Eurosport - lun, 07 janv 17:27:00 2008
Le directeur du Team Mitsubishi, Dominique Serieys, insiste sur les diverses conséquences provoquées par l'annulation du Dakar 2008. Il confirme le soutien de la marque japonaise à moyen terme dans les rallies-raids.
Q: Quelles sont les conséquences de l'annulation du Dakar pour Mitsubishi?
R: "Ca va avoir des conséquences très fortes. C'est difficile à estimer. Je ne peux pas donner des chiffres ou d'exemples précis, mais beaucoup de retombées et d'investissements de campagnes télévisuelles lancés sont perdus. On voit que quand on gagne le Dakar depuis 7 années, les valeurs des retombées médiatiques sont estimées entre 35 et 40 millions d'euros. Aujourd'hui, les conséquences sont lourdes."
Q: Cela remet-il en question l'engagement de Mitsubishi sur les rallyes-raids et sur d'autres Dakar?
R: "Il y a eu une bonne position de Mitsubishi au Japon. Ils sont à 100% solidaire de la décision d'ASO d'annuler. Priorité de la sécurité. Le deuxième point, c'est que notre programme et notre engagement rallye tout-terrain n'est pas sur une courte échéance. On a un projet sur 2009 et 2010 plus une option 2011. Aujourd'hui, on continue en rallye tout-terrain, le format est à définir. C'est certain qu'il y a un point d'interrogation auquel il devient urgent de répondre. Mais, ce n'est pas dans l'urgence qu'on doit faire n'importe quoi. On espère que dans les jours à venir, on aura un meeting avec ASO pour voir qu'on sera leur plan pour le futur."
Q: C'est la mort du rallye-raid en Afrique?
R: "C'est un point de vue. Le fait d'avoir cédé, qui n'est pas discutable sur la priorité de la sécurité, ouvre la porte demain (à une autre annulation pour menace). Dans le même format, en partant de Lisbonne, en traversant les pays prévus, qui pourrait nous garantir que le rallye ne sera pas annulé sous menace terroriste à quelques heures du départ. Avoir cédé, c'est la fin d'un format africain du Dakar. Aujourd'hui, Mitsubishi Motors, nos sponsors titre, les pilotes ont la totale conviction que si le Dakar reste comme il est là, les compétiteurs et les clients ne croient plus en la faisabilité du Dakar."
Q: Même en allant en Libye et en Egypte par exemple?
R: "J'ai un respect pour tous les pays qui nous accueillent et qu'on a traversés. La Libye peut être de connotation sûre. On connaît les positions libyennes, on a toujours été très bien accueilli. Par contre, on a été plusieurs fois en Egypte. Quelques semaines après en être parti (Rallye des Pharaons), on a vu les attentats à Charm-El-Cheikh (2005, 88 morts). On sait ce qui s'est passé sur les sites touristiques (attentat de Louxor, 62 morts en 1997 notamment). Aujourd'hui, j'aimerais bien croire que la sécurité est aussi forte en Egypte qu'elle ne l'était pas en Mauritanie."
AFP