Si les Françaises n'ont pas rajouté de médaille individuelle à leur historique troisième place par équipes de samedi (Photo L'Equipe) , leur performance d'ensemble lors des Championnats d'Europe disputés à Clermont-ferrand reste très encourageante à quatre mois des Jeux olympiques de Pékin. Explications en cinq points.
Une première historique
C'est la première fois que l'équipe de France féminine grimpe sur un podium international par équipes. Troisième derrière la Roumanie et la Russie, la France confirme qu'elle fait belle et bien partie désormais des nations fortes européennes, trois ans après la razzia de 2005, où Debauve, Le Pennec et Severino avaient raflé cinq médailles individuelles, dont trois titres. Certes, aux JO, il faudra composer avec les Etats-Unis et la Chine, championne et vice-championne du monde 2007, mais les Françaises pourront tirer partie de l'euphorie énergisante de ce premier podium européen par équipes. «Cela nous donne envie, confie Cassy Vericel, médaillée de bronze mondiale au sol en septembre 2007. On a encore plus de motivation pour la suite.»
De l'expérience en plus
Orpheline de sa «maman» Isabelle Severino (rupture du tendon d'Achille), l'équipe de France était la plus jeune de la finale par équipes. Avec trois filles nées en 1992 (Dugain, Petit, Morel) et une en 1991 (Vericel), ce groupe cherchait donc avant tout à s'aguerrir sur ses terres. Chose que les gymnastes ont faite avec professionnalisme en offrant un parcours quasi parfait sur la finale par équipes, avant de commettre quelques petites erreurs de jeunesse dans les finales par appareils. «C'est positif parce que les petites avaient vraiment besoin de savoir qu'elles avaient du potentiel. Il fallait aussi qu'elles prennent de l'expérience sur des finales individuelles car, hormis Cassy, elles n'en avaient pas encore fait,» résume Véronique Legras-Snoeck, leur coach.
Une progression encore possible d'ici les JO
Pour Véronique Legras-Snoeck, ces championnats d'Europe n'étaient «qu'une étape» sur la route de Pékin. D'une part parce que les gymnastes françaises ont présenté à Clermont-ferrand de nouveaux programmes, beaucoup plus forts que lors des Mondiaux. «Nous avons vraiment augmenté nos notes de départ et il fallait les valider», confirme la coach D'autre part parce que, si la plupart de ces programmes ont été effectués sans problème, il reste des petites erreurs de jeunesse à corriger. « On voit par exemple que le saut passe deux fois sur trois (Pauline Morel a chuté sur les mains en finale par équipes). Il faut encore que l'on travaille, que l'on s'améliore sur la qualité et la tenue de jambes et sur les réceptions. Et puis, on a encore des choses à rentrer sur certains agrès.» De quoi augmenter encore d'un cran le niveau de cette équipe de France. «Il faut toujours être ambitieux, c'est ce que j'ai appris», conclue Véronique Legras-Snoeck en pensant aux Jeux.
Sans Isabelle Severino
Certes, les Bleues ont réussi à s'emparer de cette troisième place sans Severino. Malgré tout, son absence à Pékin «est une perte importante pour l'équipe de France, constate avec amertume le DTN, Jean-Claude Jacquetin. Cela va nous demander de revoir un petit peu toute la stratégie derrière pour réussir à accrocher des finales individuelles, voire une finale par équipes.» Les tests de sélections lors des coupes nationales, la semaine prochaine, les stages et les Championnats de France permettront de choisir les gymnastes qui compléteront ce collectif talentueux. On pense alors à Katheleen Lindor, déjà sélectionnée aux Mondiaux 2007, mais aussi et surtout à Marine Debauve. La championne d'Europe 2005, si elle continue sa progression (après deux ans d'arrêt), pourrait réussir le même pari que son aînée Severino quatre ans plus tôt.
Le cas de l'encadrement
Depuis le retrait de l'entraîneur national Yves Kieffer en janvier dernier, la question de l'encadrement du collectif France reste un sujet épineux. «Tant qu'il n'y aura pas d'autres informations venant de l'administration centrale (Kieffer est toujours sous le coup d'une inspection à son sujet), nous sommes dans une position fixe avec Véronique Legras qui de n°2 est devenue n°1», affirme toutefois le DTN au terme de ce rendez-vous européen avant d'ajouter : « Nous aurons une réunion lors des Coupes nationales le week-end prochain pour en discuter. Il pourrait être envisagé, en attendant les résultats de l'investigation, que nous demandions à Marie-Angéline Colson (responsable des juniors) de renforcer l'équipe de l'INSEP et de faire le lien avec les Pôles de Marseille et Saint-Etienne.» V.Bu.

