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SOCHAUX / JACQUES FATY :« L’OM restera inoubliable »

lun 07 jui, 12h43


Après une saison décevante à Marseille pendant laquelle il a peu joué, Jacques Faty a décidé de rejoindre Sochaux pour y retrouver confiance et temps de jeu. L’ancien Rennais ne regrette pourtant pas son passage à l’OM.

Jacques Faty, vous venez de vous engager en faveur de Sochaux après une seule saison à l’OM. Etes-vous déçu que l’aventure marseillaise s’arrête aussi vite ?

Bien sûr car j’aurais voulu faire mieux à l’OM. En tout cas faire plus car je ne sais pas si j’aurais pu faire mieux vu que j’ai tout donné. Mais j’ai connu des pépins qui m’ont un peu freiné. Mais c’est clair que je suis déçu par rapport à mon rendement car j’aurais voulu faire plus et bénéficier de plus de confiance. Ça n’a pas été le cas et c’est pour ça que j’ai tout de suite voulu rebondir ailleurs. Je pouvais aller en Espagne, en Allemagne et même dans d’autres clubs français (ndlr : Nantes et Monaco) mais le choix d’aller à Sochaux était le plus raisonnable. Prendre du recul, ne serait-ce que par rapport à l’environnement, c’était le mieux pour moi.

Que reprochez-vous à l’environnement du club marseillais ?

C’est aussi un peu de ma faute : je communique beaucoup, je ne suis pas fermé et j’ouvre toujours la porte aux gens. Je suis quelqu’un d’authentique et je n’aime pas me la raconter ou envoyer balader les gens. En plus, je me promenais souvent dans Marseille, ce que peu de joueurs font. Je vais voir ma famille, je vais manger en ville… Ça me fait la réputation d’un mec qui sort un peu trop. Pareil pour ce qui concerne les sorties nocturnes. Parce qu’on va me voir une ou deux fois en boîte de nuit, on va me mettre une image de fêtard alors que ce n’est pas le cas. J’ai même entendu que j’étais un garçon qui avait une hygiène de vie assez difficile et qui buvait de l’alcool. Voilà, c’est Marseille. Comme le dit Pape Diouf, un œuf, ils en font un bœuf. Je n’ai pas prêté attention à ça mais j’aurais dû l’écouter car ça m’aurait peut-être coûté moins d’ennuis.

« Tous les week-ends c'est match de gala »

Quelle principale leçon retenez-vous de ce passage à Marseille ?

Je ne retiens que de bonnes choses. J’ai découvert la Ligue des Champions et j’ai vu ce que représentait la grande compétition européenne. J’ai aussi découvert le Vélodrome. Et porter le maillot de l’OM, c’est quand même inoubliable. Dans une carrière, c’est à faire. Et je conseille à tout footballeur de le faire un jour s’il en a l’opportunité. Marseille est certes un club à part mais aussi un club fantastique. Tout le monde le sait. Au niveau de la popularité, c’est le numéro un. Et c’est quand même plaisant de jouer tous ses matchs à guichets fermés, à domicile comme à l’extérieur. Tous les week-ends, c’est match de gala. C’est motivant et cela enrichit au niveau de l’expérience.

Le fait de ne pas réussir dans ce club est-il une grosse déception ?

C’est vrai que quand on est ambitieux et que l’on arrive à l’OM, c’est pour y réussir. Dans le cas contraire, on se prend une claque, c’est sûr. Après, ce n’est pas une fin en soi, d’autant que cela ne restera pas un échec pour moi car j’ai beaucoup appris à l’OM. Que ce soit sur le plan de la vie ou sur le plan sportif… Je laisse des gens que j’ai bien aimés, notamment les supporters qui ne m’ont jamais rien reproché. Donc je ne pars pas sur une grosse défaite : simplement déçu mais pas abattu. Surtout en sachant que je pourrai rebondir à Sochaux.

Peut-on parler d’un accident de parcours ?

Non, même pas. J’ai juste été victime de choix et de blessures aux mauvais moments qui ne m’ont pas facilité la tâche. Quand tout cela est réuni, tu ne peux pas espérer faire une très bonne saison. C’était une année assez noire pour moi. A Marseille, on sait que la première année est souvent difficile mais que la deuxième est davantage fructueuse. Personnellement, j’ai préféré partir au bout de la première. C’est un choix.

« Je sais que mon talent est toujours là »

Pourquoi ?

Je n’ai pas réfléchi longtemps. Surtout quand j’ai vu que plein de défenseurs centraux avaient été recrutés, avec en plus le retour de Civelli. Je n’ai pas peur de cette concurrence mais quand j’ai vu le monde qu’il y avait à mon poste (ndlr : Civelli, Erbati, Hilton, Rodriguez, Givet)… L’an dernier, Gerets m’avait dit que je n’étais pas inférieur aux autres. Ce que j’avais senti et compris aux entraînements. Pourtant, à l’arrivée, je ne jouais pas. Quand j’ai remarqué ça, je me suis dit que cela ne servait à rien de persister plus longtemps. Et je préfère revoir mes ambitions à la baisse et rebondir ailleurs. Dans un club où j’aurai plus de confiance, de temps de jeu et de chance de jouer.

Aujourd’hui, peut-on parler d’une régression avec ce départ à Sochaux, un club moins huppé ?

C’est peut-être reculer mais j’accepte ce challenge avec joie, surtout que je ne doute ni de moi ni de mes capacités. Je sais que mon talent est toujours là et que je pourrai le démontrer quand je serai sur le terrain. Les Sochaliens ont vraiment montré l’envie de me recruter et de me faire jouer. En venant à Sochaux, je sais que j’arrive sur des bases solides. J’arrive de Marseille et à Sochaux, il faudrait vraiment que je sois vraiment nul pour ne plus jouer. Alors qu’à Marseille, tu peux être bon pendant quatre matchs. Si tu n’es pas bon au cinquième, tu sors.

 

Aurélien CANOT

 

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