Depuis le début de la saison, la L1 est le championnat européen où il est le plus difficile de s'imposer à domicile. Chiffres et tentative d'explication.
Samedi, Nancy - St-Etienne sera une affiche des contraires. Conséquence du report de la 11e journée, les Lorrains ont joué sept fois sur onze à l'extérieur quand les Verts ont évolué à domicile dans les mêmes proportions. Paradoxe : si le voyageur nancéien trace sa route (9e), le sédentaire stéphanois ne décolle pas (16e). Cet exemple n'est pas isolé cette saison : trente-cinq des 109 premiers matches ont été perdus à domicile, record européen. Avec 32% d'échec (contre 21% la saison dernière à pareille époque), la L1 perd quasiment un match sur trois à domicile quand la Liga espagnole n'échoue qu'une fois sur quatre (25,5%). En L2, c'est une fois sur cinq (20%). Vous avez dit bizarre ?
Il est tentant d'expliquer le phénomène par le CV des visiteurs. Mais la thèse tourne court : si Lyon et Marseille restent des valeurs sûres loin de leurs bases, c'est tout le plateau qui voyage mieux. Seules deux équipes (Le Mans et Grenoble) n'ont obtenu aucun succès à l'extérieur alors qu'elles étaient huit après onze journées en 2008-2009. Jonathan Brison, le milieu de Nancy, met en avant «des matches toujours plus tactiques et serrés» où avoir le ballon expose aux contres des visiteurs regroupés derrière. «Jouer à la maison reste quand même un avantage et je préfère notre situation à celle de St-Etienne. On a fait le boulot à l'extérieur, à nous de le bonifier devant notre public.»
«L'arme des coups de pied arrêtés»
«S'imposer à domicile est de plus en plus difficile, sauf peut-être pour les meilleures équipes de Ligue 1», analyse pour sa part Jean Fernandez, l'entraîneur d'Auxerre, autre équipe "hyper receveuse" mais elle avec succès (5e). Prenez Bordeaux. Ils sont quasiment imbattables chez eux, mais ils ont remporté pas mal de matches grâce aux coups de pied arrêtés. Et cela est devenu une arme importante à domicile. Quand l'adversaire préfère subir et fait des fautes, le fait de bien maîtriser cet exercice peut s'avérer décisif, car on peut débloquer la situation sur un corner ou un coup-franc.» Brison confirme : «A Nancy, il y a deux ou trois saisons que l'on pêche dans ce secteur. Avant, on avait Gavanon pour tirer et Puygrenier pour mettre la tête...» - J-LB et A.B.






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