Eurosport - lun, 07 avr 23:09:00 2008
Les courses de Puebla ont consacré, une nouvelle fois, les SEAT et leur puissance. Après deux courses, le championnat est-il déjà joué ? Une nouvelle démonstration à Valence, dans un mois et demi, pourrait porter un coup de massue sur la discipline.
Deux meetings, deux pole positions, quatre victoires, vingt présences sur trente-deux possibles dans les points depuis le début de la saison. Les chiffres se suffisent à eux-mêmes. SEAT écrase le début de la saison de WTCC en profitant de la puissance intrinsèque de ses machines mais également des circonstances de courses qui lui sont assez souvent favorables. Dimanche, c'est Jordi Gené puis Tiago Monteiro qui sont montés sur la plus haute marche du podium. Le seul à ne pas y être encore parvenu, Rickard Rydell, a pris pour sa part la tête du général grâce à ses deux places de deuxième.
Avec l'apport d'Yvan Muller et de Gabriele Tarquini, les "Espagnoles" ont passé un week-end idéal. De plus, la SEAT non motorisée en turbo diesel de Tom Coronel s'est également mise en évidence pour prendre six points. C'est bien mieux que ce qu'à réussi à faire tout au long du week-end les BMW, en énorme difficulté. Le quintet Priaulx-Farfus-Müller-Porteiro-Zanardi n'a ramené qu'un seul petit point. Pire, les "Bavaroises" n'ont pas marqué un seul point lors de la première course, une première depuis la deuxième manche d'Anderstorp l'année passée.
Les turbo diesel en question
La troisième force du plateau qu'est Chevrolet n'a pu que limiter les dégâts. Après un départ catastrophique lors du meeting de Curitiba, les hommes de la marque à la croix dorée ont assuré comme elles ont pu mais ont assez vite montré leurs limites sur une piste particulièrement sale. De manière générale, SEAT semble cannibaliser le championnat après seulement deux manches. De fait, la question peut se poser: faudra-t-il modifier le règlement sur les motorisations afin de rééquilibrer les forces et d'éviter un cavalier seul de la marque de Tolède ?
Les commissaires ont en tout cas décidé de modifier le règlement en abaissant les niveaux de pression d'air et d'huile des Leon Tdi afin de minorer leur avantage, et ce jusqu'à la fin de la saison. Car l'autre explication possible de la domination outrancière est l'altitude à laquelle se sont déroulés les deux premiers week-ends de course. Curitiba est ainsi placée à 900 mètres et Curitiba à 2100 mètres. La haute altitude favorise ainsi les turbo diesel. Un élément qui ne sera plus à considérer lors du retour en Europe dès le mois de mai.
On pensait bien les SEAT indétrônables à Curitiba grâce à la longue ligne droite du tracé brésilien mais l'écart a semblé s'accentuer à Puebla. La troisième manche qui aura lieu le 19 mai à Valence donnera un nouvel élément sur les forces en présence. Dans le cas où SEAT serait toujours aux premières places, l'intérêt du WTCC s'en trouverait fortement compromis.
Yassine BEN RAJEB / Eurosport