Ligue 2 - Nantes veut faire sa mue

Eurosport - mer, 07 mai 18:13:00 2008

Un an après avoir quitté la L1, Nantes retrouve l'élite. Mais pas forcément avec l'équipe qui a gagné sur le terrain son ticket pour la montée. Les dirigeants, conscients des lacunes des Canaris cette saison, entendent renforcer l'effectif jaune. Quitte à le bouleverser aussi en interne.

FOOTBALL 2007-2008 Nantes - Kita - 0

Un an. Il y a un an, Nantes quittait l'élite française et ses sunlights pour s'enfoncer vers la Ligue 2, son manque à gagner financier, ses noms moins ronflants et ses matches-pièges. En L2, le FCN avait en effet toutes les cartes en main pour souffrir et s'enliser dans la crise. Il n'en a rien été. Au terme d'une saison 2007/2008 plutôt bien maîtrisée, le club canari s'est offert le droit de retrouver sa place parmi le gotha du ballon rond tricolore. Ouf. Sauf que le jeu affiché par les Canaris lors de l'exercice n'a pas toujours été spectaculaire, loin s'en faut. "Il y a eu deux parties dans notre saison. Lors de la première, on a presque tout le temps été en tête. Lors de la seconde, on a joué un peu de malchance et il a fallu s'adapter aux nouveaux joueurs."

Waldemar Kita ne mâche pas ses mots. Le nouvel homme fort de Nantes l'a déjà dit à maintes et maintes reprises : il compte bien refaire du repaire des Canaris une nouvelle place forte du football français. L'ambition est là. Mais elle, seule, ne suffira pas à concrétiser ses plans. Le boss de Nantes le sait et ne s'en cache pas. "Sans le foot-business, on ne peut pas construire. On a besoin des sponsors et aussi d'une bonne image. Le travail et l'honnêteté paient. Le plus dur commence mais tout le monde n'en est pas conscient." Voilà une phrase lourde de sens. Conscient que sa formation a dû composer dans l'urgence, perturbée notamment par un changement de présidence et de nombreuses interrogations sportives, le guide des Jaunes entend bien ne pas imiter Metz et Strasbourg. Autrement dit : monter pour mieux redescendre.

Un staff critiqué hier, élargi demain?

Encore faut-il pour cela s'en donner les moyens. Intransigeant, exigeant même, Kita n'a pas attendu la fin de la saison pour dessiner les contours du futur Nantes 2008/2009. Quitte à froisser quelques égos. Le président nantais avait fait une promesse à Michel Der Zakarian. Il l'a tenu, conservant l'actuel technicien... pour une année supplémentaire seulement. "Contrairement à un contrat trop long, cela ne pénalise pas l'avenir du club" . Refroidi en cours de saison par la faible qualité de jeu affichée par ses joueurs, Kita a ainsi fait passer un message fort au sein de sa formation. Personne n'est intouchable. Ainsi Tony Heurtebis, pourtant irréprochable dans le but jaune tout au long de la saison, pourrait ne pas conserver la cage nantaise en 2008/2009. Le FCN est en contact avancé avec Rémy Vercoutre, lorgne également sur la doublure de Jérémy Janot à Saint-Etienne, Jody Viviani.

Et ces deux joueurs ne sont pas les seuls noms annoncés du côté de la Beaujoire. Trois ou quatre joueurs d'expérience sont attendus pour renforcer un noyau dur (Pierre, De Freitas, Faty, Maréval, Da Rocha) et un recrutement hivernal plutôt prometteur (Babovic, Djordjevic, Bekamenga). Parmi les profils suivis, celui du buteur brésilien du Sporting Portugal, Liedson. Un renfort de poids, un "coup" qui donnerait de la densité à une attaque guidée par le vétéran Goussé et le polyvalent Bagayoko. Mais plus qu'un ajustement de l'effectif, qui sauf revirement stratégique, ne tournera pas à la grande lessive, c'est le staff qui devrait subir le plus grand bouleversement de l'intersaison. Waldemar Kita, toujours dans son souci de clarté et d'efficacité sportive, a d'ores et déjà mis la pression sur son duo d'entraîneur (Der Zakarian, Gentile). "Une parole, c'est une parole mais une nouvelle époque commence... Il ne faudra pas descendre. Tout recommence à zéro. J'espère que tout le monde se remettra en question".

Et histoire de leur confirmer les doutes qu'il émet à leur sujet, le président nantais serait entré en contact avec Henri Michel, pour lui confier le poste de manager général. Une façon comme une autre de ramener à la maison un oiseau (joueur entre 1986 et 1992) dans son nid et de surveiller le travail abattu par les hommes en place. "Je suis dans l'attente. Pour le moment, il n'y a rien de concret" a avoué l'intéressé. Une chose est sûre en tout cas. L'été dernier, Nantes s'était offert quelques semaines de doute et d'errance. Il serait étonnant que l'intersaison à venir ne soit pas du même acabit du côté de la Jonelière.

Alix DULAC / Eurosport