Une semaine après avoir fêté sa première sélection en Ecosse, Lionel Faure sera de nouveau titulaire samedi contre l’Irlande. Le pilier gauche de Sale vise un match plein.
C’était une découverte pour lui. Plus âgé des six nouveaux retenus par Marc Lièvremont et ses adjoints, Lionel Faure a effectué, du haut de ses 30 ans, ses grands débuts internationaux la semaine passée en Ecosse. Au sein d’une première ligne inédite et inexpérimentée, le pilier gauche de Sale a, enfin, pu goûter aux joies du Tournoi des VI Nations sur la pelouse de Murrayfield. A l’image du paquet d’avants français, l’ancien joueur de Pau, La Rochelle et Clermont a d’abord souffert face aux Ecossais avant de relever la tête au fil des minutes. « J’ai mis un peu trop de temps à rentrer dans le match, reconnaît-il aisément. Cela vient peut-être du contexte, je ne sais pas trop. Je n’ai pas trop eu le temps de me pencher sur cette rencontre. J’ai la chance de pouvoir encore débuter samedi et je vais essayer de rentrer plus vite dans mon match pour effacer ce point négatif. » De nouveau titulaire pour affronter l’Irlande, mais cette fois au côté du talonneur parisien Dimitri Szarzewski (23 sélections) et du pilier perpignanais Nicolas Mas (15 sélections), Faure aura un gros défi à relever.
Au sein d’une équipe de France clairement portée vers l’attaque, l’élève de Philippe Saint-André devrait encore beaucoup courir. « Le projet de jeu mis en place par les entraîneurs demande beaucoup de déplacements. On sait que nous devons tous nous bouger. On en est parfaitement conscient et on s’y prépare en conséquence pour bien le faire sur le terrain. » Pas question donc pour le champion d’Angleterre 2006 de négliger le défi physique. Surtout face aux Irlandais. « Il faudra avoir l’âme d’un guerrier, reprend le joueur de Sale qui a récemment prolongé son contrat jusqu’en 2010. On a beaucoup parlé dans la presse du nouveau projet de jeu mais on ne doit pas négliger les phases de combat et surtout la conquête. Le projet est très ambitieux. Nous avons vu des joueurs de qualité derrière et ça serait dommage de s’en priver. C’est bien de savoir qu’on peut aller déblayer dix fois les rucks dans l’après-midi et que les trois-quarts réussissent à aller de l’avant et à franchir la ligne d’avantage. »
Pour son premier match au Stade de France, Lionel Faure découvrira aussi le « fighting spirit » irlandais. Auteur d’une première prestation saluée par ses entraîneurs – « Nous sommes très satisfaits du match de Lionel Faure qui a été très performant » selon Didier Retière, le numéro 1 français s’attend à un match peut-être encore plus compliqué que la semaine passée. « Les Irlandais ont des joueurs de qualité qui ont l’habitude de jouer ensemble. En première ligne, chaque joueur a au minimum une trentaine de sélections au compteur (ndlr : si Marcus Horan et John Hayes comptent respectivement 52 et 80 sélections, Bernard Jackman n’a été sélectionné qu’à cinq reprises). Nous devrons être prêts sur les phases de conquête notamment en mêlée, vite nous trouver et ne pas perdre confiance. Même si nous avons moins d’expérience qu’eux, notamment Arnaud Méla et moi, nous devrons rivaliser et même faire mieux que cette équipe irlandaise. » Sylvain Marconnet et Olivier Milloud, deux des grands absents de ce XV de France, ont peut-être du souci à se faire.
Jean-François PATURAUD

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