PARIS (Reuters) - L'Afrique du Sud a remporté la Coupe du monde de rugby en battant l'Angleterre 15-6 au terme d'une finale qui a confirmé la tendance du jeu pratiqué pendant la compétition, occupation du terrain et défense.
Les Springboks, déjà sacrés en 1995 à Johannesburg, se sont imposés grâce à cinq pénalités, quatre de Percy Montgomery et une de François Steyn.
Les points des Anglais, qui visaient l'exploit unique de remporter le titre deux fois d'affilée après leur victoire sur la France en demi-finale, sont venus de deux pénalités de Jonny Wilkinson.
Comme en 1995 et la victoire 15-12 des Springboks de Francois Pienaar et Nelson Mandela sur la Nouvelle-Zélande, une finale de Coupe du monde s'est ainsi achevée sans essai.
Au terme de six semaines et un jour de compétition, les deux équipes se sont livré pendant 80 minutes un féroce duel de chandelles et de plaquages.
Seules trois pénalités de Percy Montgomery aux 7e, 15e et 39e minutes, côté sud-africain, et une de Jonny Wilkinson du bord de la touche, côté anglais, ont animé le tableau d'affichage en première mi-temps.
Ce sont cependant les Sud-Africains qui ont réalisé les deux seules actions d'envergure sur des percées de l'ouvreur Butch James et du centre Francois Steyn.
La première a échoué sur un en-avant. La seconde, juste avant la mi-temps, a débouché sur la troisième pénalité de Montgomery mais n'a été qu'un demi-succès pour les Springboks tant était forte la pression de leur pack dans les cinq mètres anglais.
Sans surprise, les Sud-Africains dominaient en touche, sans surprise le pack anglais ne cédait pas d'un pouce sur les regroupements mais n'était pas dominateur en mêlée, où son capitaine Phil Vickery souffrait une nouvelle fois des cervicales.
Les statistiques sur l'occupation du terrain et la possession du ballon disaient une égalité presque parfaite.
UN 9 EN 6
A la reprise, Vickery a laissé sa place à Matt Stevens. Un spectateur a fait irruption sur la pelouse.
Un éclair du centre anglais Mathew Tait a débouché sur un essai de l'ailier Mark Cueto annulé par l'arbitre vidéo pour passage en touche.
L'arbitre de champ, Alain Rolland, a en revanche accordé une pénalité à Jonny Wilkinson qui a ramené le score à 9-6.
Les plus belles occasions d'essai de la rencontre venaient de passer.
Après avoir été privés de Vickery, les Anglais ont perdu leur arrière-dynamite, Jason Robinson, blessé à une épaule et remplacé par le centre Dan Hipkiss. Tait a glissé à l'arrière.
Un temps fort sud-africain a débouché sur la quatrième pénalité de Montgomery à la 50e minute.
Le centre anglais Mike Catt a quitté la pelouse à son tour, victime du poids de l'âge qui a fait de lui, à 36 ans, le plus vieux joueur à participer à une finale de Coupe du monde.
Sur un coup de pied à suivre, Flood a projeté Montgomery dans les panneaux publicitaires droit sur une caméra de télévision.
Les Anglais dominaient alors la rencontre mais Steyn a pris le relais de Montgomery pour donner aux Springboks une avance de neuf points, 15-6, dès qu'ils ont réussi à prendre pied en terrain adverse.
Lewis Moody remplacé par Joe Worsley, Lawrence Dallaglio entré à la place de Nick Easter, les Anglais se sont trouvés contraints de faire entrer leur demi de mêlée remplaçant Peter Richards en troisième ligne pour suppléer Worsley blessé.
Les champions sortants, qui avaient été écrasés 36-0 par les Springboks en match de poule, ont continué à occuper le terrain mais avec un n°9 en n°6, les forces leur ont manqué pour aller arracher un nouveau titre.
Toute la délégation sud-africaine a envahi la pelouse au coup de sifflet final. Les Anglais dont la présence en finale était déjà un exploit après quatre ans de traversée du désert sont restés debout.
Petite consolation pour la France qui est passée à côté de "sa" Coupe du monde, c'est Jean-Pierre Rives, accompagné de deux enfants, qui a porté la Coupe William Webb-Ellis au centre du terrain.
Un supporter anglais en maillot blanc et rouge a forcé les barrages pour venir faire les adieux de l'Angleterre au trophée avant qu'il ne soit remis au capitaine sud-africain, John Smit, par le président français Nicolas Sarkozy et son homologue sud-africain Thabo Mbeki.

