Reuters reuters_ids

NBA: Mickaël Pietrus, un homme en colère

lun 19 nov, 10h49


PARIS (Reuters) - Oublié par le sélectionneur français pour l'Euro de l'été dernier, coincé à Golden State par ses employeurs, décalé sur un nouveau poste, Mickaël Pietrus à quelques raisons de bouder.

"L'équipe de France, je n'y reviens plus pour l'instant", a récemment déclaré le Français de 25 ans, qui entame sa cinquième saison en NBA. "Par question d'aller galérer".

Pietrus a également eu des mots dur pour Claude Bergeaud, l'homme qui l'a pourtant aidé à éclore au centre de formation de Pau-Orthez au début des années 90.

Après avoir découvert les play-offs la saison dernière et avoir terminé pour la première fois au-dessus de la barre des 10 points, le Guadeloupéen a été contraint de revenir s'installer en Californie du Nord alors que Miami, San Antonio, Dallas s'intéressaient à lui et a retrouvé Don Nelson.

"Lui, c'est mon coach mais aussi un peu mon père", dit-il. "Il m'a beaucoup appris, aidé à régler les problèmes qu'il y a dans mon jeu. Franchement, je le respecte."

Pietrus n'en est pas moins obligé de se plier sans sourciller au dernier caprice du technicien des Warriors.

En l'absence de Stephen Jackson, suspendu, le Français doit en effet effectuer une pige improbable sur le poste d'ailier fort. C'est-à-dire dans la raquette où il rend pas mal de kilos et de centimètres à tous ses adversaires directs malgré son mètre 98.

"UN NOUVEAU CHALLENGE"

"Depuis mon arrivée à Oakland, j'ai joué arrière (sa place naturelle) puis ailier et me voilà maintenant intérieur. Disons que c'est un nouveau challenge mais j'ai des lacunes à ce poste", bougonne l'intéressé.

"L'idée de départ est que, vu ma capacité à sortir pour shooter extérieur, cela peut poser des problèmes aux équipes adverses. D'autant que je suis plutôt un bon rebondeur".

Pietrus percevra cette saison 3,5 millions de dollars et pourra jusqu'au 15 décembre accepter un éventuel transfert ou entrer dans un "trade" avec d'autres franchises.

En attendant, cet homme entier et impatient rumine en silence. Il serre les poings et guette des jours meilleurs que Golden State pourrait lui offrir au printemps.

"Si on joue notre jeu et qu'on s'améliore à l'extérieur, parce que l'an dernier on a vraiment eu du mal (12 victoires - 29 défaites), on est capables de revenir en play-off", estime Pietrus. "Ce truc, c'est comme les tatouages. Quand vous en faites un, vous en voulez deux, puis un troisième... Quand vous avez goûté au play-off, vous voulez toujours y revenir. C'est donc notre objectif".

Alors, "MP 2", la coqueluche frustrée des fans de Golden State, redeviendrait un homme apaisé.