Coupe de France - Les deux visages du PSG

Eurosport - mer, 07 mai 21:58:00 2008

Paris est décidément une équipe à part. Largués en championnat, les Parisiens ont su faire déjouer les Amiénois pour s'offrir une dixième finale de Coupe de France de leur histoire.

FOOTBALL Ceara PSG Coupe de la ligue 08 - 0

Incapable d'être constant en championnat, l'équipe de la capitale semble se sublimer lorsque qu'il s'agit d'un match à élimination directe. Les Parisiens en ont encore fait la preuve, mardi, en demi-finale de la Coupe de France. Face à Amiens, les coéquipiers de Sylvain Armand, capitaine en l'absence de Pedro Pauleta suspendu, n'ont pas affiché un visage toujours très rassurant mais au final ce sont eux qui iront défier Lyon ou Sedan, au Stade de France, le 24 mai prochain. Contrairement à ce qui se passe en championnat, une élimination face à Amiens, modeste équipe de Ligue 2, n'aurait certainement pas eu les effets dévastateurs que la hiérarchie laissait supposer. Au contraire, Paris, au plus mal en Ligue 1 aurait trouvé des arguments pour se justifier - comme toujours - d'une telle désillusion.

A l'image de ses jeunes, Paris est plein d'envie lorsqu'il s'agit d'évoluer en Coupe. Paradoxalement, cette situation ne fait pas bouger les choses au sein du groupe. Aux jeunes la Coupe, aux cadres le championnat. Les Boli, Arnaud, Mabiala et autres iront soit s'assoir sur le banc de touche, soit jouer en CFA samedi. Et pourtant ce sont bien eux qui détiennent les clés de la réussite du PSG dans la plus vieille compétition hexagonale. Pourquoi alors Paris arrive-t-il à se surpasser dans un tel contexte par ailleurs étouffant?

Probablement parce que les matches à élimination directe libèrent les esprits parisiens. Au contraire du championnat qui accapare toutes les peurs des pensionnaires du Parc des Princes. On l'a vu lors de la première partie de la saison lorsque Paris n'a pas réussi à remporter une seule rencontre à domicile.

"J'ai les pieds bien sur terre"

Outre le mental libéré, le parcours du PSG ne s'est pas révélé non plus d'une extrême difficulté. Epinal, le Poiré-sur-Vie, Bastia, Carquefou et Amiens sont autant de clubs qui évoluent au mieux en Ligue 2. Mais dans un contexte de crise, n'importe quelle victoire se révèle être un véritable parcours du combattant pour les joueurs de Paul Le Guen. La solidarité des joueurs se révèle être également un atout non négligeable dans une rencontre à ce niveau là.

Désunis lorsqu'ils se sont retrouvés menés à Caen en championnat, les joueurs font preuve de beaucoup plus d'allant lorsqu'il n'y a pas la pression du résultat. Au grand étonnement du technicien parisien. "C'est étonnant, mais il faut prendre les choses comme elles viennent", a ainsi affirmé Paul Le Guen après la rencontre face à Amiens. Adepte du positivisme, ce dernier espère que son équipe saura transformer cette énergie sur le terrain samedi face à Saint-Etienne. "L'important, c'est qu'il y a eu de la volonté et de l'envie, et surtout maintenant il faut s'attacher à récupérer. Il va falloir voir clair avant samedi. Il reste beaucoup d'efforts pour y arriver (au maintien, ndlr), je ne suis pas un doux rêveur, j'ai les pieds bien sur terre."

Rêveurs, les supporters parisiens le sont, eux qui songent d'abord au maintien avant d'envisager aller chasser le lion ou le sanglier à Saint Denis pour accrocher un huitième trophée dans cette compétition. Samedi, ce sont les "anciens" qui auront la lourde tâche de mener la formation Rouge et Bleu au succès. Une victoire mettrait les Parisiens dans les meilleures dispositions avant d'aller défier Sochaux lors de la 38e journée. Une défaite et le joli but de Boli pourrait être celui de toutes les peurs dans un Stade de France qui pourrait alors réserver un accueil glacial à ses troupes le 24 mai prochain.

Hadrien HIAULT / Eurosport