NANTES (Reuters) - Les amateurs de Carquefou, auteurs d'un authentique exploit face à Marseille (1-0), se retrouvent en quarts de finale de la Coupe de France et marchent sur les traces de Calais, finaliste de l'épreuve en 2000.
Le capitaine Sébastien Le Paih sait que la poursuite de l'aventure risque de coûter très cher à son équipe, à la lutte pour le maintien en CFA2.
"J'avais dit avant ce match que si on passait, on serait dans la m... Eh bien on y est", résume-t-il.
"En même temps, on ne va pas faire la fine bouche. Par rapport à tous les amateurs de France, on est des privilégiés".
Jamais dans son histoire la Jeanne d'Arc de Carquefou n'avait franchi le cap des 32e de finale. La voilà dans le grand huit de la compétition sans qu'il y ait grand-chose à redire.
"J'avais demandé qu'on tienne 25 minutes car Marseille s'était donné ce temps là pour se qualifier", explique l'entraîneur Denis Renaud.
"Ensuite, je savais que le rapport s'inverserait et qu'on serait les plus forts. C'est ça, la magie de la Coupe".
Après avoir ouvert le score dès la septième minute par Papa N'Doye, Carquefou a résisté aux assauts permanents mais brouillons d'une équipe marseillaise mal inspirée.
UNE BANDE DE COPAINS
"Quand j'ai vu les trois minutes de temps additionnel, je voulais demander à l'arbitre si c'étaient des minutes hors taxes ou TTC", raconte le gardien Alban Joinel, auteur d'une prestation héroïque.
"Il y avait un tel bruit dans le stade que je n'ai même pas entendu le coup de sifflet final. C'est quand j'ai vu les gars par terre que j'ai compris".
Après Gueugnon et Nancy, Carquefou s'est offert le scalp de l'OM grâce à un collectif particulièrement soudé.
"Ca fait deux ans qu'on bosse avec une bande de copains", insiste Christophe Le Tutour qui, blessé, a suivi le match du banc de touche.
"On est heureux ensemble, on est capable de se surpasser et d'aller au bout des choses. On ne sait pas comment ça va se terminer".
L'exemple de Calais, qui avait connu le Stade de France il y a huit ans est forcément dans les têtes mais les Carquefoliens refusent la comparaison.
"Ils étaient en CFA et nous sommes en CFA2", rappelle Denis Renaud. "Et ce qu'a fait Calais restera unique puisqu'ils ont été les premiers. Maintenant c'est vrai qu'on est à 180 minutes du Stade de France".
En attendant, les Carquefoliens ont gardé leurs habitudes d'après-match en se retrouvant dans une brasserie du centre-ville de Nantes.
La différence, c'est qu'il y a eu jeudi matin chez leurs employeurs un absentéisme à l'image de leur exploit : historique.

