailleurs qu'il vaut mieux se focaliser "sur la première mi-temps (10-0) que sur la seconde (5 essais inscrits) qui est venue du fruit de la première".
"A Gloucester, il n'y aura pas six essais, mais il y aura beaucoup de combat, d'agressivité, ajoute-t-il. Cela va être très dur, mais c'est sûr, la confiance engrangée ce samedi va nous permettre de travailler plus sereinement cette semaine".
Même philosophie, même état d'esprit, mais davantage de réalisme, d'agressivité et de détermination: voici les probables clefs d'un renouveau biarrot, suggèrent staff et joueurs.
"Contre Montpellier, on avait les symptômes d'une équipe fragile en première période, reconnaît Delmas. Mais en deuxième, dès qu'on a commencé à fragiliser cette défense, on a montré qu'on était capable de faire des passes après contact, dans le tempo, d'alterner jeu dans l'axe et sur les extérieurs".
Démonstration suffisante ? La convalescence parait un peu courte, en vue des rendez-vous, bleu de chauffe garanti, dès samedi à Gloucester et début décembre à Cardiff, les deux grands rivaux du BO dans cette poule 6 incertaine.
Montpellier "est un match-référence, on en avait besoin, veut retenir Damien Traille (2 essais). On était dans le doute, cela faisait 15 jours que ce n'était pas la grande sérénité. Mais quand on y met les ingrédients, on prouve qu'on n'est pas plus mauvais que les autres, on y arrive nous aussi".

AFP/Daniel Velezagrandir la photo

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