Eurosport - jeu, 07 févr 17:24:00 2008
Nerveux mais conquérants, les Anglais sont parvenus à battre une formation suisse accrocheuse à Wembley (2-1). Grâce à l'explosivité des ses attaquants, l'Angleterre a pallié ses carences défensives et son manque d'inspiration pour offrir à Capello son premier succès en tant que sélectionneur.
ANGLETERRE - SUISSE : 2-1
Buts : Jenas (40e) et Wright-Phillips (60e) pour l'Angleterre - Erdiyo (58e) pour la Suisse
En à peine trois mois, le jeu de la sélection anglaise n'a guère évolué. Mais le nouveau coach Fabio Capello a obtenu ce qu'il avait demandé : de la détermination durant tout le match. Bloqués puis bousculés par leurs adversaires suisses, les Anglais ont en effet su faire preuve de volonté et de caractère pour s'imposer 2-1. La désastreuse défaite de novembre face à la Croatie (2-3) et l'élimination de l'Euro 2008 ne sont pas oubliées mais cette première victoire permettra à Capello et ses hommes de préparer sereinement la prochaine rencontre amicale face à la France.
Après avoir visité de nombreux stades anglais durant les dernières semaines, Fabio Capello propose une équipe anglaise inédite au coup d'envoi. Upson (Westham) est titulaire en défense centrale, Barry (Aston Villa) et Bentley (Blackburn) occupent les côtés d'un milieu de terrain très dense. Revanchards et très motivés, les attaquants anglais mettent d'entrée une énorme pression sur la défense suisse. Mais, lancé en profondeur par Joe Cole, Rooney perd son face à face à avec Benaglio, le gardien helvète (10e). Passées ces premières minutes difficiles, les Suisses s'organisent défensivement et pressent haut. Les Anglais peinent à se trouver et Brown relance dans les pieds de Barnetta qui ne cadre pas sa frappe (20e).
De nouvelles qualités morales
L'Angleterre possède le ballon mais ne parvient pas à l'exploiter. Les Suisses, eux, développent proprement leurs contres en jouant court et précis. Mais la force percussion des attaquants anglais se fait de plus en plus menaçante. Après un petit centre à ras de terre de Jenas intercepté de justesse par Benaglia devant Joe Cole et un contre mal négocié, l'Angleterre trouve la faille. Décalé par Gerrard sur la gauche, Joe Cole se joue de Lichtsteiner et de la défense suisse avant de servir Jenas qui reprend victorieusement aux six mètres (1-0, 40e). Peu satisfait du rendement de ses joueurs, Kobi Kuhn, le sélectionneur des visiteurs lance Derdiyok,Volanthen et Behrami à la reprise. Prudente en première période, la Suisse veut réagir.
Capello a, lui aussi, remotivé ses troupes dans le vestiaire et l'Angleterre se jette à l'attaque. La rencontre devient débridée. Rooney, très actif mais peu précis, ne concrétise pas ses occasions. Sélectionné pour la première fois, Derdiyok, lui, trompe James d'une petite frappe croisée du gauche au milieu de la surface adverse et la Suisse égalise (1-1, 58e). Mais ce but ne trouble pas les Anglais qui réagissent immédiatement. En contre, Gerrard, déborde sur la gauche de la surface des visiteurs et sert parfaitement Wright-Phillips, à peine entré en jeu et qui marque tranquillement du plat du pied (2-1, 60e). Malgré la pression suisse dans la dernière demi-heure et une ultime frayeur sur corner dans le temps additionnel, l'Angleterre renoue avec le succès après deux défaites consécutives (contre la Russie et la Croatie). Si la confiance est de retour, Capello et les siens devront se concentrer sur la maîtrise technique avant le déplacement au Stade de France le 26 mars.
LA DECLA : Fabio Capello (entraîneur de l'Angleterre)
"Nous étions nerveux au début, visiblement tendus, avec sans doute derrière la tête l'échec de l'élimination de l'Euro. On s'est procuré pas mal d'occasions, mais on n'en a pas mis beaucoup parce qu'ils ont un bon gardien. Le point positif est qu'on ne leur en a pas laissé beaucoup. Sur le but qu'on prend, c'est peut-être notre seule erreur défensive du match. Quand on joue pour l'Angleterre, il faut avoir des qualités mais aussi être en forme à l'instant t. (Sur son choix de procéder à peu de remplacements) Je peux faire tourner des joueurs jusqu'à un certain point. Mais je dois connaître mes joueurs. Les entraîneurs de première division anglaise doivent le comprendre. (Sur le fait que Michael Owen n'est pas rentré en jeu) J'ai fait mes changements en fonction de ce qui se passait sur le terrain. Pour moi, tous les joueurs sont au même niveau."
Damien DORSO / Eurosport