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NBA: la gazette du basket

lun 17 déc, 11h02


PARIS (Reuters) - En NBA, les joueurs seraient trop payés, la plupart des matches de saison régulière ennuyeux et le jeu globalement très pauvre au plan technique.

Bref, c'était mieux avant, disent les puristes toujours orphelins de Michael Jordan, Magic Johnson et autres Larry Bird.

Passéisme ou vrai débat?

Le manque de générosité des successeurs des stars de naguère, surtout préoccupés par leurs stats et leur salaire, pose de vraies questions. Faut-il y voir des lacunes émanant de la génération actuelle où, plus simplement l'évolution naturelle d'un sport touché par les dérives du business?

Autre paramètre, nuisible à la bonne visibilité du championnat sur le long terme: plus aucun "franchise player" n'accomplit désormais toute sa carrière sous le même maillot.

Pour mémoire, Bird a écumé la Ligue pendant 13 ans avec les Celtics, idem pour Magic, resté fidèle aux Lakers. Ou encore Pat Ewing et Hakeem Olajuwon qui ont longuement servi les Knicks et Houston. Sans oublier les 13 saisons de Jordan à Chicago, avec les résultats que l'on sait.

Même si ce dernier s'est égaré, sur la fin, du côté de Washington, comme Olajuwon chez les Raptors lors de sa tournée d'adieu, toutes ces icônes ont profondément marqué l'histoire de la NBA. A peu de choses près, la remarque vaut aussi pour Barkley, bien que "Fat Charles" ait connu trois franchises sur l'ensemble de sa carrière.

"UNE FAMILLE À NOURRIR"

Qu'en est-il aujourd'hui? Toutes les grosses signatures de la Ligue ont la bougeotte, à commencer par Shaquille O'Neal qui se dirige vers la sortie du côté de Miami après avoir écumé Orlando et Los Angeles. Ray Allen, membre du "Big Three" de Boston, a déjà changé trois fois d'adresse en 11 ans. Idem pour Jason Kidd, Vince Carter, Gilbert Arenas, Steve Nash...

La liste est longue. Même Allen Iverson, que l'on croyait inscrit dans le marbre à Philadelphie, s'est envolé pour Denver tandis que Kevin Garnett fuyait Minnesota. Ces deux derniers cas répondent toutefois à une forme de logique sportive pour des joueurs en quête de titres à ce stade avancé de leurs carrières.

Et puis, il y a tous les autres, l'immense majorité, souvent jeunes et attirés par l'appât immédiat du gain. Dès la fin de leur contrat rookie, ces oiseaux filent vers des villes plus fortunées, avançant l'idée qu'une carrière courte ne permet pas de capitaliser pour les vieux jours.

Mais l'ego, souvent de taille, de ces sportifs joue aussi. Il en va ainsi de Joe Johnson qui avait tout à Phoenix pour réussir mais s'est obstiné à conclure un transfert vers Atlanta afin d'être seul sous la lumière des projecteurs. Aujourd'hui, l'intéressé est encore plus riche mais ne sort pas souvent vainqueur du parquet avec des Hawks médiocres.

Autre exemple: Latrell Sprewell (Portland), qui déclare sérieusement ne pas pouvoir accepter une prolongation de contrat pour 21 millions de dollars sur trois ans car il a "une famille à nourrir".

DES ÉQUIPES RESPONSABLES

Les joueurs sont-ils seuls responsables de cette évolution ?

Ce serait trop simple. Les politiques incessantes de reconstruction prônées par certaines franchises entretiennent également l'instabilité chronique du marché.

Exemple type: New York, servi par l'une des plus grosses masses salariales de la Ligue, mais dont la saison actuelle ressemble à un immense gâchis.

Contre-exemple parfait: Detroit où le management "old school" de Joe Dumars mérite d'être souligné. Après trois saisons sans réussite, il n'a pas viré pour autant les Antonio McDyess, Chauncey Billups, Richard Hamilton et compagnie, misant plutôt sur leur fidélité à long terme.

On est loin ici du capharnaüm régnant à Los Angeles où Kobe Bryant, pressé de partir, n'a pas hésité à déclarer que ses Lakers venaient de laisser passer une chance unique en refusant un échange lucratif avec Jason Kidd.

"KB" a, une nouvelle fois, choqué les puristes, qui lui reprochent d'aimer davantage son compte en banque que son maillot.