PARIS (Reuters) - Astana et son leader Alberto Contador, vainqueur de la dernière édition, se sont dits choqués de ne pas être invités sur le prochain Tour de France.
Amaury Sport Organisation a annoncé mercredi que l'équipe kazakhe ne serait invitée sur aucune épreuve que cette société organise en raison de son passé en matière de dopage.
Déjà interdite de Giro, Astana reste toutefois la bienvenue sur le Tour d'Espagne.
"L'Equipe Astana de 2008 n'a rien à voir avec celle des années passées", a déclaré le manager Johan Bruyneel dans un communiqué.
"Nous avons tout fait pour changer la dynamique de l'équipe. Nouvelle direction, nouveaux coureurs, nouvelle philosophie. Seul le nom du partenaire reste", a ajouté le Belge, qui a mené Contador à la victoire sur le dernier Tour avec Discovery Channel.
"Les autorités kazakhes m'ont donné carte blanche pour diriger cette équipe. Nous n'avons aucune pression en termes de résultats. nous dépensons 480.000 euros dans notre programme interne de lutte contre le dopage en 2008. Que pouvons-nous faire de plus ?"
Interrogé par les médias espagnols, Victor Cordero, le directeur du Tour d'Espagne, a dit qu'il n'était pas surpris par cette décision mais qu'Astana et Contador seraient les bienvenus sur les routes de la Vuelta.
"Contador mérite d'être présent dans toutes les courses et à mes yeux, il est un modèle pour l'avenir mais les agissements passés de son équipe ont conduit à cette exclusion", a-t-il dit. "L'équipe a changé mais les sponsors restent les mêmes."
"La Vuelta a exclu Astana l'an dernier quand elle ne méritait pas notre confiance mais cette confiance a été restaurée et les équipes qui n'ont pas d'affaires de dopage seront invitées."
"Contador et Astana seront à la Vuelta car ils présentent un intérêt sportif."
MCQUAID: "PAS UNE SURPRISE"
Avec les oreillettes, la nouvelle du rejet d'Astana s'est répandue rapidement au sein du peloton du Trophée de Majorque, au moment même où Contador, vainqueur du dernier Tour, était échappé.
Contador s'est rapproché d'une voiture de la chaîne de télévision couvrant l'épreuve et a crié "Astana sur le Tour, Astana sur le Tour", avant d'être repris par le peloton.
"C'est ma course, je rêve de cette course. Nous ne sommes pas invité, que puis-je y faire?", s'est demandé Contador dans un communiqué.
"Nous devons changer tout notre programme. Je remercie notre sponsor qui reste derrière nous mais je crains que d'autres partenaires quittent le vélo à cause de ce qui se passe aujourd'hui. C'est un jour triste pour le cyclisme."
Le président de l'UCI, Pat McQuaid, a déclaré à Reuters: "Ce n'est pas une grande surprise, même si c'est une décision que je ne comprends pas.
"Cette équipe a tout fait pour enterrer le passé. Je peux comprendre que cette formation ait sali l'image du sport mais d'autres équipes ont fait de même."
"Cette décision va à l'encontre des règles de l'UCI, même si ASO ne fait pas partie du ProTour. J'espère quand même qu'une solution sera trouvée et qu'Astana sera au départ du Tour en juillet."
En France, et notamment dans le Tour Méditerranéen, l'annonce de l'exclusion de l'équipe Astana a été apprise tout aussi rapidement.
"En 2007, Astana bénéficiait d'une wild-card dans le Tour de France et on a vu ce qui s'est passé", a réagi Marc Madiot, manager de la Française des Jeux. "Ce n'est pas en changeant la direction de cette équipe que d'un coup de baguette magique il est possible de tout effacer."
"C'est une bonne leçon pour tout le monde et tout le monde devra s'en souvenir. Est-que d'autres équipes devaient être rejetées? J'ai mon idée mais je la garde pour moi", a-t-il ajouté.
Julien Prétot et Gilles Le Roc'h

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