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TOURNOI DES VI NATIONS - IRLANDE - FRANCE (30-21), le 7 février à Croke Park - JOUER N'EST PAS GAGNER

sam 07 fév, 20h15


Il y a cent ans, l'Irlande et la France s'affrontaient pour la première fois à Lansdowne Road. Pour leur dernier affrontement à Croke Park, stade par intérim en attendant la fin des travaux de la mythique enceinte du rugby, les deux équipes jouaient gros, dans le froid polaire de Dublin. Les Verts, après sept défaites de rang contre les Tricolores et deux ans d'errance, devaient absolument repartir du bon pied pour le premier Tournoi de Declan Kidney. Les Bleus, pour débuter l'an II du nouveau staff, devaient eux avancer dans la constitution de leur projet de jeu, et ils étaient venus avec de grosses ambitions. « Les joueurs doivent prendre des initiatives » avait martelé Marc Lièvremont toute la semaine. Il a été entendu, et les Bleus ont beaucoup tenté dès l'entame, en jouant tous les ballons et en essayant comme prévu de partir au large pour étirer la défense et éviter le défi frontal face au rugueux pack irlandais. Nettement dominateurs malgré un léger retard à la marque (suite à une pénalité d'entrée), les Tricolores ont logiquement marqué les premiers par Harinordoquy, après un superbe mouvement révélateur de leurs intentions. Onze joueurs ont touché le ballon sur une action de grande classe de plus de 60 mètres.

Toujours le réalisme

Comme d'habitude en Irlande, le premier quart d'heure avait donc très intense, mais pour une fois, ce n'est pas l'agressivité et l'engagement des locaux qui y étaient pour quelque chose. Les Français ont mit le feu à la pelouse de Croke Part et ont vite fait de réchauffer leurs nombreux supporters qui avaient fait le voyage. Cantonnés dans leur camp et privés de ballons, les Irlandais ne prenaient pas franchement un départ idéal pour retrouver confiance, même si O'Gara les maintenait à un petit point. L'orgie de jeu déployée par les Bleus les gênait considérablement, et ils donnaient souvent l'impression que ça allait trop vite pour eux. Il faut dire que les Bleus récitaient un rugby total très séduisant car efficace et avec très peu de déchet. A la demi-heure de jeu, cependant, on pouvait presque regretter que les Bleus n'aient pas plus concrétisé leur domination outrageuse. 7-6, ce n'était pas bien payé alors qu'ils avaient déjà énormément tenté, et alors que les Irlandais n'avaient toujours pas franchi leur ligne des 22 mètres. D'autant que la conquête, notamment en mêlée, tournait aussi à l'avantage des Bleus, qui avaient presque tous les voyants au vert, sauf le tableau d'affichage, le plus important. La révolte du Trèfle allait en plus enfin démarrer, profitant de la baisse de rythme de leurs adversaires, qui avaient déjà besoin de souffler. Et le réalisme, les Anglo-saxons, ils connaissent : il a fallu une seule occasion et quelques fautes de défense pour qu'Heaslip ne marque en force juste avant le repos. Jouer n'est pas marquer, et les Bleus pouvaient ruminer cet adage en rentrant au vestiaire, avec trois points de retard malgré une énorme débauche d'énergie.

Un obstination stérile

Le scénario parfait du deuxième acte était donc assez simple, du moins dans les faits : faire pareil, mais marquer. Le problème, c'est qu'il ne démarrait pas de la meilleure façon, avec un superbe essai de Brian O'Driscoll qui symbolisait deux tares tricolores : la touche et quelques placages manquées. Autre souci, les Bleus semblaient déjà dans le rouge, manquant de gaz, et ils commençaient à sérieusement subir. Bref terminée la douce euphorie de la première demi-heure, il s'agissait maintenant de resserrer les boulons et de rien lâcher. Ce que les Bleus ont fait, sans renier leurs ambitions. Un essai de Maxime Médard après un modèle de passe au pied de Beauxis réduisait l'écart, puis un second drop de Beauxis concrétisait intelligemment un nouveau temps fort. C'est là qu'il aurait sans doute fallu être plus raisonnable, plus pragmatiques. Car relancer des 22 et tout jouer à la main, c'est prendre des risques, surtout que la défense verte était très agressive. Le chrono avançait, il y avait toujours deux points de retard (20-18), et les occasions tricolores étaient de plus en plus rares. Les Irlandais, une fois de plus, n'ont pas eu besoin de beaucoup de tentatives pour marquer encore, par D'Arcy, un essai assassin. Les tricolores ne s'en remettront pas, malgré un fin de match haletante. Ils quittent Croke Park avec un fort goût d'inachevé et de gros regrets, tant ce match était à leur portée. Mais sans le réalisme, ce jeu de mouvement est-il légitime ? Les Français ne se sont pas posé la question, ils ont obéi aux consignes, et ils ont perdu. Ils ont certes montré de très belles choses, mais ils ont perdu. Et c'est mieux dans l'autre sens, quand même.

 

Commentaires 1 - 3 de 3

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  1. Pourquoi il n'y a pas plus de commentaire contre­ l'arbitrage PRO-IRLANDAIS ????
    Je sais reconnaitre­ une défaite quand elle est méritè.
    A chaque fois que­ nous revenions au score BOUM encore une faute.....Par­ contre les Irlandais pas de probléme, ils pouvait y­ aller l'arbitre avait des cotons dans les­ yeux..............Bref Merci l'arbitre

    De patrick.brodl, le lun 9 févr 11h 02
  2. un beau match des des 2 côtés avec des bons­ joueurs...sauf peut être "l'irlandais"­ qui avait le sifflet !!!

    De AFFREUJO, le sam 7 févr 21h 10
  3. Pas un mot sur l'arbitrage, messieurs de­ l'équipe ?

    De Olivier U, le sam 7 févr 20h 41
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